50 nuances de MSU

Cela va faire 4 ans maintenant que je suis MSU c’est à dire Maitre de Stage des universités, c’est à dire que je reçois des étudiants en stage dans mon cabinet.

D’abord, des externes, qui font des stages de 3 mois, j’en ai eu 4.

Ensuite des internes, de niveau 1, c’est à dire des médecins qui ont choisi la spécialité de médecine générale et qui effectuent un stage de 6 mois dans un cabinet pour la première fois.

J’en suis à ma cinquième interne.

Cela prend de l’énergie, du temps, il y a parfois des difficultés, mais c’est vraiment fantastique! Je m’épanouis vraiment à être maître de stage. Cela fait assurément de moi un meilleur médecin et je pourrais parler des heures de toutes les raisons qui font que c’est trop bien mais comme j’ai une réputation de bisounours, je pourrais manquer de crédibilité! Alors j’ai demandé sur twitter pour qu’à plusieurs on puisse convaincre ceux qui en doutent que vraiment c’est top d’étre MSU!

Parce qu’évidemment, il en manque et il en faut! Alors si vous y pensez depuis un moment sans franchir le pas, n’hésitez pas, si vous vous posez la question, c’est que vous serez à la hauteur! Contactez la fac la plus proche de chez vous! et puis il y a des formations.

Si vous avez des questions pratiques, n’hésitez pas à ma les poser!

En tout cas, à chaque fin de semestre,c’est un déchirement mélangé à un sentiment de fierté, un peu comme quand les enfants deviennent adultes et quittent la maison j’imagine!

Donc si vous en doutiez, voilà

50 bonnes raisons de d’être MSU 

1-on mesure ce qu’on a appris en 20 ans (ou X ans) de médecine générale, on se sent intelligent

2-on sait qu’au moins 7 D4 de sa fac par an entendront parler de conflits d’intérêts,de décision partagée, d’asthme de l’enfant, d’éducation thérapeutique,de médecine 2.0, de certifalacons et de Jaddo

3-on transmet la médecine que l’on aime, à la fois exigeante sur le plan scientifique et proche des personnes.

4-les jeunes sont savants, dynamiques, respectueux, ça donne envie de faire de la médecine avec eux

5-cela permet aux externes de découvrir tôt notre belle spécialité

6- les patients en ont deux pour le prix d’un 

7-cela participe à la reconnaissance de la médecine générale à part entière

8-celà a un effet anti burn-out démontré

9-cela permet aux patients de voir de temps en temps une autre tête que la notre

10-regarder ce qu’on fait est enrichissant et transmettre est satisfaisant

11-on enseigne ET on apprend plein de trucs

12-on peut informer sur les violences 

13-on se doit de travailler du mieux possible

14-c’est la meilleure réponse à nos déceptions pédagogiques pendant nos études 

15-on peut se servir des internes/externes pour examiner les pieds des patients 

16-ou pour prendre la tension aussi 

17-parce qu’entre les internes, les externes et ceux des collègues, y’a souvent du dessert ou des goûters

18-cela oblige à être meilleur, plus rigoureux,à se tenir au courant, histoire de pas passer pour un has been rétrograde 

19-parce que parfois il y a des familles vraiment nombreuses en consultation #JeTiensLePetitTuAuscultesLaMère

20-ça donne l’impression de pouvoir construire la relation ville/hôpital de demain

21-cela permet un double regard sur les patients ou une double oreille #MerciPourLeSouffleCarotidienDeMonPatientDiabétique

22-les journées passent super vite avec un étudiant motivé

23-cela oblige à bien remplir ses dossiers pour que le pauvre interne ne soit pas noyé

24-ou le cas échéant, cela aide à avoir des dossiers bien remplis par l’interne

25-on se souvient de nos angoisses et on essaie de faire en sorte que notre étudiant ne traverse pas les mêmes 

26-on passe d’un exercice solitaire à un exercice en équipe 

27-cela brise les automatismes inconscients, cela oblige à argumenter et à documenter notre pratique 

28-la joie de partager, partager les connaissances, partager les pratiques 

29-cela oblige à parler à l’étudiant devant le patient avec des mots compréhensibles par celui ci 

30-enseigner c’est le kif!

31-on reçoit l’énergie de la jeunesse de nos étudiants

32-on voit un jeune médecin prendre confiance en lui, s’autonomiser

33-on échange dans le respect et la complémentarité 

34-l’interne a des connaissances via les ECN et le prat l’expérience, le bon sens et la sérénité

35-nos erreurs nous servent de réflexions pédagogiques, on ouvre nos boites noires 

36-on se fait des petites bouffes ensemble

37-et même ça oblige à faire une vraie pause déjeuner!! (voire de se faire un jap)             (bon ça c’est mon ancienne interne <3 <3 <3)

38-la transmission du savoir faire et du savoir être 

39-l’émerveillement de les voir évoluer en 6 mois

40-on montre le côté positif de la médecine générale qui est souvent méconnu 

41-on reste jeune

42-on partage des valeurs

43-il n’y en a pas assez et beaucoup d’internes ne peuvent pas faire de SASPAS et 6 mois ce n’est pas assez!

44-pour éviter le kislapétisme (ne faites pas comme moi qui ait googleisé,ça n’est pas un vrai mot)

45-on peut proposer des RDV à nos patients avec les internes lorsqu’on est complet

46-cela peut être une (plutôt faible) source de revenus complémentaire non négligeable

47-on améliore le confort du cabinet et on finit même par acheter une machine  à café

48-on peut leur parler de la marguerite des compétences #Troll

49- on peut pécho! (bon là je dénonce Christian Lehmann) 

Et the last but not least !!!!!

50 -il nous remplace ou s’associe avec nous !!!!!!!

Bref, pour citer Farfadoc: MSU c’est bon mangez-en!!!

Vous aurez probablement reconnu certaines de mes participations. Quant au reste, merci à Brigitte Tregouet, Dr Boucle d’Or, Dr A Capella, Canevet Jean Paul,Jean Claude Soulary, Doc TacTac, Opale, Doc du 59, Med student, Doc Arnica,Petit Doc en herbe, Aton aha, Kikia, Doc Shadok, Bruits des Sabots, Mandine, Christian Lehmann, Delamare 

Et merci à Koibo pour le hashtag #50NuancesDeMSU

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la torpille

Je vous avais expliqué dans A la recherche du col perdu que j’avais décidé de me mettre à poser des stérilets (DIU).

Grâce à des bonnes influences, notamment celle du Docteur Gécé, j’avais pris mon courage à deux mains (gauches) pour m’y mettre et après plus d’un an, c’est pas encore toujours facile, mais je progresse.

Ce qui m’avait décidé, c’est quand on m’avait parlé de la méthode de pose directe dite de la torpille.

Je l’ai trouvé beaucoup plus simple que la méthode traditionnelle et cela m’a encouragé à m’y mettre.

J’y vois deux avantages principaux: la manipulation est beaucoup plus simple, moi qui n’ai jamais réussi à mettre un tampon avec applicateur et surtout il n’est pas nécessaire de poser une pince sur le col, appelée Pozzi ,ce qui est beaucoup moins douloureux pour les patientes.

Je me pose donc toujours la question « Mais pourquoi? »

Pourquoi cette méthode n’est elle pas plus répandue?

Après réflexions, recherches et concertations, ma conclusion est toujours la même: parce que ce n’est pas la méthode que les médecins ont apprise, et le seul obstacle semble-t-il est qu’il n’y a pas eu d’études sur le sujet.

En effet il y a très peu de travaux sur le sujet.

Donc justement, une amie a fait un excellent travail sur ce sujet et je voulais vous en faire profiter. Elle a réalisé un mémoire qui reprend l’essentiel des connaissances sur cette méthode ainsi qu’une brochure et une vidéo qui sont un parfait résumé.

Je la remercie de son travail et de me laisser le partager ici.

Donc tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la méthode de pose directe des DIU dite torpille, grâce à ma géniale copine lori, c’est ici:

Le mémoire: DIUposedirecte-mémoire

La brochure :

Brochure

Brochure (imprimable)

et la  vidéo  ici

 

Deux thèses à partager

J’adore assister à des thèses, c’est comme les mariages.

Plus je grandis, plus mes amis sont mariés et thésés, plus je me dis que ça m’arrivera de moins en moins .

Mais on peut toujours compter sur les amis retardataires et sur les nouveaux amis ou les petits jeunes, internes ou autres dont on fait la rencontre…

L’année à venir va me donner la joie d’assister à la thèse d’amis twittos par exemple .

L’année passée, pour la première fois et à deux reprises, j’ai  même été dans un jury de thèse.

En dehors de ça, j’ai assisté à deux thèses que je voulais partager avec vous.

La première est celle d’une amie.

Elle a mis du temps pour sa thèse, beaucoup de temps , mais celle ci est d’une grande qualité.

Elle porte sur les erreurs médicales ayant abouties à des poursuites judiciaires chez des médecins généralistes et leur vécu .

C’est un sujet qu’on connait mal.

On a beaucoup parlé des erreurs médicales au moment de la publication de Etude esprit .

Sur twitter, on a parlé du site participatif (le site REX ) sur lequel on peut de manière anonyme partager ses expériences d’erreurs médicales .

Cette thèse aborde de manière plus globale le concept d’erreur médicale et celui plus méconnu du point de vue judiciaire. Elle est vraiment très intéressante.

Vous trouverez le texte complet ici: THESE

et un entretien avec elle sur ce sujet sur egora ici (pour ceux qui peuvent se connecter)

J’en profite pour féliciter à nouveau son auteure pour sa putain de thèse qu’elle a fini par terminer brillamment.

