Welcome Pack

Changement de semestre, changement d’interne.

Je vais accueillir ma 6ème interne, ce qui ne me rajeunit pas.

J’ai déjà dit à quel point c’était une belle aventure à chaque fois, que c’était pas toujours facile, que le changement notamment n’était pas facile.

Ces six mois sont à chaque fois un partage, pas forcément médical,mais sur le plan humain, une tranche de vie vécue ensemble, qui nous enrichie toutes les deux (oui je n’ai eu que des filles).

Une pensée pour mon interne qui s’en va…je crois qu’elle gardera vraiment une place particulière.

Une autre revient lundi en SASPAS chez mon associée.

Une me remplace régulièrement et est en plus devenue une vraie twittos.

Trois sont mes thésardes et la première soutien sa thèse le mois prochain.

Bref, je ne coupe pas vraiment le cordon…

Le partage n’est pas que médical, mais il l’est aussi.

Je pense que chaque maitre de stage a des sujets de prédilection qu’il aime partager plus que d’autres . Moi j’essaye de ne pas parler que de ce que j’aime, de ne pas être obsessionnelle avec certains sujets (qui a dit les violences?:-)), je me freine souvent et j’essaie de plutôt répondre aux attentes de l’interne, mais c’est dur de ne pas y venir…

J’envoie des liens de lecture à mes internes (avec des liens de blog souvent évidemment ) et chaque semestre, je recherche laborieusement des anciens mails envoyés aux internes d’avant et je les inonde de mails qu’elle lisent probablement jamais.

Je me suis dit que j’allais organiser ce bazar, et j’ai essayé de mettre tout ça au propre pour ma nouvelle interne, qui en plus d’être la première à commencer un stage avec une machine à café aura un welcome pack!!!

Jvais peut être rajouter quelques bonbons pour que ça passe mieux:-)

Je l’ai mis là, si ça peut servir, comme quand j’avais mis la paperasse pour les nuls

Surtout j’attend de vous des critiques ou des conseils pour enrichir ce document

(que j’ai fait rapidement, je dois avoir oublié des choses essentielles)

POUR MON INTERNE:welcome pack ( document word)

Welcome,

quelques lectures?

-Sur le suivi de l’enfant :

 

C’est un sujet que j’aime bien et que j’aborde beaucoup lors du stage

Des liens intéressants :

 

Guide méthodologique: protocoles d’examens systématique ( URML Bretagne)

Examen du 9 ème mois

Examen du 24 ème mois

Examen des 36 mois

dépistage des troubles de l’audition (santé.gouv)

dépistage des troubles visuels (santé.gouv)

fiche pratique: dépistage visuel en médecine générale

dépistage visuel de l’enfant: CADET

Et le site pediadoc

 

 

sur la gynéco ,

 

des choses à lire

http://www.atoute.org/n/Pilules-de-3eme-generation-liste.htmlpour tout comprendre sur la polémique 3eme Génération et lien avec le tableau des pilules

le site internet choisirsacontraception.com pour montrer aux patients

le site martin winckler webzine  et tout son contenu sur la contraception

le lien avec la fiche pilule et en règle générale, tout ce site « antisèches de consultation en médecine générale »

 

sur la pose de DIU en torpille

 

Le mémoire: DIUposedirecte-mémoire

La brochure :

Brochure

Brochure (imprimable)

et la  vidéo  ici

 

Pour le retrait d’implant la technique de l’aiguille/de la tente/du pie vert

Des articles sur la bienveillance envers les femmes en général et la position en décubitus latéral

 

l’article de rue 89 sur l’examen à l’anglaise

-l’article de Borée sur l’examen à l’anglaise et la pose de DIU

– l’article de Martin Wincker « Contraception, IVG, ligature de trompes, accouchement, respect des patientes : en 2013, en France, il y a encore beaucoup à faire pour que les femmes soient bien soignées »

 

 

 

-En pneumo,qui n’est pas un sujet que je maitrise beaucoup : un article sur les EFR au cabinet de médecine générale

https://2garcons1fille.wordpress.com/2014/01/30/la-spirometrie-pour-tous-1-la-spirometrie-en-cabinet-de-medecine-generale/

 

et un lien pratique sur les dispositifs

http://www.tmes.fr/educlic/menupneumo.html

 

 

-Il faudra aborder le sujet du surdiagnostic, qui est un sujet que j’ai du mal à bien expliquer, c’est compliqué..

De la lecture sur le sujet pour commencer :

 

http://www.atoute.org/n/Cancers-depistages-et-risques-de.html

 

http://cancer-rose.fr/surdiagnostic/balance-beneficesrisques/

 

http://30ansplustard.wordpress.com/2014/10/17/voila-ce-que-je-peux-te-dire/

 

http://www.atoute.org/n/Cancers-depistages-et-risques-de.html

 

http://www.formindep.org/Surdiagnostic-et-depistage-du.html

 

 

 

A ce moment là, puisqu’on parlera de remettre en question avec difficulté les choses bien établies, peut être on parlera des ADO,de l’HBA1C des statines et de tout ce qui n’est peut-être pas comme on nous l’avait dit !

Et de Rémy Boussageon…

 

 

videos de la pléniere du congrès du CNGE sur le patient diabétique

 

http://www.cnge.fr/congres/les_plenieres_clermont_2013/

 

 

et sur les statines

 

http://www.cnge.fr/congres/les_videos_des_plenieres_du_congres_cnge_lille_201/

 

 

communiqué du CNGE de mars 2016 http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/medicaments_du_diabete_de_type_2_le_traitement_cen/

 

BMJ

 

et d’autres articles si affinités (mais pas en libre accès, notamment ceux d’exercer)

 

 

On parlera beaucoup de la relation médecin patient

 

Notamment de

Savoir dire non

 

La méthode du disque rayé progressif – Atoute.org

 

Patient revendicatif.pdf

 

Mais plein d’autres choses, parce que c’est la partie la plus riche

 

 

Et puis forcement, assez rapidement je pense, viendra la question des violences…

 

notamment le site mémoire memoire traumatique.org 

 

Violences…

 

Ultra Violence »

 

mon prix du poster »

 

le site http://stop-violences-femmes.gouv.fr 

 

 

on sera confronté aux problématiques des patients migrants

 

avec le guide très complet du COMEDE

 

et notamment le bilan à réaliser

http://www.comede.org/IMG/pdf/Sous chapitres Guide 2008/Guide-Comede-2008_14_bilan-de-sante.pdf

 

 

Et puis, à un moment donné, inévitablement, après m’être retenu le plus longtemps possible, je finirai par dire « Tu connais Jaddo ? »

 

 

Et je ferai plus ou moins tardivement mon coming out de twitter, des blogs toussa

 

Et puis ça sera compliqué de ne pas parler des heures

 

j’avais fait une sélection sur mon blog ici et ici mais c’est vieux

 

c est dur de faire une selection, par exemple

 

http://www.jaddo.fr/?s=toinette

http://www.jaddo.fr/2008/12/26/le-petit-prince-a-dit/

http://www.jaddo.fr/2007/10/10/tu-napprendras-jamais/

http://www.jaddo.fr/2014/02/08/e-a-u/ incontournable

 

Il y a Dominique Dupagne et ATOUTE

Mais je m’arrêterai là car je ne pourrais être exhaustive

 

Mais ensuite on parlera de tous les sites internet utiles en consultation et du bon résumé de Farfadoc dans son billet Boite à outils

 

 

Je conseillerai la page Facebook et/ou le compte twitter du DMG paris descartes avec chaque semaine le billet de blog de la semaine et des infos intéressantes

 

 

Avant la fin du stage, cela serait bien de parler de l’organisation libérale mais en niveau 1, c’est un peu tôt pour aborder les microBNC et autres 2035, en fin de stage je serai synthétique

-ouvre un compte bancaire à visée professionnel (compte normal si possible)

-appelle média santé

si tu veux savoir, je te dirai combien je gagne

 

 

et puis je recyclerai ce que j’avais écrit sur tout ce qui est administratif qui vend pas du rêve mais que j’aime bien

 

SANTE-ET-TRAVAIL-POUR-LES-NULS  (format word)

SANTE-ET-TRAVAIL-POUR-LES-NULS  (pdf)

 

 

 

SANTE ET TRAVAIL POUR LES NULS

 

Au niveau de l’assurance Maladie, ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a deux branches bien distinctes : la branche maladie et la branche risques professionnels.

