Ces twittos que l’on aime

Pour continuer dans la série des gens que j’aime

Il y a Babeth.

Babeth est une belle personne…

Je suis heureuse de la connaitre.Elle est auxiliaire de vie, elle prend soin des gens, avec bienveillance et amour.

Nous avons en commun une année particulière, une naissance,un deuil, ainsi que notre amour des gens.

Elle est l’auteur du blog « Vieux et Merveilles »

Elle a écrit ce texte poignant (attention, ça prend aux tripes):

 »

99 ans

Qu’est-ce qui m’arrive?

J’ai quatre ans. Ma mère pleure. Mes parents m’avaient dit qu’un bébé allait arriver. Maman avait un gros ventre et elle souriait beaucoup. Et puis hier, elle a arrêté de sourire. Elle a crié, beaucoup. le docteur est venu dans la soirée. J’étais dans ma chambre et je ne dormais pas, j’entendais ma mère crier. Et subitement il y a eu un grand silence. Ma mère ne criait plus. Elle pleurait, et mon père aussi. Le docteur est reparti. Le lendemain matin le ventre de maman était moins gros. J’ai demandé si le bébé était arrivé. « Oui et non ». Maman a passé une semaine au lit à pleurer, papa est retourné travailler. Je n’ai pas eu de petit frère.

J’ai soif. Bon Dieu que j’ai soif!

J’ai dix ans. Papa n’est pas rentré du travail. Le voisin est venu nous voir, il nous a parlé d’un accident. J’ai pas très bien compris. Maman pleure. Mamie aussi. Moi je ne sais pas ce que je dois faire, parce qu’on ne me dit rien. Je crois qu’il faut que je pleure aussi.

Si seulement je pouvais enlever cette barrière! Il faut que j’aille aux toilettes et je suis prisonnière de mon lit!

J’ai 15 ans. L’école est loin derrière moi. Maman travaille beaucoup mais son salaire ne suffit pas pour toute la famille, alors il faut bien que j’aille à l’usine moi aussi.

Mais pourquoi personne ne vient? Tout le monde dort? Si seulement je pouvais appeler. Cette fichue voix qui est partie depuis des années.

J’ai 20 ans. Je viens d’épouser Robert. C’est un bon garçon, gentil et travailleur. Maman l’aime beaucoup, elle trouve qu’il ressemble un peu à papa.

Trop tard, je me fais dessus. Je suis trempée. Je me sens sale.

J’ai 25 ans. Nos filles sont les plus jolies du village, foi de maman! Mais deux enfants, c’est du travail. Robert voudrait un fils. On va essayer encore.

Encore trois heures avant l’arrivée de l’infirmière. Trois heures avec cette humidité collée aux fesses. Impossible de me rendormir.

J’ai 32 ans. Quatre filles et un garçon, on pourra dire qu’il s’est fait désirer celui-là! Deux garçons en fait. Mais le petit Charles n’a pas vécu très longtemps, le premier hiver a eu raison de sa santé fragile.

Ma voisine est réveillée, j’entends sa radio. Je renonce définitivement à mon sommeil.

J’ai 45 ans. Je viens d’enterrer maman. Elle a passé sa dernière année de vie avec nous, à la maison. « Une longue maladie » comme on dit. Une sale maladie. Finalement sa mort est presque un soulagement. Elle était tellement fatiguée!

L’infirmière arrive enfin. Dommage qu’elle commence sa tournée par le début du
couloir.

J’ai 58 ans. Les enfants ont quitté la maison. Ils sont tous mariés, sauf Marie. Mais Marie, c’est différent. Elle a fait des études, elle n’avait pas le temps de trouver un mari. Mais maintenant, ça va, elle a un métier, elle va pouvoir se trouver un gentil garçon.

« Vous avez encore fait pipi au lit mamie? » Je déteste cette bonne femme. D’une part je ne suis pas sa mamie, d’autre part inutile de me rappeler ce que j’ai fait, je le sais très bien, merci!

J’ai 70 ans. Robert et moi venons de fêter nos noces d’or. On a fait une belle fête, avec les enfants et les petits-enfants. Le petit Adrien n’a que quelque mois et c’est le portrait craché de son père au même âge. Je pensais que Marie aurait profité de l’occasion pour nous présenter quelqu’un mais non. Elle dit qu’elle est bien comme ça, toute seule.