(parce que quand-même #CacaLaThèse)

Sur le sujet de l’erreur médicale : deux articles très intéressants  à lire absolument du blog « Chroniques d’un médecin quiquagénaire »

http://30ansplustard.wordpress.com/2014/12/21/gerer-lerreur-en-medecine-une-approche-moyenageuse/

http://30ansplustard.wordpress.com/2014/12/23/comment-diminuer-les-erreurs-en-medecine-generale/

-La deuxième thèse porte sur un sujet qui me tient à coeur : le centre de ressources pour mini-réseaux de proximité.

J’en ai parlé à plusieurs reprises :

Moi aussi j’ai une fée chez moi 

Des coursiers très spéciaux

Ce concept magique, de coordonnateur d’appui, est un concept qui se développe, que j’ai toujours du mal à expliquer.

Marine en a fait le sujet de sa thèse, et elle a réussi à l’expliquer très bien.

J’ai été ravie de faire partie des médecins qu’elle a interrogés et de pouvoir déverser tout mon enthousiasme sur cette association merveilleuse et qui change ma vie au quotidien, et celle de mes patients.

Vous pouvez lire cette thèse ICI  (THESE Marine Monet) pour comprendre ce concept qui doit être développé!!

 

 

Pour ceux qui n’ont pas le courage de cliquer

 Voici la conclusion de la première thèse 

Conclusion

L’épreuve d’un procès pour un médecin généraliste libéral est loin d’être indifférente, pouvant induire des réactions psychologiques successives dignes des 5 étapes du deuil… L’expérience diffère quelque-peu de celle de l’évènement indésirable médical sans suite judiciaire ; Il ne s’agit plus d’un simple conflit avec sa conscience, mais d’une accusation portée par l’ensemble de la société, représentée par les instances judiciaires. Est-ce que cela suffit à expliquer une disparition rapide du sentiment de sa propre responsabilité dans l’incident ? Et un bénéfice pédagogique pour le médecin plus limité que dans le cas d’un EIG ? La question pourrait être à creuser ultérieurement…

Deux moments semblent particulièrement sensibles dans un procès : pendant les premières étapes de la procédure, lorsque le médecin fragilisé, perdu entre des sentiments contradictoires, risque de refouler toute responsabilité en se sentant agressé. Et après le procès, dans le cas des médecins sanctionnés, avec risque d’installation d’une amertume durable, voire de l’abandon de l’exercice libéral.

Le retentissement psychologique peut en tout cas être relativement sévère, et une procédure judiciaire peut parfois suffire à induire un état dépressif caractérisé. Et dans ce cas, la honte diffuse encore attachée au procès poussera encore plus au repli un médecin libéral déjà peu enclin à consulter pour lui-même en général. Un médecin qui se plaindra amèrement de l’absence de confraternité, sans voir qu’il participe lui-même à sa solitude.

Les possibilités d’aides psychologiques connaissent pourtant actuellement un développement très net, dans un contexte de reconnaissance du burn out comme une source de souffrance fréquente dans la vie d’un médecin. Hélas les médecins dans leur majorité ignorent tout de ces louables initiatives. Il faut prévoir de développer la communication autour de ce type d’offre anonyme et gratuite : on peut imaginer l’envoi d’une plaquette par l’assureur dans le cadre d’un procès, le développement de l’information fournie par l’Ordre des Médecins, voire d’une plus grande implication de celui-ci dans l’état de santé de ses affiliés… Et enfin, réfléchir aux potentialités d’internet et des réseaux sociaux dans l’aide aux médecins isolés et fragilisés.

Mais comme on l’a vu, un praticien peut être difficile à aider, surtout dans le cadre d’une procédure judiciaire, et peut aller jusqu’à repousser les offres de soutien que l’on vient lui porter. Il y a sans doute encore beaucoup à faire au niveau du cursus universitaire pour faire accepter aux futurs médecins l’idée de leur propre vulnérabilité et les sensibiliser au bénéfice d’un suivi régulier assuré par un autre médecin, comme n’importe quel patient… Bref, pour sortir le médecin libéral de cette sorte de « cécité professionnelle » quand il s’agit de lui-même, et qui lui est si préjudiciable.

Mais dans le fond, cette anxiété du procès qu’on retrouve dans tous les travaux sur ce sujet, n’est-elle pas démesurée ? Pourquoi une telle difficulté à relativiser cet événement, qui risque de devenir de plus en plus banal ? Ainsi que le reconnaissent avocats, assureurs, et juristes, il s’agit en général plus de soulager le patient victime que de vilipender le médecin… Alors pourquoi les praticiens mis en cause ne peuvent-ils faire autrement que de le prendre si personnellement? Il faut sans doute faire en sorte d’aborder plus souvent les conséquences psychologiques sur le médecin d’un EIG et d’un procès pendant la formation initiale et continue, et non plus seulement leur prévention ;

Car une médecine parfaite est un pur fantasme; Et un médecin mieux préparé aux conséquences de ces propres imperfections sera capable d’en tirer des enseignements sans forcément remettre en question sa valeur et ses compétences. Sans en être la seconde victime.

 

 et le résumé de la deuxième thèse 

Introduction : La prise en charge des inégalités sociales de santé avec le développement des structures innovantes d’organisation des soins primaires, est une problématique actuelle de santé publique.

Objectif : Cette étude s’attache à décrire le Centre de Ressources pour la Coordination des Mini-Réseaux de Proximité (CRC/MRP), en expérimentation dans le département de Seine-Saint- Denis depuis 2008, qui vise à favoriser la prise en charge du patient complexe par le médecin généraliste et ainsi améliorer l’accès aux soins.

Matériel et Méthodes : Nous avons décrit le contexte historique et idéologique à l’origine de la conception de ce réseau, puis nous avons réalisé une étude qualitative auprès de 10 médecins utilisateurs du CRC/MRP. L’enquête s’est composée d’entretiens semi-qualitatifs avec chaque médecin.

Résultats : Les médecins généralistes interrogés expriment leur intérêt pour ce réseau innovant, qui vient apporter son soutien aux patients présentant des difficultés administratives et sociales. Le CRC/MRP est décrit comme un réseau social à la prise en charge élargie, qui vient combler un vide dans le système de santé. Les résultats apportés aux utilisateurs sont positifs, puisque le centre de ressources permet d’assurer la prise en charge globale des patients, tout en préservant un certain confort aux médecins. De plus, lors de cette étude, des modifications de la pratique quotidienne des médecins sont explicitées avec le sentiment d’améliorer leurs conditions de travail, la prise en charge médicale et la relation médecin/patient. Les Coursiers Sanitaires et Sociaux (CSS) piliers du CRC/MRP, sont décrits comme efficaces, disponibles et mobiles, et les médecins pensent qu’une formation sociale leur est nécessaire. La majorité des médecins interrogés semble d’accord pour généraliser le concept, Enfin, les médecins expriment des idées différentes et un sentiment partagé sur les modalités de financement de cette structure.

Conclusion : D’après les médecins utilisateurs, le CRC/MRP est un concept intéressant, ainsi qu’une structure alliant disponibilité et mobilité grâce aux CSS pour réaliser un travail social indispensable.

Violences…

Ce matin en garde, j’ai vu une jeune fille de 17 ans qui venait d’être placée en foyer à sa demande car elle était rouée de coup tous les soirs depuis 3 ans par son père et son frère.  Une jeune fille très courageuse qui semblait aller bien en dépit de son histoire dramatique et de tout ce qu’elle avait vécu.

J’ai compris qu’elle était en fait dissociée. Surtout, alors qu’elle venait pour son asthme, je me suis sentie à l’aise pour entamer une discussion sur ce sujet avec elle. J’ai réussi à dire autre chose que mon habituel « oh ma pauvre »  (que j’ai dit plusieurs fois néanmoins). Je lui ai parlé des mécanismes qui se passent dans de telles circonstances. Je lui ai noté sur un papier le site mémoiretraumatique.org. Elle a plié le papier et l’a mis dans sa coque de téléphone…

Je ne sais pas si ce que je lui ai dit l’a aidé ou l’aidera mais je savais quoi dire.

Je prend cette situation car c’est celle que j’ai eu ce matin mais récemment j’ai eu plusieurs situations que je pourrais raconter de patientes victimes ou ayant été victimes de violence.

Parce que maintenant je le dépiste .

Il y quelques mois, j’écrivais dans ce billet « mon prix du poster » que j’avais été sensibilisée à l’importance de dépister les violences chez mes patients.

1 FEMME SUR 10 est victime de violences conjugales

1 patiente sur 4 en médecine générale a été victime de violence au cours de sa vie

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J’avais compris qu’il fallait poser systématiquement la question aux patient-e-s, que ça pouvait tout changer.

Le poster de la thèse de Mathilde Palisse que vous pouvez revoir ici m’a fait comprendre que les femmes sont favorables à un dépistage systématique et que c’est le rôle du médecin généraliste.

Arrivée à ce stade, je n’étais pas beaucoup plus avancée, parce que maintenant je savais qu’il fallait que je demande mais je n’y arrivais pas vraiment et puis je n’étais pas armée, façe à des réponses positives.

Et puis, j’ai fait une formation passionnante. Avec des gens formidables.

Et puis j’ai compris tellement de choses .

J’ai découvert les mécanismes des psycho-traumatismes.

(si vous devez cliquer sur un seul des liens, cela doit absolument être celui ci!!)

J’ai compris pourquoi la maman de Jaddo a envie de dormir face à des victimes de violence.

Je n’ai toujours pas compris par contre pourquoi en tant que médecin, on ne m’avait jamais expliqué ça.

Il y a bien Opale que je remercie très fort qui essaie de nous expliquer à tous pourquoi on doit lire « le livre noir des violences sexuelles » de Muriel Salmona, et elle a tellement raison !!!