Quand on est en accident de travail par exemple, on ne peut jamais passer en invalidité pour le même motif.

 

 

  • MALADIE

 

–       3 volets : 2 premiers volets pour la sécu, le 3ème pour l’employeur.

Si en ligne : imprimer le 3ème volet et le donner au patient.

–       Durée : Arrêt maladie : 3 ans maximum mais c’est rare que la sécu ne dise rien jusqu’à là.

–       Carence : 3 jours de carence sauf si en rapport avec ALD (ou sauf si reprise inférieure à 48h, dans ce cas faire une prolongation).

–       Indemnités : IJ = 50% du salaire (sous certaines conditions d’heures travaillées et avec un certain plafond ).

Si >3 enfants à charge : IJ 66.6% du salaire à partir du 31ème jour.

  • Reprise : Visite de reprise avec le médecin du travail obligatoire après 30 jours d’arrêt. Après un arrêt de 6 mois, il faut faire un protocole de soins (le même document que pour une demande d’ALD) : on peut y penser tous seuls mais sinon la sécu l’envoie). Si c’est quelqu’un qui ne travaille pas le week-end : arrêter jusqu’au vendredi. Si il reconsulte le lundi, on peut faire une prolongation (et il n’y a donc pas à nouveau 3 jours de carence).
  • -ALD : Quand les patients sont en arrêt de travail en rapport avec une pathologie déjà en ALD, il ne faut pas oublier de rattacher l’arrêt de travail en cochant la petite case « en rapport ».

2 avantages :

-Pour le médecin, on ne lui demandera pas de remplir à nouveau un protocole de soins une fois arrivé à 6 mois d’arrêt de travail.

  • Pour le patient : pas de jours de carence à partir du 2eme arrêt en rapport avec l’ALD dans l’année civile et IJ non imposables.
  • Invalidité : Lors d’un arrêt prolongé, on peut passer en invalidité:

o   Catégorie 1 : 30% du salaire

o   catégorie 2 : 50% du salaire

o   catégorie 3 : nécessité d’une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne : 50% du salaire + majoration tierce personne (de 1100 euros)

o   La sécu peut le demander ou le patient ou le médecin traitant : sur papier libre ou formulaire.

 

Concernant l’invalidité, il y a un certain nombre de conditions à remplir :

Condition médicale : il faut une diminution de la capacité de travail ou de gain des 2/3 soit 66% acquise depuis l’immatriculation (s’il existait une pathologie antérieure à l’immatriculation, on doit apporter la preuve que cette dernière s’est aggravée)

Condition administrative : obligation de 12 mois d’immatriculation, obligation d’un nombre minimum d’heures de travail effectif ou assimilé au cours d’une période de référence (800 heures au cours de l’année civile ou au cours des 4 trimestres précédents l’interruption de travail suivie d’invalidité dont 200 heures au cours du premier trimestre (le plus éloigné depuis la date d’interruption de travail))

 

  • ACCIDENT DE TRAVAIL

 

–       4 volets : 2 premiers volets pour la sécu, le 3ème pour la victime et le 4eme pour l’employeur

–       Quand ? Présomption d’imputabilité si sur le lieu de travail.

–       On peut être en arrêt dans le cadre d’un AT ou en soins tout en continuant à travailler

–       Carence : Pas de jours de carence

–       Indemnités : IJ 60% pendant 28 jours puis 80% après 28j

Prise en charge à 100% des soins médicaux

–       Reprise : Le certificat de reprise est obligatoire.

La visite de reprise est obligatoire après 30 jours également (depuis juillet 2012, ce n’est plus 8 jours)

Quand on fait la reprise, il faut mettre des soins. Quand les soins sont finis, il faut les prolonger ou faire un certificat final = de consolidation.

–       Consolidation : Quand l’état n’est plus évolutif (et non pas quand le patient est guéri : nuance importante dont la méconnaissance fait que les patients ressentent souvent une injustice), la sécu demande souvent la consolidation, c’est-à-dire la fin de l’AT.

A ce moment-là :

o   si séquelles : le patient peut avoir soit une rente soit un capital entre une rente et un capital. Ceux-ci ne sont pas bien élevés en général sauf grosses séquelles (voir ici et ici ).

o   si pas de séquelles : guérison.

Concernant les séquelles d’accident du travail  (précisions bienvenues d’une consoeur          médecin conseil que je remercie grandement)

En fait, les patients touchent une rente mensuelle à partir de 10% d’IPP .

Il faut savoir que ce barème d’indemnisation des AT en droit social est issu du barème destiné à l’indemnisation des soldats de la guerre de 14-18. Il n’a pas été revu depuis des années et n’est donc pas à jour au niveau des données récentes de la science.

Faits marquants : la douleur n’existe pas, la psychiatrie est à peine ébauchée.

Conclusion : les séquelles douloureuses ne sont pas indemnisables en assurance maladie.

Raison pour laquelle souvent, les patients se sentent lésés car il leur est notifié une consolidation avec « séquelles non indemnisables ».

Le barème des maladies professionnelles est un peu plus large puisqu’on doit tenir compte des « séquelles fonctionnelles liées à la douleur ».

 

– Une fois que l’arrêt est consolidé, on peut remplir un formulaire de PROTOCOLE DE     SOINS POST-CONSOLIDATION pour demander la poursuite de la prise en charge des soins médicaux à 100% pour une durée définie par la sécu (par exemple 6 mois)

–       ATTENTION : Le problème, c’est que, une fois l’arrêt consolidé, on ne peut plus arrêter le patient pour ce motif (ni en AT , ni en maladie), sauf en cas de rechute, mais pour cela il faut qu’il y ait un nouvel évènement.

Si le patient n’a toujours pas repris le travail et qu’il considère qu’il ne peut pas le reprendre, il peut faire une contestation dans un délai d’un mois sur papier libre , il y aura une expertise, dans ce cas en attendant, on continue à lui faire des AT mais si l’expertise ne va pas en son sens (ce qui est souvent le cas) , il ne sera pas payé pendant tout ce temps.

On ne peut pas l’arrêter en maladie pour ce même motif.

D’où l’intérêt d’avoir agit en amont pour anticiper le problème pour ne pas en arriver là.

Il y a également la notion «  d’état antérieur » en accident de travail :

Notion importante à comprendre car elle permet parfois de « rattraper » une situation sociale inextricable mais souvent mal comprise par les patients et les médecins.

Un exemple concret :M. X 56 ans ressent une douleur vive lombaire lors d’un effort de soulèvement. Il fait une déclaration d’accident de travail. Les examens complémentaires révèlent des discopathies étagées et de l’arthrose sur tout le rachis lombaire. Au bout de 6 mois d’arrêt en accident de travail, il est toujours très douloureux et il est évident qu’il ne pourra pas reprendre son activité dans le bâtiment et que les espoirs de reconversion à son âge sont nuls.ll peut alors être plus judicieux de consolider l’accident de travail avec « séquelles non indemnisables compte tenu de l’état antérieur » et basculer en arrêt en maladie pour cet état antérieur. Ce qui permet ensuite de basculer en invalidité..Cette démarche est souvent mal comprise : « je n’avais pas mal avant », «  on ne reconnaît pas les séquelles de mon accident » alors qu’elle ne vise qu’à préserver l’intérêt du patient sur le long terme.

–       Cas particulier : la souffrance au travail

A noter qu’on peut faire un AT pour des problèmes de souffrance au travail s’il y a eu un évènement (discussion conflictuelle, altercation) significative sur le lieu de travail. Depuis 2012, il y a une jurisprudence, cela peut-être une série d’évènements traumatisants ponctuels. On peut noter « stress post-traumatique en relation avec une dégradation des conditions de travail » ou « syndrome anxio-dépréssif réactionnel secondaire à une série d’évènements sur le lieu de travail ».

De manière générale, sur un arrêt de travail, on peut écrire stress post traumatique, dépression d’épuisement ou syndrôme d’épuisement professionnel, syndrôme anxio-dépressif ou anxiété réactionnelle mais il ne faut JAMAIS écrire harcèlement moral. C’est un terme juridique, un médecin peut être poursuivi pour écrire ça sur un arrêt.

(et ne pas écrire de lettre pour un avocat ou une procédure juridique, éventuellement on fait une lettre pour un spé ou médecin du travail que l’on remet au patient, il en fait ce qu’il en veut ).