Et voilà, elle m’a encore collée dans ce maudit fauteuil devant la télé à fond. Elle le sait, pourtant, que je préfère rester dans ma chambre le matin. « Il faut voir du monde mamie, vous allez pas rester toute seule quand même? » Et si j’ai envie d’être seule moi? Et si j’ai pas envie d’être bloquée devant un écran que je ne vois même pas à écouter beugler les animateurs toute la journée?

J’ai 74 ans. Robert n’est plus là. Un matin, il ne s’est pas levé, il était mort. Aussi simple que ça. 54 ans de vie commune. 6 enfants, dont 5 vivants. 9 petits-enfants. Une vie bien remplie, comme dit ma voisine Louisette. Et maintenant, une vie sans lui. Vide. Les petits-enfants viennent de temps en temps, surtout pendant les vacances. Mamie-gâteau mamie-nounou, c’est bien commode. Le reste du temps, je ne vois pas grand-monde.

Quelle heure peut-il bien être?

J’ai 78 ans. Marie s’inquiète pour moi. Elle trouve que je ne mange pas assez, et puis le ménage, ça devient difficile non? Elle me parle d’aide-ménagère et d’infirmière. Si ça peut lui faire plaisir, pourquoi pas? Mais je ne vois pas ce qu’elles vont faire, je me débrouille très bien toute seule. Louisette a une femme de ménage, il parait qu’elle est bien. Marie va lui demander si elle pourrait aussi venir chez moi.

Qu’est-ce que c’est que ça? Ça a vaguement le goût de carotte mais ça n’en a pas la consistance. Et cette mégère qui veut faire entrer la cuillère de force, elle ne voit donc pas que j’en ai encore plein la bouche?

J’ai 82 ans. Je regarde Véronique s’affairer dans la cuisine. Elle renifle. Je crois que la mort de Louisette l’a beaucoup affectée, elle l’aimait bien malgré son caractère difficile. Les petits-enfants ne viennent plus. Ils ont grandi eux-aussi, la vieille mamie-nounou est devenue trop ennuyeuse. Quant aux enfants, ils ont leur vie comme ils disent. Heureusement que Marie n’habite pas très loin, elle passe tous les dimanches.

Quelle heure est-il? La mégère a décrété que je n’avais pas faim et ne m’a pas donné de dessert. C’est juste que je n’aimais pas la purée. Mais forcément, quand on ne peut pas parler…

J’ai 87 ans. L’an dernier je suis tombée dans la rue. Oh, rien de grave, mais il a quand même fallu appeler les pompiers, je ne pouvais plus me relever. L’ambulance, l’hôpital, Marie qui venait me voir tous les jours. Je suis restée deux semaines, tout le monde était très gentil. C’est Marie qui est venue me chercher à la sortie, mais elle ne m’a pas ramenée à la maison. Elle m’a amenée ici, à la « résidence du chêne », et elle m’a dit que c’était ma nouvelle maison désormais, que c’était mieux comme ça, que je n’allais plus être toute seule. Elle m’a montré ma chambre, mes nouveaux meubles, mes affaires pliées dans l’armoire. Elle était contente d’elle, elle n’arrêtait pas de sourire. Elle me disait que j’allais être bien ici. Mais de quoi elle se mêle? Et ma maison? Et mes meubles? Et Véronique?

J’ai soif. Et j’ai envie d’aller aux toilettes. Et puis j’ai mal au pied. Et à la tête. Est-ce que quelqu’un pourrait éteindre cette fichue télé?

J’ai 92 ans. Les enfants ont vendu ma maison pour payer la maison de retraite. Ils ont gardé quelques meubles et ont donné le reste. Ils ont donné mon lit. Le lit que j’ai partagé avec Robert pendant 54 ans. Le lit dans lequel ils sont nés. Le lit dans lequel leur père est mort. Personne n’en voulait, alors ils l’ont donné. Ils ne m’ont rien demandé, à moi, leur mère. Normal, je suis une vieille femme qui ne parle plus depuis la mort de son fils. Le deuxième, celui qui avait survécu. J’ai trop pleuré et trop prié, les mots n’arrivent plus jusqu’à mes lèvres maintenant. De toute façon, je n’ai plus rien à dire.