J’ai compris que chez 1 patiente sur 5, des violences passées ou présentes étaient la raison de tous leur maux que je ne comprenais pas,  j’ai appris comment leur en parler, j’ai appris quoi leur dire, j’ai eu plein d’infos sur le cadre juridique, les procédures à suivre, j’essaie de construire un réseau autour de mon cabinet pour les prendre en charge.

Je sais tellement plus par rapport à l’année dernière..et à la fois je ne sais rien encore, mais je suis bien décidée à apprendre.

et du coup j’ai comme l’impression que j’ai découvert un truc hyper important et j’en parle un peu tout le temps.

Mon bonheur là dedans, c’est d’avoir fait tout ce cheminement avec docteur gécé et que du coup on peut en parler de manière obsessionnelle toutes les deux.

Du coup, il faut absolument lire ce qu’elle a écrit à ce sujet « Ultra Violence »

Et puis aussi on a été ensemble cette semaine à la journée sur les violences faites aux femmes pour mobiliser les professionnels par la formation.

C’était une journée très intéressante, qui concernait tous les professionnels, soignants, travailleurs sociaux, judiciaires et l’importance de leur formation.

Docteur gécé a fait un LT sur twitter , que vous pouvez retrouver ici 

(merci hipparkhos pour le storify)

J’en profite juste pour vous faire part d’une information que j’ai appris là-bas: l’existence du numéro d’urgence 114 un numéro d’urgences par SMS pour les personnes ayant des difficultés à parler ou entendre, ou en danger et ne pouvant pas téléphoner.

Et puis, je vais continuer à être informative/obsesionnelle et vous mettre quelques liens (oui quelques car j’ai vraiment essayer de réduire)

Donc en fait si vous avez déjà cliqué sur tous les liens ci dessus

l’essentiel est :

-sur le site mémoire traumatique: toutes les infos sur les mécanismes, la législations, les prises en charge, notamment que faire si vous êtes professionnels de santé

et plein plein de documents à télécharger (plaquettes d’informations, affiches études, articles)

et

-sur le site http://stop-violences-femmes.gouv.fr 

avec plein d’outils pour les professionnels de santé

notamment les films Anna et Elisa et les plaquettes d’informations qui vont avec.

ELISA :le nouveau court métrage de la MIPROF qui montre l’impact que l’on pourrait avoir…

« pour moi,ça va tout changer… »

 

et Anna, que j’avais déjà mis dans mon précédent billet

 

 

Voilà et pour finir :

le numéro d’appel d’urgence 39 19 

et le numéro du collectf féministe contre le viol 0800 05 95 95

j’aurai plein d’autres choses à dire, mais bon je vais m’arrêter là

parce que y’a pas qu’en France évidemment..

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Une page qui s’ouvre

Ces derniers temps, j’ai eu plusieurs discussions sur l’intérêt de faire entrer le monde de la médecine 2.0 dans l’enseignement en médecine. Des discussions riches avec des personnes d’horizons différents.

Il y a eu  des discussions sur twitter, il y a eu des discussions avec des amis twittos notamment avec certains membres de DMG (département de médecine générale: enseignement de troisième cycle pour les internes en médecine générale) motivés et rêveurs comme moi. Il y a eu aussi des médecins pas du tout connectés et des membres de DMG . Il y a eu des étudiants. Et puis des non médecins aussi.

Il y a eu le #Mededfr sur ce sujet .

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Il y a la série d’articles de Farfadoc cette semaine disant que c’est dommage quand-même !!

Et effectivement c’est dommage!!

Riche de toutes ces discussions, je suis vraiment persuadée que la médecine 2.0 peut faire partie de la formation initiale (et continue évidemment) des médecins (et des autres professions de la même manière).

Il faut peut-être que je définisse la médecine 2.0.

J’aime beaucoup la définition de Farfadoc « le 2.0, c’est la collaboration, la connexion des gens entre eux, c’est la mise en pratique du « on est plus intelligent à plusieurs ». »

La médecine 2.0, pour moi, c’est le partage et l’émulation que je trouve en côtoyant des personnes (médecins ET non médecins) que je n’aurais jamais eu l’occasion de rencontrer, ce sont les informations qui viennent à moi et aussi des informations que je partage. C’est un échange. C’est une constante remise en question et volonté d’amélioration. Internet en est l’outil. Il permet une connexion, un partage d’informations. Mais la médecine 2.0, c’est une histoire de personnes avant tout.

Dans mes rêves, j’imagine une FUMG 2.0

La FUMG, c’est la filière universitaire de médecine générale. Je parle de ce domaine car c’est celui qui me concerne mais évidemment mes réflexions et mes rêves sont valables pour les autres domaines.

Je pense que les possibilités sont multiples.

Des portails (sites internet, twitter ou facebook) permettant de faire circuler l’information: les informations pratiques (les cours, les événements) ( cf farfadoc épisode 1) ,les informations pédagogiques (articles supports de cours) mais surtout les informations diverses et variées que l’on apprend pas forcément à la fac (cf farfadoc épisode 2): les actualités scientifiques, les dernières recommandations.

Je pense que la blogosphère médicale est riche et que certains articles peuvent être intégrés dans certaines réflexions lors de cours aux étudiants. Il y a toute une dimension de la médecine générale dont l’apprentissage est difficile à appréhender. Des billets de blog pourraient enrichir cet apprentissage.

Les nouveaux paradigmes de l’enseignement allant dans le sens de l’auto-apprentissage (comme l’explique Fardadoc épisode 3, ce qu’on apprend est rapidement caduque et parfois même faux) il faut chercher les informations par soi-même, et il faut savoir les remettre en question. La médecine 2.0 est l’outil idéal pour cela.

Mais il s’agit surtout d’un échange. Dans mes rêves, il y aurait un dynamisme et un échange permanent. Les étudiants, les enseignants, les maitres de stage partageraient leurs réflexions et leurs connaissances. L’outil internet permet une interaction que les contraintes pratiques, géographiques et temporelles freinent souvent. (exemple à nouveau du groupe de pairs 2.0) et de nouvelles formes d’apprentissage (exemple des MOOC)  Et l’on pourrait développer l’interprofessionnalité et s’enrichir de l’expérience et du savoir faire d’autres professionnels de santé (Farfadoc épisode 5)

Bref, au delà du fait que je suis convaincue qu’un étudiant en médecine doit connaitre Jaddo (c’est la base!!), je pense que la médecine 2.0 est un formidable outil et en vrai je pense même qu’il est indispensable…

Et je ne parle même pas du rôle potentiel dans la représentation et l’image de la médecine générale et sa promotion. (Farfadoc épisode 4) 

Il n’est pas question de remettre en question l’enseignement tel qu’il existe mais d’apporter cet outil, cette dimension en plus.

Dans mes rêves ?

Je ne sais pas.

Comme je le disais récemment, tout s’emmêle…

Et lors de mes discussions récentes, j’y ai entendu des rêves, mais aussi du concret, des projets. J’ai vu des personnes motivées et dynamiques.

Je pense que des choses se construisent un peu partout.

Il y a dans le programme du congrès national du CNGE (collège national des généralistes enseignants) en novembre un atelier sur l’intérêt des médias sociaux dans l’enseignement en santé.

J’ai  vu que certains DMG avaient un compte twitter

@DMGStrasbourg
@DUMGRouen
@DUMGA80
Des collèges de médecine générale ont un compte twitter et j’en ai vu récemment se créer
@CGELAV (Nantes)
@CLGE_MG (Lyon)
@cgep7 (Paris Diderot)
@CEMGLille (Lille)
Le CGELAV a ouvert aujourd’hui un blog pour échanger autour de la formation en médecine générale. C’est une initiative locale qui témoigne du dynamisme et du potentiel de cette FUMG 2.0.
Aujourd’hui, aussi , le DMG de Paris Descartes a ouvert un compte twitter et une page Facebook
Je pense à titre personnel qu’il faut encourager ces initiatives. Ce n’est qu’un début. Je sais qu’il y a de ci de là des gens motivés ,des projets et des gens ouverts d’esprits à ces projets.
Mais il faut que l’outil soit utilisé et qu’il y ait un dynamisme derrière.
Le 2.0 n’est que ce que nous en faisons.
J’espère donc que c’est une page qui s’ouvre et que ça va être un peu, même un tout petit peu comme dans mes rêves (oui je sais je suis une rêveuse mais doublée d’une pessimiste/pragmatique qui au fond à bien conscience de la réalité des choses, bref je suis une fausse naïve)
Si y’a des étudiants qui me lisent et des enseignants: it’up to you!
 
Et sur le même sujet, aujourd’hui:

Emmêlage

Dans ma vie, il y a plusieurs domaines bien distincts.

Il y a ma vie personnelle, ma famille, mes amis. Parmi mes amis, il y a en a une partie qui sont des médecins avec qui j’ai fait mes études.

Il y a ma vie professionnelle. Celle ci est également multiple. Il y a la vie au cabinet, mon quotidien. Il y a les activités annexes comme par exemple les séminaires de formation médicale continue auxquels j’assistent et que j’anime parfois. Il y a la fac, dans laquelle je m’investie de plus en plus, ce qui me plait beaucoup.

Et parallèlement à tous ça, il y a ma vie 2.0, twitter, ce blog mais surtout tout ce que cela englobe. Cela fait désormais parti de ma vie à part entière. C’est là que j’apprends le plus au quotidien sur mon métier, c’est des amis précieux, c’est des rencontres d’une grande richesse, c’est ce qui fait que je suis la personne que je suis et surtout le médecin que je suis.

La médecine 2.0, c’est un partage , c’est incontournable, c’est pour moi indispensable.

Je le sais, j’en suis convaincue .Vous qui me lisez, pour beaucoup vous le savez aussi .

Mais c’est une vie parallèle.

J’ai envie de dire à tout le monde à quel point c’est formidable, je voudrais que tous les médecins puissent bénéficier de cette émulation qui me tire sans cesse vers le haut .