En règle général, il faut toujours écrire sur un arrêt ce que l’on constate et seulement ça et ne pas établir de relation de cause à effet.

 

  • MALADIE PROFESSIONNELLE

 

C’est compliqué, mais en 2 mots…

–       Une maladie professionnelle est la conséquence de l’exposition plus ou moins prolongée à un risque qui existe lors de l’exercice habituel de la profession.

–       Faire une demande en MP : La demande se fait sur le même formulaire qu’un Accident de travail+ un formulaire vert (que la Sécu envoie au patient) à remplir par le patient avec plein de renseignements

–       Quelles modalités ? Il y a des tableaux. Pour tout ce qui est TMS, c’est le tableau 57.

–       Mêmes règles que l’AT, même formulaire d’ailleurs.

–       ATTENTION : Il faut bien peser les avantages et les inconvénients :

 

o   Avantages :

  • prise en charge à 100% des frais médicaux (intérêt si pas de mutuelles) et pas d’avance de frais,
  • IJ un peu supérieures,
  • accès à un reclassement professionnel,
  • reconnaissance, ce qui a un intérêt psychologique pour le patient,
  • intérêt collectif de déclarer les MP pour faire bouger les choses dans les entreprises,

MAIS…

Bien réfléchir car comme on l’a vu avant, une fois que l’état n’est plus évolutif, consolidation pour la sécu  (plus ou moins rapide ) et après impossibilité de faire un arrêt pour ce motif, impossibilité de passer en invalidité, etc.

Hop ! on déclare une tendinite de l’épaule en MP, on l’arrête de temps en temps pour ce motif quand ça fait trop mal, hop ! un an plus tard la sécu consolide, on ne peut plus l’arrêter pour son épaule, jamais… ni passer en invalidité…

L’intérêt à court terme est des IJ un peu plus élevées, mais peut être délétère au patient à long terme. Notamment pour tout ce qui est TMS.

L’intérêt des MP est, selon moi, l’accès à un reclassement professionnel

 

 

NB : tout ça c’est pour le régime général, c’est pas du tout pareil pour les autres régimes, notamment pour les fonctionnaires. Là ça devient compliqué, en gros ça n’a rien à voir, on fait des demandes sur papier libre, de Congé Longue Durée ou Congé Longue Maladie. Y’a plein de subtilités bien compliquées (par exemple vaut mieux avoir la polio, et pas 2 cancers, mais bon…) Retenir que : 3 mois de salaire à taux plein, après faut passer devant le médecin expert. Si tu veux en savoir plus, fais moi signe.

 

Donc, le plus important c’est…

 

ANTICIPER !

 

Ce qui est donc primordial, c’est d’anticiper le retour au travail.

Pour pas arriver à des situations bloquées et parce qu’on sent bien que le patient va pas pouvoir reprendre.

Il faut aménager le poste en amont ou envisager un reclassement.

Pour ça, il faut faire appel à nos partenaires.

 

LE MEDECIN DU TRAVAIL

 

Et l’incontournable VISITE DE PRE-REPRISE

Quand un patient est en arrêt, on peut (on doit :-)) demander une visite de pré-reprise. Enfin c’est le patient qui le demande, et nous on fait une petite lettre qui explique tout bien, comment peut-on envisager une reprise, un aménagement de poste, un temps-partiel thérapeutique etc.

Quand on arrive à avoir les coordonnées du médecin du travail, et quand celui-ci est bien (c’est vrai que c’est médecin du travail dépendant mais moi pour l’instant je suis bien tombée), c’est vraiment une grande aide.

Il ne faut pas attendre la visite de reprise où le patient reprend sans que rien n’ait été préparé.

 

Le TEMPS PARTIEL THERAPEUTIQUE

 

Le temps-partiel thérapeutique : c’est un ARRET à temps partiel. Donc on fait un arrêt de la durée souhaitée du temps-partiel thérapeutique en notant arrêt à temps partiel.

Pour l’initier : il faut que le patient, la sécu (accord de principe pour 1 mois au moins par chez moi) , et l’employeur soient d’accord et que ce soit réalisable. L’employeur n’est  pas obligé d’accepter.

Le mieux est de prendre un RDV de pré-reprise avec le médecin du travail qui organise le temps partiel thérapeutique avec l’employeur.

Quand c’est organisé, on prévoit la date de reprise et on prolonge l’arrêt de travail du patient en cochant la case « reprise à temps partiel thérapeutique » sur l’arrêt de travail et la date de fin d’arrêt (1 à 3 mois plus tard).

Si on ré-arrête le patient à temps complet, je ne sais pas comment il faut faire officiellement, moi je mets dans le motif « était en temps partiel thérapeutique, arrêt à temps complet à partir de ce jour etc. »

On a l’habitude de parler de mi-temps thérapeutique mais il s’agit de temps partiel thérapeutique : on peut faire 30%, 50%, 80%, etc. par journées/demi-journées, etc. à voir avec l’employeur…

Le temps de travail peut être modifié au fil du temps à la hausse ou à la baisse. Le temps partiel thérapeutique ne se se prescrit plus obligatoirement à la suite d’ un arrêt de travail La dernière mouture du formulaire d’arrêt de travail permet maintenant de le prescrire d’emblée.

 

 

 

L’INAPTITUDE

 

Si on pense que le patient ne pourra pas reprendre à son poste, le médecin du travail peut, le cas échéant, si son état médical l’indique, lancer une procédure d’inaptitude définitive.

(NB : il existe aussi des inaptitudes temporaires, dans ce cas, le médecin du travail déclare le patient inapte temporaire et envoie le patient chez le médecin généraliste pour faire un arrêt de travail).

Concernant la procédure d’inaptitude définitive, elle se passe forcément une fois que la personne n’est plus en arrêt. Il doit y avoir 2 visites de reprise avec le médecin du travail (en gros inaptitude à son poste puis inaptitude à tout poste dans l’entreprise) avec 2 semaines d’intervalle. L’employeur a ensuite un mois pour procéder au licenciement.

 

Pendant ce mois là : soit le motif d’inaptitude est lié à un accident de travail ou MP, et le patient peut demander auprès de la CPAM une indemnité temporaire d’inaptitude, soit ben il a pas de sous pendant un mois…

L’employeur doit dans la mesure du possible proposer un reclassement professionnel/des formations mais cela dépend de l’entreprise et en pratique il y a peu de possibilités sauf dans les grosses entreprises.

 

Une inaptitude ne se fait pas comme ça : il faut un dossier médical solide. Dans le cas d’une pathologie psy, il faut souvent l’avis d’un psy (exemple d’inaptitude que j’ai eu : patiente, stress post traumatique suite à agression à mains armées dans son magasin, n’a jamais pu y retourner, voulait démissionner : inaptitude avec avis psy).

 

Quand les patients se sentent incapable de retourner au travail dans le cadre d’une souffrance au travail, de conflits ou d’un évènement traumatisant et qu’ils disent qu’ils vont démissionner, et quand on pense que c’est justifié et que leur état médical ne leur permet pas de retourner sur leur lieu de travail (il ne s’agit pas évidemment d’encourager quelqu’un qui n’a juste plus envie de faire le travail qu’il fait), il faut les dissuader de démissionner (perte des indemnités de licenciements et ne touchent pas le chômage ), et les adresser au médecin du travail pour évoquer un aménagement de poste ou envisager un licenciement pour inaptitude ou qu’ils demandent à leur employeur une rupture conventionnelle du contrat de travail (touche les indemnités chômage). L’employeur n’est cependant pas obligé.

Le cas échéant, selon les circonstances, conseiller au patient de prendre contact avec les syndicats ou l’inspection du travail ( coordonnées IDF).

Dans les grandes entreprises, il y a aussi parfois des assistantes sociales ou un service juridique qui peut aider et conseiller les patients.

 

SERVICE SOCIAL DE LA SECU

 

Il faut également toujours penser au service social de la sécu qui peut orienter/aider le patient dans ses démarches et peut être un partenaire très important. Les patients sont informés par des informations collectives et ils voient les patients entre 4 et 6 mois d’arrêt.

On peut les contacter au 3646.

 

LA MDPH

 

Et the last but notre least, la MDPH !! (Maison Départementale des Personnes Handicapées)

Le dossier MDPH qui fait si peur quand tu es interne ou remplaçant.