Quelqu’un bouge mon fauteuil, ça doit être l’heure du goûter. Un café tiède et une compote, comme tous les jours. Mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça?

J’ai 99 ans. 100 ans dans un mois. C’est l’effervescence à la maison de retraite. Pensez-vous, une centenaire, ici, c’est quand même la preuve qu’ils sont bien traités nos ptits vieux! Il y aura le maire, la gazette locale, et puis la famille, ça fera bien sur la photo!

Je suis fatiguée, tellement fatiguée. La compote ne passe pas. Je n’entends plus la télé, quelqu’un a enfin eu l’idée de l’éteindre. Tiens, je n’ai plus mal à la tête, c’est agréable. Mais qu’est-ce que je suis fatiguée tout à coup! Je vais dormir un petit peu. Juste un petit peu avant le repas, une petite heure, dans le fauteuil.

J’ai 99 ans. Ma vie a été longue, surtout la fin. Je n’aurai pas 100 ans.  »

 

Si vous voulez en savoir plus sur Babeth,

Si vous voulez lui dire que vous l’aimez

Si vous voulez l’aider, elle en a besoin,  afin qu’elle puisse continuer à prendre soins des autres

vous pouvez la retrouver ici.

 

 

Ce que j’écris sur mon ordonnance

J’ai 23 ans, je suis interne, je rédige ma première ordonnance à moi toute seule! Qu’est ce que j’écris?

C’est mon premier stage, je suis en médecine interne/diabétologie. Je connais toute la médecine parfaitement sur le bout des doigts, ça va être trop fastoche ce truc de docteur!

Alors, le patient diabétique est sortant, il faut que je fasse son ordonnance de sortie.

Fastoche: j’écris:

Mr X ,  la date, de ma plus belle écriture, limite avec des ptits coeurs sur les i

Règles hygiénodiététiques bien menées

Activité physique 30 min deux fois par semaine minimum

Antidiabétiques oraux, metformine et sulfamides pour objectif glycémie à jeun <1.2

Statines (car LDL>1g)

IEC ( à visée néphroprotectrice car microalbuminurie positive)

Et ma plus belle signature (j’ai passé des heures à essayer de trouver une belle signature de docteur et j’ai pas trouvé, jfais un gribouillage)

Voilà, elle est trop belle ma première ordonnance, comme je l’ai apprise!!

Car, c’est à peu près ce que j’ai appris pendant mes 6 ans d’études!

Mais ça ne va pas, car si on m’a formaté pour apprendre des mots clés, et bien en fait on ne m’a pas appris à rédiger des ordonnances.

Bien sûr, j’ai eu des cours de pharmacologie, des tonnes même, les mécanismes des médicaments, comment ils agissent sur les cytochromes P450 et plein d’autres trucs hyper calés, j’en ai bouffé même de la pharmacologie, je sais plein de choses, que la metformine il faut l’arrêter 48h avant un scanner (à l’époque) sinon ça pouvait donner une acidose lactique, les IEC, j’ai encore en tête le schéma de leurs actions sur les artères rénales, je sais que ça fait tousser des fois et que les statines donnent des rhabdomyolyses, je peux plus voir en peinture les tableaux d’objectifs du LDL en fonction du risque cardiovasculaire, je connais même pas mal de médicaments en DCI (dénomination commune internationale), seulement voilà, ce n’est pas ce qu’on attend de moi…on attend de moi que sur l’ordonnance, je mette des noms de médicaments, des noms commerciaux en l’occurence …

Le problème, c’est que ça, on ne m’a pas appris…je connais les classes de médicaments, par exemple « statines » ou « IEC » mais à l’intérieur de chaque classe, il y en a plusieurs, prenons par exemple les statines dont on parle tout plein en ce moment : il y en a tout plein: simvastatine, pravastatine, fluvastatine, atorvastatine, rosuvastatine. Cela, c’est la DCI. A l’hôpital, parfois il y a des médecins qui prescrivent en DCI mais la plupart du temps, les médecins prescrivent en noms commerciaux…que je ne connais pas…et pour chaque DCI il y a plusieurs noms commerciaux par exemple pour la fluvastatine: Fractal et Lescol , et puis plusieurs dosages aussi …

Bon ben alors me voilà bien…en fait je ne sais rien, j’ai tout à apprendre.