Je sens désormais ce décalage, par rapport à mes amis médecins, par rapport aux médecins que je cotoie dans les formations.

Et surtout c’est difficile d’en parler, parce qu’il y a l’anonymat d’abord (bien que ça ne m’ait jamais vraiment arrêté :-) et parce que c’est dur à expliquer aux gens, qui soit n’y portent pas d’interêt, soit nous prennent pour des fous ou des addicts de ce monde bizarre, nous prennent pour des fous de rencontrer des inconnus et d’échanger une maison avec, n’en parlons même pas.

Et puis, peu à peu , ces mondes parallèles se mélangent.

Grâce à gentil mari qui a initié la première rencontre et que j’ai le premier intégré dans ce monde parallèle. Des gens de ce monde initialement virtuel sont devenus des amis de la vraie vie. Ils assistent aux évènements de ma vie au milieu de ma famille et de mes amis. Des amis anciens rentrent dans ce monde nouveau. Mon groupe de pairs est constitué moitié moitié de twittos et de non twittos.

Ma vie professionnelle aussi est de plus en plus emmêlée. Au cabinet, à mes collègues, à mes internes, j’en parle librement et dans de plus en plus de situations ce n’est plus un secret , ni même un tabou. Certaines de mes remplaçantes sont des twittos.

Hier, j’ai fait une formation. Je fais désormais partie d’un organisme de formation médicale continue parce que deux twittos m’y ont accueilli. J’avais choisi le sujet des violences faites aux femmes parce qu’une twittos m’y avait sensibilisé et recommandé l’intervenante. Celle ci, j’en parlerai plus tard était effectivement formidable et nous avons discuté avec elle sur twitter car elle y est aussi. Et puis elle m’a repérée évidemment et on s’en fiche, on a discuté encore mieux !!.Tout s’emmêle…

Ces mondes s’entremêlent désormais et ce n’en est que plus enrichissant.

Je n’ai presque plus de réserves à en parler et même j’en suis presque fière désormais.

Pourtant je ne me voyais pas arriver à la fac, au DMG en disant « au fait, vous connaissez twitter et les blogs et tout ça, vous pensez pas que ça serait bien de le développer dans l’enseignement ? »

Quand je lis le dernier billet de Jaddo , je pense qu’il faudrait que tous les étudiants en médecine le lisent . Quand on débat autour des RSCA et autres traces d’apprentissages que les internes en médecine générale doivent fournir, je me dis que nous blogueurs, c’est un peu ce qu ‘on fait de manière non formalisée et spontanée et que peut-être si la formation initiale des médecins s’emmêlait avec la blogosphère, cela leur montrerait d’autres points de vue stimulants. Je me demande l’influence qu’aurait eu la médecine 2.0 si je l’avais connu lors de mes études. J’ai l’impression que j’aurai gagné tellement de temps dans ma maturation et mon cheminement.

Et quand je lis Farfadoc, je me dis que c’est dommage quand-même…

Du coup, au fond de moi, je pense que ces deux mondes aussi peuvent s’emmêler aussi, que finalement tout est possible…

Et plus tout ça s’emmêle, plus je trouve ça chouette…

 

 

Bref, j’ai reçu un labo

J’ouvre la porte. La consultation sans RDV habituellement est cool mais là, c’est la rentrée, c’est la ruée aux certificats et aux diarrhées des retours de vacances. C’est un peu l’apocalypse dans la salle d’attente, il n’y a même plus de place assise.

Mince, plus on en voit, plus y’en a , c’est comme les artichauts. On va jamais pouvoir se faire un resto tranquille avec mon interne 

Plusieurs personnes se lèvent. On va mettre des tickets, comme à la sécu. Mais l’une d’entre elles est plus prompte à se jeter sur moi.

« Bonjour, juste deux petites minutes s’il vous plait »

C’est toujours deux minutes ou « moi c’est juste pour… »  Elle va me dire c’est juste pour un certificat, j’entend encore une fois aujourd’hui la phrase c’est juste pour un certificat, je pète un câble 

-« J’ai vu que vous aviez prescris notre attelle pour le canal carpien et …

-« Euh non j’ai pas fait ça moi »

C’est qui celle là?

-« Ben, vous êtes bien le DocteurMilie? »

-« Euh oui , mais j’ai pas prescris ça… »

Ah, j’ai ptêt prescris une attelle de nuit de canal carpien 

-« Ah, j’ai ptêt prescris une attelle de nuit de canal carpien mais pas de marque. Et c’est très grand, votre attelle, je savais pas que c’était comme ça … »

Mais comment elle le sait que j’ai prescris une attelle d’abord, elle espionne les prescriptions, WTF!!!

-« Ah oui l’attelle bla bla bla  »

-« Ah oui, je ne savais pas , bla, bla , bla  »

Ah, mais c’est intéressant ce qu’elle me raconte, je savais pas que bla bla bla...

-« Vous voulez que je vous en envoie une? »

Oh ben ça c’est cool!

Mais ça va pas la tête!! C’est un labo! 

Ah merde c’est un labo!!! Merde j’étais en train de discuter et de me faire avoir par un labo! 

J’avais jamais reçu de labo jusqu’à aujourd’hui. Heureusement visiblement !! 

Bon, je me reprends, je vais pas accepter un cadeau d’un labo quand-même.

Jvais prendre la plaquette, d’abord parce que je suis incapable de dire non, et puis c’est intéressant quand-même , jvais y jeter un oeil… mais je la prescrirai pas son attelle!! je ne mettrai pas de nom…jmettrai attelle..comme avant, Rien n’a changé!! 

– « NON!!!! Je veux dire non, pas la peine de m’en envoyer mais merci beaucoup. C’est très gentil!! Merci beaucoup c’est très gentil, vraiment jdis ça!!?? Au revoir, madame. »

Ouah, qu’est ce qui vient de se passer, ça a pris en tout et pour tout 1 minutes mais je crois que…

-A mon interne « Je crois que je me suis fait alpaguer par un labo »

Bref, j’ai reçu un labo !

 

 

 

 

Mes pair(e)s à moi que j’aime

Un petit article pour vous raconter une expérience, parce que c’est une chose qui m’apporte beaucoup et que du coup, je me dis que ça peut donner des idées à d’autres.

Chez les médecins, (comme probablement dans d’autres professions), il existe ce que l’on appelle des groupes de pairs (les pairs étant les semblables) ou groupe d’échange de pratiques.

 » La Haute Autorité de Santé  a défini ces groupes comme ayant pour but d’améliorer les pratiques médicales, en analysant ses pratiques et en les comparant aux référentiels existants lors de séances de discussion et de réflexion entre pairs . Un Groupe d’Analyse des Pratiques entre Pairs est composé de 6 à 10 médecins de même spécialité, exerçant dans une même zone géographique. Ces médecins organisent des séances de travail régulières (6 à 10 par an), qui leur permettent de présenter à tour de rôle des dossiers de patients choisis de façon aléatoire, et de porter un regard critique sur la prise en charge, à la lumière des recommandations de bonne pratique . »

En gros, on se réunit entre médecins de manière régulière et un peu structurée et on parle de cas vécus dans le but de nous améliorer.

A noter qu’il existe aussi les groupes balint où des médecins se réunissent entre eux pour parler non pas du contenu médical de la consultation mais de tout ce qui se joue au niveau de la relation entre médecin et malade.

J’ai participé à de tels groupes à la fac pendant 6 mois lors de mon stage en cabinet de médecine générale et c’était chouette. J’ai toujours voulu y participer. Quand j’étais interne, j’ai eu l’occasion de participer à celui de mon maître de stage, près de chez moi, mais ma vie personnelle de l’époque m’en a empêché .

En règle générale, les obstacles que je vois à ces groupes d’échange de pratiques sont:

– Etre disponible une soirée. Certes une soirée par mois, ce n’est pas beaucoup, mais quand-même, quand l’emploi du temps est déjà bien rempli, ça peut être un peu compliqué, il faut s’organiser, les enfants toussa, et puis après une journée de travail, on est peut-être moins motivé.

-Il faut trouver un groupe déjà et que ce soit avec des personnes avec qui l ‘on s’entend. Il n’y a pas de groupes partout et la plupart du temps, c’est par secteur/quartier. A la fois, ça peut-être très chouette de prendre plus de temps pour connaitre et travailler avec ses collègues ou les médecins du coin, cela peut également être des spécialistes, des paramédicaux, et avec les maisons et pôles de santé, cela va être de plus en plus intéressant, à la fois, il se peut que l’on ne s’entende pas avec eux ou que l’on n’ait pas le même type de pratique. J’entends tellement de médecins qui ont des problèmes avec leurs associés …

– Parfois (souvent?) ces soirées sont organisées par des labos…Pas toujours évidemment mais je pense que traditionnellement c’était un peu comme ça .

Donc, pour allier cette envie de faire partie d’un groupe d’échange de pratiques et ma paresse naturelle, enfin disons pour l’adapter davantage à mon mode de vie et mon type de fonctionnement, j’ai eu l’idée de créer un groupe de pairs en ligne.

Du coup, avec des copines médecins généralistes qui ne faisaient pas parties d’un groupe de pairs  mais qui étaient comme moi motivées, nous avons crée le (premier?) groupe d’échange de pratiques 2.0 en ligne.

Nous sommes huit (bientôt neuf!!), que des filles entre 25 et 35ans (c’est pas un choix délibéré, ça s’est fait comme ça), des internes, des remplaçantes et des installées, de tous les coins de la France, des twittos et des pas twittos. Comme c’est un peu moi qui ait fait le casting qui va de mes copines de fac à mon ultime héroine de twitter, je peux vous dire que y’a du lourd. J’ai la chance de faire partie d’un groupe de pairs où il n’y a que des médecins que j’admire réellement, qui sont vraiment très compétentes et qui pourtant cherchent constamment à s’améliorer et qui en plus sont drôles et funs!