En fait la MDPH est ton amie.

Le truc c’est de savoir ce qu’on demande  En tant que médecin, on remplit le certificat médical mais cela n’a pas de sens si on ne sait pas ce que l’on veut obtenir avec.

Dans le dossier que le patient rempli, il y a plusieurs choses à demander, je vérifie toujours avec eux et leur explique bien ce qu’ils doivent remplir.

 

Avec un dossier MDPH, on peut demander:

–       des aides financières, humaines (AVS) et d’établissements spécialisés pour les enfants handicapés,

–       des cartes d’invalidité ou priorité (pour la caisse du supermarché par exemple) ou des cartes de stationnement (le taux de handicap nécessaire est plus élevé, >80% je crois),

–       un statut de travailleur handicapé (RQTH),

–       +/- demande de reclassement professionnel, de formation ou de travail en ESAT,

–       l’Allocation Adulte Handicapé (AAH),

–       la Prestation Compensatrice de Handicap (PCH ).

 

Du coup, c’est pas du tout la même chose de remplir un dossier pour demande de carte de priorité que pour une RQTH ou une PCH ! Il faut savoir ce qu’on demande.

 

La rédaction du dossier médical doit être soignée et détaillée.

Si on ne connait pas le patient, en tant qu’interne ou remplaçant, il est tout à fait légitime d’attendre le médecin traitant.

Si c’est un renouvellement ou une carte, pas exemple, avec les infos nécessaires, on peut tenter

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la branche MDPH est tout à fait indépendante à la branche sécu. Elles sont parallèles et peuvent être complémentaires.

Pour exemples :

Pour un patient qui ne peut plus travailler, on peut demander une invalidité et/ou l’ AAH.

Pour un patient qui ne peut plus rester seul, on peut demander l’invalidité 3ème catégorie avec majoration tierce personne et/ou la PCH.

Par contre, elles ne sont pas cumulatives, et la branche « invalidité » prime sur la branche MDPH.

Des exemples avec des chiffres au hasard :

Un patient peut bénéficier de l’invalidité catégorie 2 et de l’ AAH : la 1ère est de 500€, la 2ème de 600€ : il touchera 500€ de pension d’invalidité et 100€ d’AAH. Ou par exemple : 1800€ de catégorie 3 + MTP et 3000€ de PCH = 1800€ d’invalidité + 1200€ de PCH …

 

En gros, quelque soit le pb, on peut toujours demander des 2 cotés, ça ne coûte rien.

 

La PCH est complètement méconnue pourtant cela peut être magique.

Quelqu’un (de moins de moins de 65 ans bien sûr, tout cela étant pour des personnes en âge de travailler) qui a une perte d’autonomie et a besoin d’aide pour les actes de la vie quotidienne (ex: paraplégie suite à un AVP, maladie neurodégénérative…), la MDPH vient et évalue les besoins humains et techniques et ensuite finance ce qu’il faut. Une fois que la MDPH a accordé la PCH, elle finance tout ce qu’il faut, même si c’est une présence humaine 24/24 et que ça coûte 5000€ !

 

La RQTH enfin qui est ce qui nous intéresse ici

Ce statut permet d’avoir des emplois « handicapés » qui sont obligatoires dans chaque entreprise (genre 5% ou un truc comme ça) mais il n’est pas obligé de le mentionner, si le patient ne veut pas le dire à un employeur, il n’est absolument pas obligé.

Cela permet en outre d’accéder à des formations !! Prise en charge financière de bilans de compétences et de formation rémunérée afin de permettre un reclassement professionnel. Ceci est très important et il faut penser à le proposer à des patients qu’on ne considèrent pas comme « handicapés » mais dont le maintien dans leur poste à moyen terme semble compliqué.

Il ne faut pas hésiter à le demander très précocement, cela peut toujours être utile, car les délais sont longs. Dans le 93, la moyenne de traitement d’un dossier est de 6 mois.

A noter que les décisions de la MDPH sont rétrospectives ( y compris financières).

Pour la RQTH, si le maintien au poste est en jeu il existe une procédure accélérée demandée par le médecin du travail. D’où l’intérêt de la visite de pré-reprise

 

Le dossier MDPH concerne effectivement majoritairement le handicap mais peut concerner aussi la maladie lorsqu’on se doute qu’elle va durer plusieurs mois, notamment dans le cas de l’AAH, si une personne n’a pas de droits aux IJ ou a des IJ très faibles, et dans le cas de la RQTH, car elle est toujours attribuée pour une durée limitée dans le temps (comprise entre 1 et 5 ans en général) et réévaluée.

Ce qu’il faut retenir c’est que la RQTH est à envisager dès que le problème de santé a une conséquence sur l’emploi.

 

Et que la notion de handicap telle qu’elle doit être comprise lors de la rédaction de ce dossier (par les médecins comme par les patients) n’est pas une liste de pathologies, ce n’est pas être en fauteuil roulant non plus, c’est un retentissement fonctionnel . « toute personne qui a du mal à conserver un emploi du fait de problème de santé »

80% des personnes RQTH en France sont atteintes de handicap dit invisible.

 

 

Et puis pour l’instant, je m’arrêterai là…car l’interne sera déjà en arrêt pour burn out …

Burn out: moi jamais

Je me considère comme la championne de l’anti burn out.

Je donne des leçons (oui j’aime bien donner des leçons) aux autres sur comme lutter contre le burn out, à mes proches, mes patients, mes collègues, mes internes.Je leur conseille du repos et du plaisir. Je repère d’ailleurs bien ceux qui vont droit dans le mur et en général l’avenir me donne raison.

J’ai fait tous les bons choix , et j’ai aménagé ma vie professionnelle et personnelle de façon à ce que la médecine reste un plaisir et jusqu’ici tout allait bien. Je m’épanouis vraiment dans mon métier, d’autant plus depuis que je suis maitre de stage et que je donne des cours à la fac et dans les autres activités que je fais en parallèle et je m’auto-félicite de comment je suis contente de moi.

Et du coup,ça m’a pris par surprise quand mon mini burn out est venu. Je dis mini parce que c’est pas un vrai, et que c’était très circonstanciel, mais pleurer dans la voiture tous les soirs en rentrant, compter les jours, compter les patients qu’il reste à voir…

C’est à cause de mes patients, ils ont eu des maladies, salauds de malades…

Jusqu’à maintenant, j’avais été préservée, ils étaient sympa mes patients, très peu malades finalement et surtout ils avaient la décence de pas mourir. En cinq ans d’installation,pas un seul décès. Et là, en peu de temps, pas mal de maladies graves, et dans la même semaine, plusieurs choses compliquées à gérér, deux fin de vies dont une patiente du même âge que moi, une patiente que j’aime beaucoup qui fait une bouffée délirante aiguë, une petite de 3ans qui a une grave maladie, gérer un patient qui est un proche . Et l’absence de mon interne qui vit des moments très difficiles.

Heureusement, les vacances sont arrivées, bien à propos, dur de lâcher le cabinet (c’est propre au burn out, de se sentir indispensable) mais cela m’a fait du bien. J’ai retrouvé mon frère et sa famille, mes neveux et mes nièces, partis faire le tour du monde, j’ai visité les temples d’Angkor, j’ai nagé au milieu du plancton phosphorescent. Le Cambodge est un pays dont on ne revient pas indemne.

Et demain, il faut reprendre et pour la première fois, je ne reprends pas le travail avec plaisir mais avec appréhension. Je n’ai pas spécialement envie d’y retourner mais surtout j’ai peur, peur de ne pas retrouver le plaisir de mon métier que j’adore, peur de compter les jours avant le week end (où je suis de garde d’ailleurs ce qui me désespère à l’avance), peur de compter les patients avant la fin de la journée, peur de ne plus aimer les gens .

Parce que vraiment, c’est pas dieu possible que moi je fasse un burn out. Bon si ça va pas demain, on dira que c’est le jet lag et après demain tout ira bien !!

Parce que jusqu’ici tout allait bien alors pourvu que ça dure …

 

Le disque rayé

Ce mois ci le Mededfr a invité à bloguer sur le sujet « Savoir dire non »

Je pourrais écrire sur tout le chemin parcouru pour apprendre à dire non, ce que j’arrive à peu près aujourd’hui mais encore faut-il savoir comment le faire!