Mais ouf , en fait pour mon ordonnance de sortie, j’ai simplement à recopier le traitement qui est dans le dossier du patient, celui qu’on lui donnait tous les jours..

Ouf, de ma plus belle écriture, j’écris donc:

Glucophage 1000: 1 cp 3 fois par jour

Daonil 5: 1 cp 3 fois par jour

Actos 15: 1/j

Cozaar 50: 1/j

Crestor 10mg: 1/j

Bon ,faut bien que je retienne ça! Puisque je ne connais pas les noms des médicaments, ça ne va pas être si facile que ça finalement l’internat, en plus de gérer mes patients,d’essayer de pas les tuer, de faire leurs observ, de prescrire les examens complémentaires,d’apprendre les protocoles du service, de faire les gardes aux urgences et tout plein de trucs encore, faut que j’apprenne les noms des médicaments.

Je vais retenir un ou deux noms par classes, un ou deux dosages et à force, ça va bien rentrer…allez je repète 3 fois: glucophage, daonil, actos,  cozaar, crestor…ah oui crestor c’est facile à retenir, on a eu un ptit dej pour le premier jour de stage sponsorisé par le labo, j’écris donc sur le bloc note crestor….

Oui, je sais que le cozaar n’est pas un IEC , c’est un sartan, mais je ne sais plus pourquoi, ma chef prescrivait plutôt du cozaar…Elle m’avait donné la raison, je l’ai oublié, par contre je me rend compte là tout de suite que j’utilise toujours le cozaar…

Mes premières gardes aux urgences, ma première rhinopharyngite!! Oh mon dieu, qu’est que l’on peut bien donner pour une rhino, s’il vous plait, s’il vous plait que quelqu’un me donne le nom d’un sirop pour la toux. Je suis tellement contente que mon chef me donne des noms de sirop ou autres pschit dans le nez que je les note sur mon bloc motilyo ( oui Mme Motilyo me l’a donné quand elle est passée, c’est quand-même super le motilyo, c’est pratique pour ceux qui avalent pas les comprimés, ça fond dans la bouche!!) pour pas oublier la prochaine fois!

Ca y est, je suis en stage chez un médecin généraliste, chez trois même, la rhino je maitrise, j’ai pris exemple sur  l’un deux et mes habitudes sont faites maintenant, c’est doliprane, rhinofluimucil et hélicidine.

J’apprends presque tout lors de ce stage, en particulier  avec mon médecin ce héros. Je calque mes prescriptions sur les siennes.

Sur mes trois maitres de stage, une seule recoit des labos, ça change un peu, ça détend mais je sens bien que jsuis trop influençable et qu’avec mon esprit critique peu développé, jsuis une cible facile. Je me souviens que depuis que le labo est passé, je prescris du xyzall, mais je ne sais plus pourquoi…

Selon le maitre de stage, je prescris différemment, pour coller à leurs habitudes. Par exemple, pour les AINS: l’un prescrit du bi-profénid (je trouve ça plutôt bien, le labo aux urgences m’avait expliqué que il y avait une forme rapide couplée à une forme LP), l’autre prescris souvent du nexen, quand elle veut un AINS pas trop fort…Par mimétisme, j’ai prescris des années du nexen et je prescris encore souvent du bi-profénid.

Dernier stage, dans quelques jours, j’ai fini l’internat, la boucle est bouclée, je finis par un stage de diabéto..Je suis enceinte de 7 mois et demi et je m’amuse à me faire offrir des cadeaux , des tasses et des stylos par le laboratoire Lilly. Oui, ma fille va s’appeler Lilly et c’est marrant, je ne sais pas pourquoi je veux l’écrire L I L L Y, quand on y réflechit, c’est pas logique de mettre deux L mais ça me semble naturel de l’écrire comme ça, peut être l’habitude de le voir écrit ainsi….