Donc, premier avantage du groupe de pairs en ligne:le casting: des médecins avec qui on a des pratiques qui se rejoignent, la même vision de la médecine (ce qui n’est pas forcément le cas, loin de là dans un groupe de pairs local) et que du point de vue géographique, on n’aurait jamais eu la chance de pouvoir faire ça ensemble.

Côté pratique, on est peut-être entre copines, mais croyez pas qu’on parle de cup toute la journée (enfin pas toute la journée mais bon y a gécé dans le groupe alors…), on a mis en place un agenda rigoureux.

Chaque mois, il y a deux personnes qui présentent un cas

-un cas clinique aléatoire: la 3ème consultation de la journée

ce qui a l’avantage comme dans les groupes traditionnels de parler de tous les sujets même ceux qui paraissent peu intéressants mais faire une revue EBM des traitements de la gastro, c’est aussi très intéressant.

-un cas complexe qui est un cas vécu en consultation qui pose problème et sur lequel on peut avoir besoin de l’avis d’autres personnes.

Une troisième personne joue pendant ce mois-là le rôle de modératrice/dictatrice.

Une fois le cas exposé le premier samedi de chaque mois, les autres participantes ont jusqu’au mercredi pour répondre (sans lire ce que les autres disent) ce qu’elles auraient fait , ensuite la personne qui a rédigé le cas dit ce qu’elle a fait, ensuite on discute, on discute (mais sur plusieurs jours, du coup chacun vient quand il a le temps) et on dégage après une semaine environ (cela dépend des remplaçantes ces nanties qui sont toujours en vacances ou de l’efficacité de la modératrice) des thèmes/pistes de réflexion (environ 3/cas) sur lesquelles on discute ensuite pendant une quinzaine de jours avec des recherches bibliographiques à l’appui.

Exemple:

-cas complexe: démence débutante, anosognosie, continue à conduire               .discussion: que peut-on faire? Comment chacune fait habituellement (réseaux, correspondants, tests etc ) et comment peut-on faire dans ce cas précis.                  .pistes de réflexion:                                                                                                           .les tests de dépistage de la démence en cabinet de MG : (le codex par exemple que je ne connaissais pas)                                                                                                                .la conduite automobile: les règlementations, notre rôle etc (que je ne connaissais pas du tout !!)                                                                                                                              .gestion du secret médical et rapports avec la famille

 

-cas aléatoire: une épicondylite                                                                                   exposition du cas, chacune dit sa prise en charge et rédige son ordonnance (normalement en tout cas..), discussion sur le cas                                                                                 .pistes de réflexion                                                                                                    .traitement de l’épicondylite (à base de recommandations et d’études sur le sujet: en tout cas on essaye, moi en recherche biblio je connais que google)                                    .examen clinique du coude et de l’épaule : les tests, les études sur leur intérêt etc .maladies professionnelles

Et à fin de la session mensuelle, petite synthèse par celles qui ont fait le cas.

Tout ça se passe sur un forum crée par la brillante docteurgécé.

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Du coup, ça n’envahit pas nos boites mails et c’est super ergonomique .

Et on a ajouté des catégories sur le forum pour discuter en dehors des discussions officielles:

-le coin des geeks: tout ce qui est technique sur le forum en lui-même

-le bistrot du coin: où on peut parler de tout et de rien , par exemple pour souhaiter les anniversaires (ça c’est souvent moi, vous aviez deviné) ou raconter nos vacances, discuter de choses médicales qui n’ont rien à voir ou de questions qu’on se pose , par exemple j’ai lancé un sujet sur l’examen gynéco systématique ou qq d’autre pour parler de ses soucis avec son interne.

Et puis, il y a le « post de la honte » où on peut poser toutes les questions cons qu’on n’ose pas poser.

On va bientôt finir le premier tour (8 mois donc) et le bilan est super positif. J’ai appris plein de choses (tout reste d’ailleurs accessible et je peux donc m’y référer très simplement) et ces échanges m’ont enthousiasmé. C’est très enrichissant sur le plan médical et personnel. C’est vraiment bon pour le moral. C’est le principe de ces groupes, cela rompt l’isolement du médecin généraliste et c’est vraiment stimulant. Et en plus, mes paires à moi, elles sont trop géniales et je les aime.(et j’en profite pour les remercier pour celles qui me lisent d’avoir accepté de faire ça avec moi <3)

Après la discussion il y a quelques temps sur le mededfr sur l’interprofessionnalité, j’ai pensé que l’on pourrait faire des sessions ponctuelles avec d’autres professionnels de santé, des kinés, des IDE/AS, ou des spécialistes.

Bref, le champ des possibles est très grand avec le 2.0…

Du coup, si je raconte ça, c’est pas pour vous dire que ce que je fais c’est génial (bon oui c’est trop génial mais bon:-), c’est pour partager cette expérience parce que je crois qu’elle peu être une bonne idée pour d’autres. De la même façon que je pense que la médecine 2.0, twitter, les blogs sont une vraie Formation Médicale Continue à prendre en compte et à faire connaitre, je pense que ce concept peut plaire à d’autres. Ou pas…

Qu’en pensez-vous?

 

Le travail c’est la santé 2! La paperasse pour les nuls

Suite à mon billet d’hier et certaines discussions, je me suis dit que j’allais publier les conseils que je donne à mes internes sur le sujet .

Certaines choses semblent peut-être évidentes mais je me suis mise dans la tête de l’interne et même de la remplaçante voire du médecin installée que j’étais et c’est ce que j’aurai aimé qu’on me dise. Alors si ça peut-être utile à certains internes/remplaçants voire même installés, je me suis dit que je pouvais le publier.

Par contre, si il y a des choses fausses/incomplètes, des choses que j’aurai du mettre, n’hésitez pas à me le dire. Vos remarques et conseils seront les bienvenues

SANTE-ET-TRAVAIL-POUR-LES-NULS  (format word)

SANTE-ET-TRAVAIL-POUR-LES-NULS  (pdf)

PS: ces documents ont été modifiés suite aux remarques dans les commentaires (merci beaucoup) et la mise en page refaite par Gécé (qui a insinué quelle était pourrie mais c’est vrai alors merci!!) puis à nouveau modifiés début juin pour intégrer les remarques judicieuses d’un médecin conseil que je remercie vivement !!

Pour ceux qui ne veulent pas cliquer:

SANTE ET TRAVAIL POUR LES NULS

 

Au niveau de l’assurance Maladie, ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a deux branches bien distinctes : la branche maladie et la branche risques professionnels.

Quand on est en accident de travail par exemple, on ne peut jamais passer en invalidité pour le même motif.

 

 

  1. MALADIE

 

–       3 volets : 2 premiers volets pour la sécu, le 3ème pour l’employeur.

Si en ligne : imprimer le 3ème volet et le donner au patient.

–       Durée : Arrêt maladie : 3 ans maximum mais c’est rare que la sécu ne dise rien jusqu’à là.

–       Carence : 3 jours de carence sauf si en rapport avec ALD (ou sauf si reprise inférieure à 48h, dans ce cas faire une prolongation).

–       Indemnités : IJ = 50% du salaire (sous certaines conditions d’heures travaillées et avec un certain plafond ).

Si >3 enfants à charge : IJ 66.6% du salaire à partir du 31ème jour.

  • Reprise : Visite de reprise avec le médecin du travail obligatoire après 30 jours d’arrêt. Après un arrêt de 6 mois, il faut faire un protocole de soins (le même document que pour une demande d’ALD) : on peut y penser tous seuls mais sinon la sécu l’envoie). Si c’est quelqu’un qui ne travaille pas le week-end : arrêter jusqu’au vendredi. Si il reconsulte le lundi, on peut faire une prolongation (et il n’y a donc pas à nouveau 3 jours de carence).
  • -ALD : Quand les patients sont en arrêt de travail en rapport avec une pathologie déjà en ALD, il ne faut pas oublier de rattacher l’arrêt de travail en cochant la petite case « en rapport ».

2 avantages :

-Pour le médecin, on ne lui demandera pas de remplir à nouveau un protocole de soins une fois arrivé à 6 mois d’arrêt de travail.

  • Pour le patient : pas de jours de carence à partir du 2eme arrêt en rapport avec l’ALD dans l’année civile et IJ non imposables.
  • Invalidité : Lors d’un arrêt prolongé, on peut passer en invalidité :

o   Catégorie 1 : 30% du salaire

o   catégorie 2 : 50% du salaire

o   catégorie 3 : nécessité d’une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne : 50% du salaire + majoration tierce personne (de 1100 euros)

o   La sécu peut le demander ou le patient ou le médecin traitant : sur papier libre ou formulaire.

 

Concernant l’invalidité, il y a un certain nombre de conditions à remplir :

Condition médicale : il faut une diminution de la capacité de travail ou de gain des 2/3 soit 66% acquise depuis l’immatriculation (s’il existait une pathologie antérieure à l’immatriculation, on doit apporter la preuve que cette dernière s’est aggravée)

Condition administrative : obligation de 12 mois d’immatriculation, obligation d’un nombre minimum d’heures de travail effectif ou assimilé au cours d’une période de référence (800 heures au cours de l’année civile ou au cours des 4 trimestres précédents l’interruption de travail suivie d’invalidité dont 200 heures au cours du premier trimestre (le plus éloigné depuis la date d’interruption de travail))

 

  1. ACCIDENT DE TRAVAIL

 

–       4 volets : 2 premiers volets pour la sécu, le 3ème pour la victime et le 4eme pour l’employeur

–       Quand ? Présomption d’imputabilité si sur le lieu de travail.