Ce que je voulais juste faire c’est partager ce que j’ai découvert et qui m’a beaucoup aidé: la technique du disque rayé progressif expliquée ici par Dominique Dupagne.

Il s’agit de répéter à plusieurs reprises une phrase constituée de deux parties

-Une première partie empatique « Je comprends bien ce que vous me dites »

MAIS

-Une deuxième partie qui indique le refus « je ne peux pas »

et ça monte crescendo

C’est juste brillant!

A lire absolument!

Cela a changé ma vie, en tant que médecin généraliste mais dans tous les domaines.

L’autre chose qui a changé ma vie,c’est de comprendre que dès fois au lieu de dire non, il suffit parfois simplement de comprendre ce qu’il y a derrière la demande et de recentrer le problème mais bon,c’est une autre histoire.

Vous pouvez lire les récits de médecins et de patients qui ont blogués sur ce sujet

Armance Ni oui ni non bien au contraire

Bruits des sabots Dire non

Patiente impatiente Dire non. Etre entendu. Ou pas 

Ninoche Say What

Je suis aidant Le pouvoir de dire NON. Que la force soit avec nous

Les chroniques d’Hortensie Le jour où j’ai dit non

Hermine  Mon mot à dire

Lama Rtine Pouvoir dire non

Shayalone Dire non-Aux nombrils des mondes 

 

50 nuances de MSU

Cela va faire 4 ans maintenant que je suis MSU c’est à dire Maitre de Stage des universités, c’est à dire que je reçois des étudiants en stage dans mon cabinet.

D’abord, des externes, qui font des stages de 3 mois, j’en ai eu 4.

Ensuite des internes, de niveau 1, c’est à dire des médecins qui ont choisi la spécialité de médecine générale et qui effectuent un stage de 6 mois dans un cabinet pour la première fois.

J’en suis à ma cinquième interne.

Cela prend de l’énergie, du temps, il y a parfois des difficultés, mais c’est vraiment fantastique! Je m’épanouis vraiment à être maître de stage. Cela fait assurément de moi un meilleur médecin et je pourrais parler des heures de toutes les raisons qui font que c’est trop bien mais comme j’ai une réputation de bisounours, je pourrais manquer de crédibilité! Alors j’ai demandé sur twitter pour qu’à plusieurs on puisse convaincre ceux qui en doutent que vraiment c’est top d’étre MSU!

Parce qu’évidemment, il en manque et il en faut! Alors si vous y pensez depuis un moment sans franchir le pas, n’hésitez pas, si vous vous posez la question, c’est que vous serez à la hauteur! Contactez la fac la plus proche de chez vous! et puis il y a des formations.

Si vous avez des questions pratiques, n’hésitez pas à ma les poser!

En tout cas, à chaque fin de semestre,c’est un déchirement mélangé à un sentiment de fierté, un peu comme quand les enfants deviennent adultes et quittent la maison j’imagine!

Donc si vous en doutiez, voilà

50 bonnes raisons de d’être MSU 

1-on mesure ce qu’on a appris en 20 ans (ou X ans) de médecine générale, on se sent intelligent

2-on sait qu’au moins 7 D4 de sa fac par an entendront parler de conflits d’intérêts,de décision partagée, d’asthme de l’enfant, d’éducation thérapeutique,de médecine 2.0, de certifalacons et de Jaddo

3-on transmet la médecine que l’on aime, à la fois exigeante sur le plan scientifique et proche des personnes.

4-les jeunes sont savants, dynamiques, respectueux, ça donne envie de faire de la médecine avec eux

5-cela permet aux externes de découvrir tôt notre belle spécialité

6- les patients en ont deux pour le prix d’un 

7-cela participe à la reconnaissance de la médecine générale à part entière

8-celà a un effet anti burn-out démontré

9-cela permet aux patients de voir de temps en temps une autre tête que la notre

10-regarder ce qu’on fait est enrichissant et transmettre est satisfaisant

11-on enseigne ET on apprend plein de trucs

12-on peut informer sur les violences 

13-on se doit de travailler du mieux possible

14-c’est la meilleure réponse à nos déceptions pédagogiques pendant nos études 

15-on peut se servir des internes/externes pour examiner les pieds des patients 

16-ou pour prendre la tension aussi 

17-parce qu’entre les internes, les externes et ceux des collègues, y’a souvent du dessert ou des goûters

18-cela oblige à être meilleur, plus rigoureux,à se tenir au courant, histoire de pas passer pour un has been rétrograde 

19-parce que parfois il y a des familles vraiment nombreuses en consultation #JeTiensLePetitTuAuscultesLaMère

20-ça donne l’impression de pouvoir construire la relation ville/hôpital de demain

21-cela permet un double regard sur les patients ou une double oreille #MerciPourLeSouffleCarotidienDeMonPatientDiabétique

22-les journées passent super vite avec un étudiant motivé

23-cela oblige à bien remplir ses dossiers pour que le pauvre interne ne soit pas noyé

24-ou le cas échéant, cela aide à avoir des dossiers bien remplis par l’interne

25-on se souvient de nos angoisses et on essaie de faire en sorte que notre étudiant ne traverse pas les mêmes 

26-on passe d’un exercice solitaire à un exercice en équipe 

27-cela brise les automatismes inconscients, cela oblige à argumenter et à documenter notre pratique 

28-la joie de partager, partager les connaissances, partager les pratiques 

29-cela oblige à parler à l’étudiant devant le patient avec des mots compréhensibles par celui ci 

30-enseigner c’est le kif!

31-on reçoit l’énergie de la jeunesse de nos étudiants

32-on voit un jeune médecin prendre confiance en lui, s’autonomiser

33-on échange dans le respect et la complémentarité 

34-l’interne a des connaissances via les ECN et le prat l’expérience, le bon sens et la sérénité

35-nos erreurs nous servent de réflexions pédagogiques, on ouvre nos boites noires 

36-on se fait des petites bouffes ensemble

37-et même ça oblige à faire une vraie pause déjeuner!! (voire de se faire un jap)             (bon ça c’est mon ancienne interne <3 <3 <3)

38-la transmission du savoir faire et du savoir être 

39-l’émerveillement de les voir évoluer en 6 mois

40-on montre le côté positif de la médecine générale qui est souvent méconnu 

41-on reste jeune

42-on partage des valeurs

43-il n’y en a pas assez et beaucoup d’internes ne peuvent pas faire de SASPAS et 6 mois ce n’est pas assez!

44-pour éviter le kislapétisme (ne faites pas comme moi qui ait googleisé,ça n’est pas un vrai mot)

45-on peut proposer des RDV à nos patients avec les internes lorsqu’on est complet

46-cela peut être une (plutôt faible) source de revenus complémentaire non négligeable

47-on améliore le confort du cabinet et on finit même par acheter une machine  à café

48-on peut leur parler de la marguerite des compétences #Troll

49- on peut pécho! (bon là je dénonce Christian Lehmann) 

Et the last but not least !!!!!

50 -il nous remplace ou s’associe avec nous !!!!!!!

Bref, pour citer Farfadoc: MSU c’est bon mangez-en!!!

Vous aurez probablement reconnu certaines de mes participations. Quant au reste, merci à Brigitte Tregouet, Dr Boucle d’Or, Dr A Capella, Canevet Jean Paul,Jean Claude Soulary, Doc TacTac, Opale, Doc du 59, Med student, Doc Arnica,Petit Doc en herbe, Aton aha, Kikia, Doc Shadok, Bruits des Sabots, Mandine, Christian Lehmann, Delamare 

Et merci à Koibo pour le hashtag #50NuancesDeMSU

Une main gauche et demi

Je viens de relire quand je racontais mes deux mains gauches il y a plus de 4ans.

J’écrivais « La morale de l’histoire c’est que quand on a deux mains gauches, on assume. Plus jamais ( ne jamais dire jamais mais quand-même ) je ne touche à un implant »

Ne jamais dire jamais évidemment c’est une doctrine très sage. La vie qui m’apporte beaucoup de surprise me l’a appris.

Si on m’avait demandé les choses que j’étais sûre de ne jamais faire, j’aurai cité entre autres « ne pas écrire un article le 17″, »courir plus de 5 minutes » et « retirer un implant contraceptif »

Hier, je n’ai pas écrit d’article,j’ai couru une heure et aujourd’hui, j’ai enlevé un implant.