–       On peut être en arrêt dans le cadre d’un AT ou en soins tout en continuant à travailler

–       Carence : Pas de jours de carence

–       Indemnités : IJ 60% pendant 28 jours puis 80% après 28j

Prise en charge à 100% des soins médicaux

–       Reprise : Le certificat de reprise est obligatoire.

La visite de reprise est obligatoire après 30 jours également (depuis juillet 2012, ce n’est plus 8 jours)

Quand on fait la reprise, il faut mettre des soins. Quand les soins sont finis, il faut les prolonger ou faire un certificat final = de consolidation.

–       Consolidation : Quand l’état n’est plus évolutif (et non pas quand le patient est guéri : nuance importante dont la méconnaissance fait que les patients ressentent souvent une injustice), la sécu demande souvent la consolidation, c’est-à-dire la fin de l’AT.

A ce moment-là :

o   si séquelles : le patient peut avoir soit une rente soit un capital entre une rente et un capital. Ceux-ci ne sont pas bien élevés en général sauf grosses séquelles (voir ici et ici ).

o   si pas de séquelles : guérison.

Concernant les séquelles d’accident du travail  (précisions bienvenues d’une consoeur          médecin conseil que je remercie grandement)

En fait, les patients touchent une rente mensuelle à partir de 10% d’IPP .

Il faut savoir que ce barème d’indemnisation des AT en droit social est issu du barème destiné à l’indemnisation des soldats de la guerre de 14-18. Il n’a pas été revu depuis des années et n’est donc pas à jour au niveau des données récentes de la science.

Faits marquants : la douleur n’existe pas, la psychiatrie est à peine ébauchée.

Conclusion : les séquelles douloureuses ne sont pas indemnisables en assurance maladie.

Raison pour laquelle souvent, les patients se sentent lésés car il leur est notifié une consolidation avec « séquelles non indemnisables ».

Le barème des maladies professionnelles est un peu plus large puisqu’on doit tenir compte des « séquelles fonctionnelles liées à la douleur ».

 

– Une fois que l’arrêt est consolidé, on peut remplir un formulaire de PROTOCOLE DE     SOINS POST-CONSOLIDATION pour demander la poursuite de la prise en charge des soins médicaux à 100% pour une durée définie par la sécu (par exemple 6 mois)

–       ATTENTION : Le problème, c’est que, une fois l’arrêt consolidé, on ne peut plus arrêter le patient pour ce motif (ni en AT , ni en maladie), sauf en cas de rechute, mais pour cela il faut qu’il y ait un nouvel évènement.

Si le patient n’a toujours pas repris le travail et qu’il considère qu’il ne peut pas le reprendre, il peut faire une contestation dans un délai d’un mois sur papier libre , il y aura une expertise, dans ce cas en attendant, on continue à lui faire des AT mais si l’expertise ne va pas en son sens (ce qui est souvent le cas) , il ne sera pas payé pendant tout ce temps.

On ne peut pas l’arrêter en maladie pour ce même motif.

D’où l’intérêt d’avoir agit en amont pour anticiper le problème pour ne pas en arriver là.

Il y a également la notion «  d’état antérieur » en accident de travail :

Notion importante à comprendre car elle permet parfois de « rattraper » une situation sociale inextricable mais souvent mal comprise par les patients et les médecins.

Un exemple concret :M. X 56 ans ressent une douleur vive lombaire lors d’un effort de soulèvement. Il fait une déclaration d’accident de travail. Les examens complémentaires révèlent des discopathies étagées et de l’arthrose sur tout le rachis lombaire. Au bout de 6 mois d’arrêt en accident de travail, il est toujours très douloureux et il est évident qu’il ne pourra pas reprendre son activité dans le bâtiment et que les espoirs de reconversion à son âge sont nuls.ll peut alors être plus judicieux de consolider l’accident de travail avec « séquelles non indemnisables compte tenu de l’état antérieur » et basculer en arrêt en maladie pour cet état antérieur. Ce qui permet ensuite de basculer en invalidité..Cette démarche est souvent mal comprise : « je n’avais pas mal avant », «  on ne reconnaît pas les séquelles de mon accident » alors qu’elle ne vise qu’à préserver l’intérêt du patient sur le long terme.

–       Cas particulier : la souffrance au travail

A noter qu’on peut faire un AT pour des problèmes de souffrance au travail s’il y a eu un évènement (discussion conflictuelle, altercation) significative sur le lieu de travail. Depuis 2012, il y a une jurisprudence, cela peut-être une série d’évènements traumatisants ponctuels. On peut noter « stress post-traumatique en relation avec une dégradation des conditions de travail » ou « syndrome anxio-dépréssif réactionnel secondaire à une série d’évènements sur le lieu de travail ».

De manière générale, sur un arrêt de travail, on peut écrire stress post traumatique, dépression d’épuisement ou syndrôme d’épuisement professionnel, syndrôme anxio-dépressif ou anxiété réactionnelle mais il ne faut JAMAIS écrire harcèlement moral. C’est un terme juridique, un médecin peut être poursuivi pour écrire ça sur un arrêt.

(et ne pas écrire de lettre pour un avocat ou une procédure juridique, éventuellement on fait une lettre pour un spé ou médecin du travail que l’on remet au patient, il en fait ce qu’il en veut ).

En règle général, il faut toujours écrire sur un arrêt ce que l’on constate et seulement ça et ne pas établir de relation de cause à effet.

 

  1. MALADIE PROFESSIONNELLE

 

C’est compliqué, mais en 2 mots…

–       Une maladie professionnelle est la conséquence de l’exposition plus ou moins prolongée à un risque qui existe lors de l’exercice habituel de la profession.

–       Faire une demande en MP : La demande se fait sur le même formulaire qu’un Accident de travail+ un formulaire vert (que la Sécu envoie au patient) à remplir par le patient avec plein de renseignements

–       Quelles modalités ? Il y a des tableaux. Pour tout ce qui est TMS, c’est le tableau 57.

–       Mêmes règles que l’AT, même formulaire d’ailleurs.

–       ATTENTION : Il faut bien peser les avantages et les inconvénients :

 

o   Avantages :

  • prise en charge à 100% des frais médicaux (intérêt si pas de mutuelles) et pas d’avance de frais,
  • IJ un peu supérieures,
  • accès à un reclassement professionnel,
  • reconnaissance, ce qui a un intérêt psychologique pour le patient,
  • intérêt collectif de déclarer les MP pour faire bouger les choses dans les entreprises,

MAIS…

Bien réfléchir car comme on l’a vu avant, une fois que l’état n’est plus évolutif, consolidation pour la sécu  (plus ou moins rapide ) et après impossibilité de faire un arrêt pour ce motif, impossibilité de passer en invalidité, etc.

Hop ! on déclare une tendinite de l’épaule en MP, on l’arrête de temps en temps pour ce motif quand ça fait trop mal, hop ! un an plus tard la sécu consolide, on ne peut plus l’arrêter pour son épaule, jamais… ni passer en invalidité…

L’intérêt à court terme est des IJ un peu plus élevées, mais peut être délétère au patient à long terme. Notamment pour tout ce qui est TMS.

L’intérêt des MP est, selon moi, l’accès à un reclassement professionnel

 

 

NB : tout ça c’est pour le régime général, c’est pas du tout pareil pour les autres régimes, notamment pour les fonctionnaires. Là ça devient compliqué, en gros ça n’a rien à voir, on fait des demandes sur papier libre, de Congé Longue Durée ou Congé Longue Maladie. Y’a plein de subtilités bien compliquées (par exemple vaut mieux avoir la polio, et pas 2 cancers, mais bon…) Retenir que : 3 mois de salaire à taux plein, après faut passer devant le médecin expert. Si tu veux en savoir plus, fais moi signe.

 

Donc, le plus important c’est…

 

ANTICIPER !

 

Ce qui est donc primordial, c’est d’anticiper le retour au travail.

Pour pas arriver à des situations bloquées et parce qu’on sent bien que le patient va pas pouvoir reprendre.

Il faut aménager le poste en amont ou envisager un reclassement.

Pour ça, il faut faire appel à nos partenaires.

 

LE MEDECIN DU TRAVAIL

 

Et l’incontournable VISITE DE PRE-REPRISE

Quand un patient est en arrêt, on peut (on doit :-)) demander une visite de pré-reprise. Enfin c’est le patient qui le demande, et nous on fait une petite lettre qui explique tout bien, comment peut-on envisager une reprise, un aménagement de poste, un temps-partiel thérapeutique etc.

Quand on arrive à avoir les coordonnées du médecin du travail, et quand celui-ci est bien (c’est vrai que c’est médecin du travail dépendant mais moi pour l’instant je suis bien tombée), c’est vraiment une grande aide.

Il ne faut pas attendre la visite de reprise où le patient reprend sans que rien n’ait été préparé.

 

Le TEMPS PARTIEL THERAPEUTIQUE

 

Le temps-partiel thérapeutique : c’est un ARRET à temps partiel. Donc on fait un arrêt de la durée souhaitée du temps-partiel thérapeutique en notant arrêt à temps partiel.

Pour l’initier : il faut que le patient, la sécu (accord de principe pour 1 mois au moins par chez moi) , et l’employeur soient d’accord et que ce soit réalisable. L’employeur n’est  pas obligé d’accepter.

Le mieux est de prendre un RDV de pré-reprise avec le médecin du travail qui organise le temps partiel thérapeutique avec l’employeur.

Quand c’est organisé, on prévoit la date de reprise et on prolonge l’arrêt de travail du patient en cochant la case « reprise à temps partiel thérapeutique » sur l’arrêt de travail et la date de fin d’arrêt (1 à 3 mois plus tard).

Si on ré-arrête le patient à temps complet, je ne sais pas comment il faut faire officiellement, moi je mets dans le motif « était en temps partiel thérapeutique, arrêt à temps complet à partir de ce jour etc. »

On a l’habitude de parler de mi-temps thérapeutique mais il s’agit de temps partiel thérapeutique : on peut faire 30%, 50%, 80%, etc. par journées/demi-journées, etc. à voir avec l’employeur…

Le temps de travail peut être modifié au fil du temps à la hausse ou à la baisse. Le temps partiel thérapeutique ne se se prescrit plus obligatoirement à la suite d’ un arrêt de travail La dernière mouture du formulaire d’arrêt de travail permet maintenant de le prescrire d’emblée.

 

 

 

L’INAPTITUDE

 

Si on pense que le patient ne pourra pas reprendre à son poste, le médecin du travail peut, le cas échéant, si son état médical l’indique, lancer une procédure d’inaptitude définitive.

(NB : il existe aussi des inaptitudes temporaires, dans ce cas, le médecin du travail déclare le patient inapte temporaire et envoie le patient chez le médecin généraliste pour faire un arrêt de travail).

Concernant la procédure d’inaptitude définitive, elle se passe forcément une fois que la personne n’est plus en arrêt. Il doit y avoir 2 visites de reprise avec le médecin du travail (en gros inaptitude à son poste puis inaptitude à tout poste dans l’entreprise) avec 2 semaines d’intervalle. L’employeur a ensuite un mois pour procéder au licenciement.

 

Pendant ce mois là : soit le motif d’inaptitude est lié à un accident de travail ou MP, et le patient peut demander auprès de la CPAM une indemnité temporaire d’inaptitude, soit ben il a pas de sous pendant un mois…

L’employeur doit dans la mesure du possible proposer un reclassement professionnel/des formations mais cela dépend de l’entreprise et en pratique il y a peu de possibilités sauf dans les grosses entreprises.

 

Une inaptitude ne se fait pas comme ça : il faut un dossier médical solide. Dans le cas d’une pathologie psy, il faut souvent l’avis d’un psy (exemple d’inaptitude que j’ai eu : patiente, stress post traumatique suite à agression à mains armées dans son magasin, n’a jamais pu y retourner, voulait démissionner : inaptitude avec avis psy).

 

Quand les patients se sentent incapable de retourner au travail dans le cadre d’une souffrance au travail, de conflits ou d’un évènement traumatisant et qu’ils disent qu’ils vont démissionner, et quand on pense que c’est justifié et que leur état médical ne leur permet pas de retourner sur leur lieu de travail (il ne s’agit pas évidemment d’encourager quelqu’un qui n’a juste plus envie de faire le travail qu’il fait), il faut les dissuader de démissionner (perte des indemnités de licenciements et ne touchent pas le chômage ), et les adresser au médecin du travail pour évoquer un aménagement de poste ou envisager un licenciement pour inaptitude ou qu’ils demandent à leur employeur une rupture conventionnelle du contrat de travail (touche les indemnités chômage). L’employeur n’est cependant pas obligé.

Le cas échéant, selon les circonstances, conseiller au patient de prendre contact avec les syndicats ou l’inspection du travail ( coordonnées IDF).

Dans les grandes entreprises, il y a aussi parfois des assistantes sociales ou un service juridique qui peut aider et conseiller les patients.

 

SERVICE SOCIAL DE LA SECU

 

Il faut également toujours penser au service social de la sécu qui peut orienter/aider le patient dans ses démarches et peut être un partenaire très important. Les patients sont informés par des informations collectives et ils voient les patients entre 4 et 6 mois d’arrêt.

On peut les contacter au 3646.

 

LA MDPH

 

Et the last but notre least, la MDPH !! (Maison Départementale des Personnes Handicapées)

Le dossier MDPH qui fait si peur quand tu es interne ou remplaçant.

En fait la MDPH est ton amie.

Le truc c’est de savoir ce qu’on demande 😉 En tant que médecin, on remplit le certificat médical mais cela n’a pas de sens si on ne sait pas ce que l’on veut obtenir avec.

Dans le dossier que le patient rempli, il y a plusieurs choses à demander, je vérifie toujours avec eux et leur explique bien ce qu’ils doivent remplir.

 

Avec un dossier MDPH, on peut demander:

–       des aides financières, humaines (AVS) et d’établissements spécialisés pour les enfants handicapés,

–       des cartes d’invalidité ou priorité (pour la caisse du supermarché par exemple) ou des cartes de stationnement (le taux de handicap nécessaire est plus élevé, >80% je crois),

–       un statut de travailleur handicapé (RQTH),

–       +/- demande de reclassement professionnel, de formation ou de travail en ESAT,

–       l’Allocation Adulte Handicapé (AAH),

–       la Prestation Compensatrice de Handicap (PCH ).

 

Du coup, c’est pas du tout la même chose de remplir un dossier pour demande de carte de priorité que pour une RQTH ou une PCH ! Il faut savoir ce qu’on demande.

 

La rédaction du dossier médical doit être soignée et détaillée.

Si on ne connait pas le patient, en tant qu’interne ou remplaçant, il est tout à fait légitime d’attendre le médecin traitant.

Si c’est un renouvellement ou une carte, pas exemple, avec les infos nécessaires, on peut tenter

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la branche MDPH est tout à fait indépendante à la branche sécu. Elles sont parallèles et peuvent être complémentaires.

Pour exemples :

Pour un patient qui ne peut plus travailler, on peut demander une invalidité et/ou l’ AAH.

Pour un patient qui ne peut plus rester seul, on peut demander l’invalidité 3ème catégorie avec majoration tierce personne et/ou la PCH.

Par contre, elles ne sont pas cumulatives, et la branche « invalidité » prime sur la branche MDPH.

Des exemples avec des chiffres au hasard :

Un patient peut bénéficier de l’invalidité catégorie 2 et de l’ AAH : la 1ère est de 500€, la 2ème de 600€ : il touchera 500€ de pension d’invalidité et 100€ d’AAH. Ou par exemple : 1800€ de catégorie 3 + MTP et 3000€ de PCH = 1800€ d’invalidité + 1200€ de PCH …

 

En gros, quelque soit le pb, on peut toujours demander des 2 cotés, ça ne coûte rien.

 

La PCH est complètement méconnue pourtant cela peut être magique.

Quelqu’un (de moins de moins de 65 ans bien sûr, tout cela étant pour des personnes en âge de travailler) qui a une perte d’autonomie et a besoin d’aide pour les actes de la vie quotidienne (ex: paraplégie suite à un AVP, maladie neurodégénérative…), la MDPH vient et évalue les besoins humains et techniques et ensuite finance ce qu’il faut. Une fois que la MDPH a accordé la PCH, elle finance tout ce qu’il faut, même si c’est une présence humaine 24/24 et que ça coûte 5000€ !

 

La RQTH enfin qui est ce qui nous intéresse ici

Ce statut permet d’avoir des emplois « handicapés » qui sont obligatoires dans chaque entreprise (genre 5% ou un truc comme ça) mais il n’est pas obligé de le mentionner, si le patient ne veut pas le dire à un employeur, il n’est absolument pas obligé.

Cela permet en outre d’accéder à des formations !! Prise en charge financière de bilans de compétences et de formation rémunérée afin de permettre un reclassement professionnel. Ceci est très important et il faut penser à le proposer à des patients qu’on ne considèrent pas comme « handicapés » mais dont le maintien dans leur poste à moyen terme semble compliqué.

Il ne faut pas hésiter à le demander très précocement, cela peut toujours être utile, car les délais sont longs. Dans le 93, la moyenne de traitement d’un dossier est de 6 mois.

A noter que les décisions de la MDPH sont rétrospectives ( y compris financières).

Pour la RQTH, si le maintien au poste est en jeu il existe une procédure accélérée demandée par le médecin du travail. D’où l’intérêt de la visite de pré-reprise

 

Le dossier MDPH concerne effectivement majoritairement le handicap mais peut concerner aussi la maladie lorsqu’on se doute qu’elle va durer plusieurs mois, notamment dans le cas de l’AAH, si une personne n’a pas de droits aux IJ ou a des IJ très faibles, et dans le cas de la RQTH, car elle est toujours attribuée pour une durée limitée dans le temps (comprise entre 1 et 5 ans en général) et réévaluée.

Ce qu’il faut retenir c’est que la RQTH est à envisager dès que le problème de santé a une conséquence sur l’emploi.

 

Et que la notion de handicap telle qu’elle doit être comprise lors de la rédaction de ce dossier (par les médecins comme par les patients) n’est pas une liste de pathologies, ce n’est pas être en fauteuil roulant non plus, c’est un retentissement fonctionnel . « toute personne qui a du mal à conserver un emploi du fait de problème de santé »

80% des personnes RQTH en France sont atteintes de handicap dit invisible.

 

 

 

 

 

Le travail, c’est la santé…

Lundi – 25 patients – 19 patients en âge de travailler dont 3 femmes au foyer et 1 sans papier.

1 accident de travail.4 arrêts de travail.1 duplicata. 2 refus d’arrêt de travail par les patients

Mr N. jeune diabétique de 27 ans au suivi difficile, ancien militaire, me rapporte qu’il va demander une rupture conventionnelle car son travail de manutentionnaire est trop difficile en raison de son mal de dos suite à une fracture vertébrale après un saut en parachute et à ses nombreuses hypos…

Mme O. 45 ans vient pour son frottis. On discute mais elle est pressée, elle doit retourner au travail. Il est 15h30. Elle est femme de ménage, elle prend le premier RER le matin, fait plus d’une heure  de transport, travaille 3 heures, rentre chez elle, repart à 16h, revient à 21h passée…plus de 4 heures de transport pour 6 heures de travail payés une misère…Elle ne veut jamais d’arrêt.