Autant vous dire que je ne sais plus qui je suis…

J’avais pris ma mésaventure de ce scalpel dans le doigt comme bonne excuse de ne plus rien faire, de laisser les gestes en particulier au niveau gynécologique à d’autres ou à mes collègues et je me laissais engluer dans mon petit confort.

Et puis comme je le racontais ici, l’émulation de twitter, des blogs et puis le fait de recevoir des internes m’ont donné envie de sortir de mon confort et de m’améliorer.

Je ne tremble plus de peur quand je pose des stérilets.

Bon,c’est pas encore ça! Le plus dur pour moi reste de couper les fils. La semaine dernière, mes ciseaux de coupaient pas, j’ai laissé la patiente en position, j’ai chargé un patient de garder la porte contre toute tentative de pénétration et j’ai couru l’étage au dessus chercher des ciseaux, après le stérilet est ressorti, pendant ce temps mon interne voulait rentrer passer une carte vitale, je lui criais « nan rentre pas », et je raconte pas la suite tellement c’est n’importe quoi!

Mais je n’abandonne pas!

Et quand j’en ai eu assez que les patients attendent mes vacances et la présence d’Elliot Reid ou d’adresser à mes collègues, je me suis lancée à la pose d’implant. Avec le nouveau système, faut dire que c’est pas très dur! Ca ne m’a pas empêché la première fois de pousser sur la languette et de mettre l’implant par terre …

Et puis quand la première patiente à qui j’ai posé un implant a voulu le retirer, ben je me suis dit que c’était cohérent de lui enlever….et je me suis entendue dire « lundi? »

Et puis lundi, aujourd’hui, ben je lui ai enlevé! et je me suis même pas mis le scalpel dans le doigt!!!!

Faut dire que depuis j’ai découvert, grâce à vous une fois de plus, la technique de l’aiguille/de la tente/du pie vert et il faut avouer que ça change tout.

Et j’ai bien fait attention à ne pas me piquer avec l’aiguille non plus!

J’ai même hâte de recommencer!!!

Voilà ma petite histoire du jour. J’ai l’impression que je suis un peu moins affreusement malhabile!

En ce moment, je me dis que je suis arrivée au bout de ce que la vie peut m’apporter. Je suis comblée mais personnellement et professionnellement je n’ai que peu de perspectives de changements, de surprises, d’adrénaline.

Et puis dès fois, comme aujourd’hui, des choses improbables me tombent dessus, des fois, j’y suis aussi un peu pour quelque chose c’est sûr, mais symboliquement, arracher ce bout d’implant du bras de la dame, c’est la preuve que la vie peut me surprendre et que je ne suis pas au bout des perspectives!

Oui je sais c’est accorder beaucoup d’importance à ce petit bout en plastique, mais on fait avec ce qu’on a :-)

(Bon cet article est complètement autocentré et j’ai vraiment du mal avec le fait de rebloguer et de raconter ma vie, je ne sais pas si c’est plus narcissique qu’avant ou si je m’en rend plus compte mais bon, ça me questionne

je publie quand même :-)

4 janvier

Dure dure la reprise, après 4 jours d’absence à faire la grasse matinée et à rester à la maison en famille. Ce matin, c’est dur pour tout le monde!

En discutant hier avec un ami qui me disait qu’il était impatient de retourner au travail, car il avait hâte de faire plein de choses qui l’attendaient, je me suis dit mince, j’aime pourtant vraiment mon travail, mais j’ai vraiment pas hâte d’y retourner.

Insomnie dûe au décalage des grasses mat, 4h de sommeil, ce matin c’est évidemment affreux, comme tous les matins d’ailleurs.

Matin très dur pour les filles aussi, « Vivre ou survivre » qui passe à la radio dans la voiture, je suis dans le thème.

9h04, j’arrive au cabinet, salle d’attente pleine mais on a vu pire.

Je me suis dit que pour me motiver,ce matin, j’allais noter dans ma tête et ici toutes les choses qui font que j’aime être là et qui me motiveront à venir demain matin remplacer le remplaçant alors que c’est ma matinée de congé.

Alors que je reprends un semblant de motivation pour me lever et attaquer, je lis les mémos et voit une demande de visite pour à midi, coup au moral!

Allez 9h17, il faut vraiment que je bouge mes fesses.

1er truc sympa:

Mme B, 80 ans qui ne parle pas français, accompagnée par sa fille , qui se lève m’embrasser la main quand je lui dis que ses résultats sont bien

(ce qui est sympa aussi, c’est qu’elle vient juste pour ça:c’est facile)

2ème patiente: elle vient d’emmenager, j’ai déjà vu ses enfants,je la vois pour la première fois pour un début de grossesse, et même si c’est une consultation très sympa, je ne suis pas contente de moi parce que je ne pose pas la question des violences alors que c’est une première consultation,qu’elle est enceinte et que je n’ai aucune raison de ne pas lui demander…

A 10h16: j’ai fait une mini holà de joie en voyant seulement 4 personnes dans la salle d’attente.

Ensuite, évidemment j’ai perdu le fil.

Parce que jusque là,j’essayais de noter à fur et à mesure ..

Cela m’a motivé pour commencer la journée…et puis j’étais lancée

La journée est passée…

10h non stop…

A peine le temps de manger ou de faire pipi…

Mais pas le temps de penser que ça me manquait

Il est 21H30, je viens juste de me poser, après être rentrée tard, m’être occupée et avoir couché mes filles…

Je ne voudrais absolument pas faire ça tous les jours…

Ca ne serait pas une vie…

Je n’ai vraiment pas envie de me lever demain matin..

Mais je n’ai jamais envie de me lever le matin, cela dit.

Mais ce que je sais, c’est que j’aime mon travail et que j’ai aimé cette journée malgré tout.

A cause de tout ce que je n’ai pas eu le temps de raconter et qui en fait toute la valeur, la saveur.

Evidemment du coup, comme je n’ai pas eu le temps de le raconter, cela rend très peu intéressant ce billet mais bon, je pourrais presque dire que j’ai hâte d’aller travailler demain.

Parce qu’aujourd’hui, ce fut un vrai plaisir de voir l’adorable Imany, que je suis depuis sa naissance, pour son vaccin des 16 mois, et de voir Joseph, 3ans, trop craquant, pour la première fois. La maman de Joseph, j’en avais déjà parlé, fait partie des patientes au parcours trop difficile, dont être le médecin traitant m’enrichi.

Il y a Mr B. octogénaire qui a doublé tout le monde pour m’offrir des gâteaux espagnols et me souhaiter la bonne année…

Oui la bonne année… encore et encore.. et la santé surtout…

C’est un peu répétitif mais certains patients sont vraiment gentils avec ça..

Moi même, j’ai probablement dit « et bonne santé » en éclatant de rire à des patients bien malades en leur disant aurevoir …

Je sais même avoir dit un « y’a plus de saisons » aujourd’hui..

Et un « putain de bonne année » à une vieille dame (c’est que disait sa télé au moment où je suis arrivée chez elle)

Aujourd’hui,j’ai eu une tirade de remerciements touchants d’une patiente.

On m’a adressé une nouvelle patiente, très jeune et très très malade, qui se sentait complètement abandonnée dans sa prise en charge pour plein de raisons. La tristesse de sa situation est un peu atténuée par le sentiment de pouvoir vraiment l’aider…notamment en appelant les fameux merveilleux coursiers sanitaires et sociaux dont je parle tout le temps. A chaque fois que je fais appel à eux, et c’est très souvent en ce moment, je me sens vraiment utile…

Et puis j’ai pris un patient avec une angine en plus!!  Rien que ça, ça valait la peine que je me lève!

Et j’ai commandé un tabouret confortable et une machine à café pour mon interne!

Qui vient demain, et ça aussi c’est un vrai plaisir et une vraie motivation pour demain…

Et au moins, ce soir, je ne pense pas que je fasse une insomnie…

Bref, le 4 janvier, ça c’est fait!

 

 

Billet du 17

Un joli commentaire reçu aujourd’hui m’a fait écrire ce billet (oui tout est la faute de MFS)

Juste pour la remercier…

pour ce gentil commentaire

qui m’a rappelé que ce que j’écris peut avoir un petit intérêt pour des gens.

Parce que j’en doute beaucoup en ce moment.

Donc merci à elle et à tous ceux qui me font la joie de leurs commentaires et de partager leurs réactions.

J’ai toujours rêver de chanter, je n’en ai pas le talent.