Mme O.  vient pour sa fille de 2ans qui est constipée. « Elle n’a pas beaucoup mangé ces derniers jours, mon frère a failli mourir, il a été poignardé à son travail.. » Ah oui c’est ptet ça…

M. 17 ans est une ado compliquée dont l’avenir professionnel est plus qu’incertain…Elle est contente, elle a été au mac do,ils lui ont dit qu’ils voulaient bien l’embaucher..

Mme C. 59 ans vient d’être déclarée inapte par le médecin du travail pour une BPCO. Cela la précipite dans la retraite quelques mois plus tôt. Malgré un travail difficile dans la grande distribution, elle est perdue et triste de cette nouvelle. Que va-t-elle faire? La retraite est souvent un cap difficile .

Mr C. 35 ans, est en situation irrégulière. Il parvient à travailler ponctuellement au noir mais son histoire m’attriste et me révolte.

Mme B. 35 ans vient chercher un énième duplicata car la sécu a perdu son arrêt… Sans commentaire…Mme B. vit une histoire très compliquée de souffrance morale au travail à propos de laquelle on pourrait écrire un roman, conflits avec l’employeur, multiples épisodes, burn out, dépression, plaintes, licenciement…

Mme P. 40ans, auxiliaire de vie, a un lumbago, comme d’habitude refuse mon arrêt. Oui, c’est ça mon quotidien, les patients qui refusent mes arrêts…j’en parlais dans « Bande de fainéants »

Mr B. 40 ans, un de mes patients préférés, cuisinier, va littéralement se tuer au travail je pense. Il fait 70 heures par semaine, a de multiples pb médicaux et les seules fois où il a utilisé un de mes arrêts de travail, il a été travailler quand-même (sans être payé donc). Ce n’est pas que du fait de son employeur..Aujourd’hui, on aborde l’idée d’aller voir un psy…

Mme P. travaille dans une chaine discount de la grande distribution ou les conditions de travail sont particulièrement difficiles voire choquantes. Je ne crois pas lui avoir déjà fait d’arrêt de travail… Elle vient d’apprendre une grossesse longtemps désirée et est heureuse même si ce premier trimestre est physiquement très difficile. Pour éviter de porter des charges lourdes, elle a annoncé sa grossesse à sa supérieure qui d’abord s’est mise à pleurer, ensuite l’a raconté à tout le monde et depuis lui fait des réflexions incessantes, lui donne des horaires ou des postes difficiles. Mme P. dynamique et joviale arrive au bord des larmes, dans un état d’anxiété inhabituel, me raconte une altercation qui a été suivie d’une crise d’angoisse avec malaise sur son lieu de travail. Elle voulait tenir mais se sent incapable d’y retourner. Je lui explique que l’on peut déclarer son arrêt en accident de travail. Elle éclate en sanglot et entre deux sanglots me dit « Merci ». C’est un merci qui pour elle signifie que l’on reconnait l’injustice de ce qu’elle vit. Je lui explique l’avantage mais surtout les inconvénients de la déclaration en AT mais elle est sûre d’elle, elle est prête à « lutter »

Mme D. travaille en crèche, son travail lui plait, elle n’a aucun souci sinon de choper plein de microbes…

Une journée ordinaire, prise au hasard, sans tricher, des histoires comme ça, il y en a des tonnes, pas une journée ne se passe sans un accident de travail, sans pathologies liées au travail..c’est  le quotidien.

Quand j’ai débuté ce blog, une de mes motivations, un des sujets dont je voulais vraiment parler, c’était des pathologies liées au travail que je rencontrais au quotidien. C’est un sujet tellement important, tellement permanent qu’à la fois je pourrais écrire un livre entier sur le sujet et qu’en même temps, je ne sais pas comment en parler ici.

Les pathologies liées au travail, plus ou moins directement, c’est le quotidien d’un médecin généraliste.

Mes patients sont ouvriers, femmes de ménage, cadres, secrétaires, instits, profs, beaucoup travaillent à l’aéroport comme bagagistes ou autres avec des horaires décalés, assistantes maternelles, fonctionnaires,soignants, caissières, informaticiens, commerciaux, en recherche d’emploi, travailleurs sans papiers, femmes au foyer (un vrai travail!!)…

Mes patients consultent pour des problèmes cardio-vasculaires, pour des troubles musculo-squelettiques, pour des troubles digestifs, pour des pathologies intercurrentes, des viroses, pour des insomnies, du stress, de la dépression, de la fatigue…

Tous ces maux peuvent être attribués aux emplois ci-dessus.

Ces principaux motifs de consultation que l’on rencontre en médecine générale peuvent tous être plus ou moins liés au travail. Parfois c’est évident, comme une tendinite ou un mal de dos chez quelqu’un qui fait un travail physique, et cela n’est pas simple à prendre en charge pour autant et parfois il faut creuser, comme des maux d’estomac ou de l’insomnie qui sont en fait liées à une souffrance au travail qui parfois nous est confiée spontanément et parfois non. Même quand une pathologie médicale n’est pas liée au travail, comme une gastro par exemple, la question du travail avec la nécessaire justification d’absence pour l’employeur entre forcément dans la consultation.

Comme nous sommes parfois plongés au coeur de l’intimité, nous voilà alors plonger dans un quotidien d’un monde du travail qui nous est totalement inconnu et parfois difficile à appréhender.

Je suis tellement affligée  par les conditions de travail de mes patients,et impressionnée par leur volonté et leur résistance. Je serais incapable de faire la moitié de ce qu’ils font, de ces femmes courageuses qui se lèvent à l’aube pour effectuer des heures de trajet et un travail harassant ou de ces hommes près à tous les efforts et les compromissions pour nourrir leur famille, je suis révoltée par leur condition de travail, par ce qu’ils me racontent des relations avec les employeurs ou les collègues. J’ai entendu tellement d’histoires..

Mais mon rôle n’est pas celui de la compassion mais celui de les accompagner et de les soigner…sauf que ça, ce n’est pas dans les livres de médecine.

Je n’ai pas appris comment gérer médicalement les problèmes physiques liés au travail (notamment les douleurs telles que les tendinites, lombalgies etc que l’on appelle troubles musculo-squelettiques) et je n’ai pas appris à gérer les problèmes de souffrance au travail que l’on appelle RPS (risques psychosociaux). Surtout je n’ai pas appris toutes les subtilités administratives, je n’ai appris comment aider un patient au niveau social et administratif. Je n’y connaissais rien au droit du travail, je ne savais même pas ce que siginifiait le mot « rupture conventionnelle du contrat de travail », je ne savais pas comment intégrer le médecin du travail dans ma démarche de soins, ni comment répondre à nombreuses questions concrètes des patients notamment sur le montant des indemnités, je ne savais pas non plus qu’il existait dans les hôpitaux des services de pathologies professionnelles.

C’est un domaine qui m’intéresse énormément, au delà du fait que sa prévalence rend nécessaire de savoir s’y retrouver. Quelques petites années plus tard, par la force des choses et des situations rencontrées et grâce à des séminaires de formations continues  (du temps où les jours n’étaient pas limités et où l’on était rémunérés:petit clin d’oeil à l’OGC et au rapport de l’IGAS), j’ai l’impression de maitriser le sujet et c’est agréable de sentir que je peux aider mon patient de manière correcte.

Lors d’un séminaire sur accidents de travail et maladies professionnelles, j’ai appris beaucoup de choses qui m’aident au quotidien. Je sais peser les avantages et les inconvénients de faire une déclaration de maladie professionnelle (et j’ai été vraiment surprise de constater que ce n’était pas forcément dans l’intérêt du patient de faire une déclaration de MP). Lors d’un séminaire sur les arrêts maladie et l’invalidité, j’ai appris notamment l’intêret du partenariat avec le médecin du travail et notamment de la visite de pré-reprise. J’ai appris à comprendre quelque chose dans le système infernal des fonctionnaires, je sais gérer correctement un temps partiel thérapeutique. Grâce à des expériences personnelles et avec des patients, je connais maintenant le parcours menant à une inaptitude, les délais, les notions d’indemnités temporaire d’inaptitude, d’allocation tierce personne ou autres gros mots ne me font plus peur, remplir un dossier MDPH ne me fait plus blêmir, au contraire, c’est moi maintenant qui incite les patients à les remplir parce que je sais pourquoi (les mots RQTH ou PCH sont maintenant mes amis). Grâce à un séminaire sur la souffrance au travail, j’ai appris comment savoir la repérer et surtout aider les patients au mieux, j’ai appris que l’on pouvait faire une déclaration en accident de travail pour des évènements ayant conduit à une souffrance morale.

Bref, les pathologies liées au travail sont toujours aussi fréquentes, sont souvent une impasse, je me sans souvent impuissante,les récits de mes patients sont toujours aussi décourageants et révoltants, je souhaite toujours que le monde qui m’entoure change  mais je me sens plus armée pour les aider et les conseiller, c’est déjà ça…

Bon, ça fait longtemps que je voulais parler de ce sujet, je n’ai pas réussi à le faire comme je l’aurai voulu mais en cette journée de fête du travail où pour la première fois de ma vie, je n’ai pas suivi la tradition familiale d’aller acheter du muguet et ça me fend le coeur, où la pluie (et quant à moi la flemme surtout) nous a empêché d’aller à la manif, je voulais un peu vous parler de ces travailleuses et travailleurs que sont mes patients et de cette partie de notre métier…

 

Quelques documents

LE SITE ATOUSANTE: la santé au travail

Le site Souffrance et Travail avec notamment la liste des consultations de pathologies professionnelles

Liste des consultations de pathologies professionnelles d’ile de france

Le site de FMC MA-Form avec plusieurs formations sur le sujet

Le site TravaillerMieux notamment sur les TMS

Guide pratique sur les risques psycho-sociaux en entreprise

Lutter contre la souffrance morale au travail