Ecrire a longtemps été un besoin pour moi, c’est moins le cas, ça m’attriste. J’écris moins mal que je ne chante mais je ne peux pas dire que je suis vraiment douée (d’ailleurs je n’ai pas d’éditeur:-) mais merci de me remotiver et de me rappeler que j’aime ça.

J’écoutais à l’instant le texte d’Aznavour dans le dernier album de Grand Corps Malade

Ecrire comme on parle et on crie …il nous restera ça ..

To refuse or not to refuse

« Ca dure depuis la semaine dernière, mais je n’ai pas réussi à avoir un RDV avec vous avant… »

« C’est mission impossible pour avoir un RDV avec vous »

Madame et Monsieur D. sont un couple d’octogénaires très attachants. Leur médecin vient de partir à la retraite et ils viennent avec leur dossier tout bien préparé. Je reprend leurs antécédents, la base, mais j’ai toute leur vie à découvrir, cela va se faire au fur et à mesure. Je me rend compte que j’ai très peu de patients âgés (je ne pense pas avoir plus de 10 patients de plus de 75 ans dans ma patientèle). Je me sens très incompétente du coup en gériatrie et je ne sais pas si c’est une bonne chose pour eux mais moi je pense que c’est enrichissant pour moi. En tout cas, je sais qu’ils sont soulagés d’avoir trouvé un nouveau médecin traitant,dans le contexte démographique actuel »

Madame R. a 33 ans, je la vois pour la première fois, je note « prise de contact » comme motif de consultations et je reprends les antécédents. Je sens dès que je la vois une force de caractère d’une personne qui a vécu des choses difficiles, ce sont des choses que j’ai appris à sentir d’instinct. Du coup encore plus que d’habitude, je m’efforce de poser la question des violences. J’ai beaucoup de patients migrants avec des parcours extrêmement difficiles. Et quand on le demande naturellement, ce n’est pas intrusif et en général lors d’une première consultation, je retrace naturellement une partie du parcours des patients. Madame R. venait pour des lombalgies. Elle me raconte son accident de voiture en Afrique avec fracture de la jambe allitée plus d’un an, le décès de son frère et de son père l’année suivante,son départ en Grèce, sa vie plusieurs années à travailler dans un hôtel, puis comment elle est arrivée seule à Paris, enceinte de 7 mois suite à un viol, pour recevoir des soins d’une grossesse très compliquée, puis sa vie depuis. Cette histoire comme tant d’autres font parties de mon quotidien. J’aime recevoir des nouveaux patients, des nouvelles patientes. Etre le nouveau médecin de cette patiente est ce que j’aime dans mon travail, parce que je me sens toute petite, que cela relativise mes propres problèmes et que cette patiente m’apportera beaucoup. Parce que j’aime les gens et découvrir leurs histoires. Et parce que je pense que je peux l’aider, que pour le coup, (ce qui n’est pas forcément le cas des précédents patients âgés avec des problèmes cardiovasculaires!!) je pense que je peux lui apporter des choses, parce que j’ai une sensibilité à m’intéresser à ce qu’elle a vécu, que je sais l’écouter et l’adresser aux bonnes personnes, parce que j’ai les coursiers sanitaires et sociaux à mettre sur le coup aussi si besoin.

J’ai passé 45 minutes avec elle, j’aurai pu recevoir des patients en plus que j’ai refusé.

L. est ado de 15 ans qui vient pour la première fois accompagnée de son père. Je laisse mon interne gérer la consultation pour vomissements. Je ne dis presque rien pendant la consultation. C’est vraiment très dur pour moi. Après plus d’un mois de stage, on en est à la mise en autonomie. Elle a vu sa première patiente toute seule et son enthousiasme fait plaisir. En consultation à deux, on parle toutes les deux mais je me force à faire quelques consultations sans intervenir. Cette consultation est pédagogiquement très riche ,par exemple,je la félicite d’avoir fait sortir le père pour l’examen mais la reprend sur la façon de le faire (ne pas demander « tu veux que ton père sorte »). Sans que ce ne soit nullement au détriment des patients, les nouveaux patients sont vraiment très intéressants en tant que maitre de stage pour laisser aux internes la main, et l’occasion de créer une relation avec les patients, ce qui est souvent plus difficile avec les patients que l’on connait bien.

« Vous avez attendu 2h30 pour votre renouvellement d’ordonnance… » « Ben oui, mais y’avait pas de RDV avant la semaine prochaine, alors jsuis venue à la consultation sans RDV »

« C’est ma voisine qui m’a conseillé de venir vous voir »

« C’est Mme …. qui m’a dit du bien de vous »

« Vous suivez déjà ma soeur, ma femme ,mes enfants et et ma belle mère.. »

Le bouche à oreille fait effet et c’est vrai que ça fait plaisir.

« Je ne suis jamais venu mais j’ai une angine »-> Sauver des vies de patients inconnus!!

Voilà donc l’ambivalence dans laquelle je me trouve.

Je ne suis pas assez disponible pour mes patients.

Je ne peux pas me résoudre à ne plus prendre de nouveaux patients.

Après cinq ans d’installation, j’arrive à un stade où ma patientèle déborde mes disponibilités.

Pourtant ma patientèle médecin traitant est faible, je n’en ai aucune idée en fait, il faudrait que je regarde mais au hasard je dirais 300 ce qui bien en dessous la majorité des médecins… sachant que cela ne prend pas en compte les moins de 16ans qui sont 35% de ma patientèle mais bon.

Mais je n’ai pas envie de refuser de nouveaux patients, je n’arrive pas à passer le cap.

Pour moi, parce que comme le montrent les exemples cités, les nouveaux patients m’apportent beaucoup. Ils m’apportent de la variété, du renouveau et des nouvelles rencontres. J’aime les nouvelles rencontres, je ne pourrais pas m’en passer. Cela voudrait dire. Voilà c’est fini, il n’y aura plus personne d’autre…pire qu’un mariage…

Et puis les patients qui me font confiance et m’adressent leurs voisins/familles/amis..

Chaque jour, j’ai en moyenne 2 nouveaux patients, je n’ai pas envie d’y renoncer.

Ensuite pour les patients…et pour le principe.. Si moi, jeune médecin, je ne prends pas de nouveaux patients, dans le contexte actuel de pénurie de médecins, avec tous les départs en retraite, qui va le faire …

Alors comment faire?

Travailler plus?

Non.

Ca, je suis sûre de moi.

Parce que déjà, je n’ai pas envie. En pratique, je travaille plus, j’allonge légèrement mes demis-journées mais je garde mes 2 matinées off et mon jeudi off. Mon bien-être en dépend.Je vois en moyenne entre 25 et 30 patients par jour. Je fais à peine 35heures par semaine (sans compter les gardes, la fac et les formations continues auxquelles je participe ou que j’anime). Je ne veux pas faire plus.

Et je pense que c’est mieux aussi pour les patients car les moments où je suis présente, je suis heureuse de l’être.

Et puis je suis convaincue que cela ne changerait rien,si je travaillais plus, ça ne serait toujours pas assez, et que l’on pourrait travailler jusqu’à minuit tous les soirs, il faudrait quand-même refuser des patients.

S’organiser différemment?

J’ai réfléchi et je réfléchis toujours à la façon d’optimiser l’organisation.

Je pense avoir la solution optimale même si cela ne l’est pas vraiment.

Le matin, c’est sans RDV. Beaucoup trouvent ça affreux mais moi je trouve ça bien. Surtout, cela me décharge d’une pression extrême de prendre les patients en urgence ou d’avoir à entendre des « il me faut absolument un RDV aujourd’hui  « je n’ai pas été travaillé hier mais je n’ai pas pu avoir de RDV, il faut dater mon arrêt d’hier »,il suffit de dire aux patients « il y a la consultation sans RDV »

Alors oui,c’est long et même moi ça me fait mal de les voir attendre deux heures mais c’est possible.

Et puis malgré tout,il n’y a pas la pression de l’heure comme sur RDV, ce ne sont pas les mêmes consultations et cela permet l’accès à des patients pour qui c’est difficile de prendre un RDV.

Et jusqu’à maintenant, cela se régulait pas mal, il faut venir avant 11h, et en j’ai très exceptionnellement fini après 13H30.Et je ne travaille que deux matinées par semaine, j’ai une remplaçante les autres jours. Mais il est loin le temps où à 11heures, c’était vide ou les patients voulaient tous voir ma collègue, maintenant les gens arrivent de plus en plus tôt et ces derniers temps, il y a eu des matinées apocalyptiques où je me suis demandée si j’allais pas mettre des tickets comme à la sécu. Et les gens viennent vraiment pour moi!

L’après midi, j’ai des RDV toutes les 20 minutes (malgré ça je suis tout le temps en retard, mais j’ai du mal à laisser des trous) et il y a genre 12 créneaux (j’en rajoute tjs un peu,avant et après mais bon) dont la moitié sont à donner le jour-même. Du coup ça fait peu de créneaux et les RDV sont pleins plus d’une semaine à l’avance et on dit aux gens de rappeler le matin même mais comme y a que 6 places, ils rappellent et c’est déjà plein, il sont vénère et bref c’est nul. Je ne trouve pas mieux cependant.

Et puis on travaille en groupe, il y’a toujours au moins un médecin le matin sans RDV, il y a des remplaçants et il y a les internes (mon niveau 1 et la SASPAS de ma collègue)

Donc les patients peuvent toujours voir un médecin le jour même, même si ce n’est pas moi,il faut qu’ils comprennent que c’est une chance, et moi ça me fait beaucoup déculpabiliser. Je n’ai pas la pression absolue.

Donc en conclusion, quoi faire de plus?

Des idées?

Pour l’instant, ma seule idée est de continuer comme ça. J’ai failli passer le cap le mois dernier et puis là,ça va un peu mieux, alors, non je ne refuserai pas de nouveaux patients pour l’instant mais je pense mettre une affiche sur ma porte pour expliquer à mes patients ce choix, m’excuser de la difficulté à obtenir des RDV, leur rappeler le travail en groupe. En fait,c’est leur avis, leur vécu à eux qui me manque et me stresse. Je devrais peut être faire un questionnaire pour explorer ça. Tiens je vais faire ça oui. Ou trouver un thésard :-)

 

 

 

 

 

J’ai changé ma bio

Aujourd’hui j’étais de garde puis je devais aller courir (oui maintenant je cours,ça fait parti de toutes les choses inquiétantes qui m’arrivent depuis que je n’écris plus ) mais j’avais une entorse alors je me retrouve seule et désoeuvrée (ma famille est en vadrouille).

Je peux pas faire de ménage rapport à ma cheville (qui en vrai va largement assez bien pour que j’en fasse),tous les trucs en haut de ma todolist sont faits (c’est à dire les trucs à faire impérativement avant hier, j’a même voulu aller payer ma taxe professionnelle et je me suis rendue compte que j’étais mensualisée , ah ah, je suis trop forte, je suis allé voter (oui semble-t-il aujourd’hui il faut le dire qu’on a voté-pour ne pas se faire hurler dessus au moment des résultats j’imagine ) je me suis déjà prélassée devant un bon téléfilm de noel en buvant du chocolat chaud sur le canapé, et donc c’est vraiment le moment où jamais d’écrire un billet de feu ce blog.

J’avais promis pourtant et puis y’a eu les attentats et ce que j’allais dire me semblait encore moins intéressant. J’ai plein de choses à raconter mais du coup c’est un peu compliqué là comme ça..Comme si après des mois sans rien dire, fallait un peu qu’il y ait un intérêt pour dire quelque chose …

La prochaine fois, j’écrirai un truc sans trop d’intérêt , mais comme ça fera pas des mois que j’aurai pas écrit, ça passera plus inaperçu.

Donc aujourd’hui c’est un billet qui sert à rien pour que le prochain billet semble moins nul en comparaison!

Voilà. Le billet d’aujourd’hui remplace tous les billets du 17 que je n’ai pas écrit depuis longtemps (y compris le billet de bilan annuel)

En plus aujourd’hui, j’ai changé ma bio de twitter

C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup

La bio sur twitter c’est le truc qu’il y a sur la page qui nous présente.

Ca faisait plus de 4 ans que je l’avais écrit (sur une impulsion la nuit) et j’ai eu de nombreuses remarques pour dire que c’était agaçant et dépassé de lire ça ,

« Jeune généraliste récemment installée en Seine-Saint-Denis. Fan de Jaddo et Fluorette qui découvre grâce à elles le monde parallèle et attirant de twitter. »

Oui bon d’accord,c’est un peu réchauffé…

Oui mais voilà c’est dur pour moi de toucher aux choses et de les faire évoluer, de tourner des pages. Je suis très attachée aux choses du passé et j’ai un certain immobilisme. J’ai du mal à jeter les choses, à bouger les meubles de place. Il ne me viendrait jamais à l’idée de changer ma photo de profil ou mon nom sur twitter (rien que l’idée me bouleverse) pas plus que de mettre mon journal intime de quand j’étais jeune (avant que j’aie un blog quoi:-) à la poubelle (mon dieu quelle horreur) et je ne vous parle pas des milliers de souvenirs que j’entasse.

Bref, changer ma bio c’était quelque chose…

Mais faut avouer que jeune, je ne le suis plus trop …

Je me suis fait draguer dans la rue, j’ai répondu « you know i m old…i m married, i have children… »  des fois j’ai l’impression que je suis au bout de ma vie :-)

Les internes à qui je donne des cours, y a pas moyen, ils veulent pas me tutoyer, je leur dis, je leur redis, c’est pas de la politesse, au début d’accord, mais après je leur donne l’autorisation, ils essaient ..mais le naturel revient et ils me vouvoient…parce que je suis vieille.

J’ai changé de binôme pour mon interne. C’est à dire que l’on est deux maitres de stage à encadrer un interne. Ma nouvelle binôme est toute jeune. J’ai dis « c’est bizarre habituellement il y a toujours un maitre de stage junior et un sénior… » Je me suis arrêtée en comprenant que le sénior du binôme c’était moi…

Donc je suis vieille, et je me suis installée il y a 5 ans déjà , et j’ai commencé les remplacements dans ce cabinet il y a 8 ans… Ca me fait drôle, je vois des adultes que j’ai connu à 13 ans, des enfants dont j’ai suivi la grossesse et qui vont à l’école… j’ai ma patientèle bien solide, et qui déborde même, tellement que je ne sais plus comment faire… je me sens légitime à enseigner aux internes, forte de cette expérience de plusieurs années, des années qui m’ont fait grandir en tant que médecin, je me regarde il y a 5 ans ,et je me rend compte comment j’ai évolué.

Même depuis deux ans..Ma première interne d’il y a 2ans est venue cette semaine passer la journée au cabinet (pour se refamiliariser avec le logiciel avant son premier remplacement) ça nous a fait un retour en arrière à toutes les deux (menu P comme papa au resto japonais, ça a fait un peu madeleine de Proust), j’ai pas arrêté de me rendre compte de mes changements « ah oui y a 2 ans, je posais pas de stérilets, et faisait pas de frottis » « ah oui y’ a deux ans, j’étais pas obsédée des violences  »  Je me rend compte de mon évolution progressive… Enfin pas sur tout « ah oui y a deux ans, je mettais déjà trop d’antibios sur les streptotests douteux  »

Donc je ne suis plus jeune, je ne suis plus récemment installée

Mais je suis toujours en Seine Saint Denis…

Et je ne découvre plus twitter, j’en ai déjà parlé et reparlé sur tout ce que cela m’a apporté et cela serait sans fin… Maintenant parfois (pas aussi souvent que je le pourrais, mais je ne veux pas avoir l’air obsessionnelle) je le fais découvrir à des jeunes médecins…et je suis sûre que ça leur sera bénéfique .

Suis-je encore fan de Jaddo? :-)

Evidemment!

J’ai la chance d’échanger beaucoup avec elle. J’aime d’un amour profond la personne qu’elle est en vrai et souvent j’oublie que en plus cette personne merveilleuse (oui parce qu’il y a une cohérence :-) est Jaddo.

Et quand ça m’arrive, je suis toujours aussi fan, mais ça ça changera jamais

Et tellement reconnaissante aussi, pour tout ce qu’elle m’a , directement et indirectement apportée.

Fan de fluorette aussi, toujours, de sa belle plume, et de la belle personne.

Et fan de tous les autres aussi, tous ceux que j’ai découvert après avoir écrit la bio, qui m’ont enrichie, guidée, aidée, fait grandir et appendre ,et que je remercie…

Bref j’ai changé ma bio