Je mange pour deux, je dévore les ptits fours du staff du midi avec un grand plaisir…un labo est venu nous parler de nouvelles molécules hyper prometteuses dans le diabète de type 2, par un nouveau mécanisme, une histoire de dégradation du GLP1, je ne sais plus du tout mais qui semble enthousiasmer tout le monde.

J’ai 27 ans, je suis remplaçante. Chaque jour, je suis face à des situations nouvelles, j’apprends des nouvelles choses et pour le reste, je compte sur mes acquis.J’ai des automatismes, pour telle pathologie, je prescris tel médicament et je ne change pas beaucoup. Je « copie » un peu mes remplacés quand même, c’est logique.

Par exemple, pour les statines, je prends l’habitude de prescrire simvastatine et en DCI parce que mes remplacés font comme ça (et même si les cardios ne jurent que par le tahor 80 en prévention secondaire)

Après quelques remplacements divers et variés, je fais maintenant des remplacements réguliers. Mes remplacés ne recoivent pas les labos, moi non plus, du coup,ça fait un bail que je ne les vois plus non plus.

Souvent, O. Et B. me font des remarques constructives, du genre.. « tu sais les PSA, nous on ne les prescrit pas parce que … »….et sur les médicaments pareil « tu prescris beaucoup d’ibuprofène quand-même… »

J’ai 29 ans, je m’installe. Du coup, je décide de m’abonner à Prescrire,il est temps quand- même…

Un jour, je tombe sur un article sur le nexen. Oh mince, c’est vraiment pas bien le nexen …c’est même affreusement pas bien …

Mais bon, quand-même « ce sont un peu des ayatollahs Prescrire, si on les écoutait, on prescrirait plus rien et même pas de rhinofluimucil » (en fait, je me cite moi-même dans mon blog ici il y a plus d’un an), c’est comme le diantalvic qu’ils viennent de retirer, ça m’énerve!

C’est l’hiver, j’en ai marre d’écrire tout le temps la même chose! Je prépare des ordonnances type!

Rhino: doliprane/ibuprofene/rhinofluimucil/helicidine

gastro:motilium/smecta/loperamide/spasfon/doliprane

lumbago:bi-profenid/doliprane ou ixprim/+/-omeprazole/tetrazepam/voltarene emulgel

varicelle:doliprane/primalan/biseptine/septivon

Et puis, je découvre twitter,les médecins blogueurs, atoute… je subis une nouvelle influence!

et mince alors, on peut même plus prescrire un sirop pour la toux sans culpabiliser….

et le rhinofluimucil est déremboursé…et l’histoire des pilules (tiens ça me rappelle quand le labo était venu en gynéco annoncer la bonne nouvelle « varnoline continue la première pilule de 3è génération-c’est à dire moins dosée donc moins d’effets secondaires-remboursée)

je lis de plus en plus Prescrire, je viens même de m’inscrire au test de lecture pour être lecteur émérite moi aussi, y’a pas de raison….

Mes dernières barrières viennent de tomber, bon OK d’accord, il s’avère que finalement ils ont plûtot raison Prescrire! Et chaque nouveau « scandale » sanitaire leur donne raison.

Je suis passée de « Je ne me pose même pas de questions » à « Je sais qu’il faudrait que je prescrive des génériques ou je sais ce que dis Prescrire mais bon voilà quoi,ils exagèrent dès fois » à « Je sais ce qu’il faut faire, je n’y arrive pas encore mais je lutte pour essayer d’y arriver »

Pff…c’est chiant!!

C’était plus facile avant …

Je n’utilise presque plus mes ordonnances toutes faites. Le glucophage est devenu metformine depuis longtemps, le crestor n’a pas survécu longtemps, l’actos ahahah est retiré du marché, le cozaar et bien il arrive toujours dans ma tête et sur mon ordonnance en premier, la simvastatine qui est un bon choix est en train de se transformer en pravastatine qui est un encore meilleur choix, le motilium (et non pas le motilyo) est encore quotidiennement sur mes ordonnances mais avec un « C’est mal, c’est mal » à chaque fois, le primalan est en train de se muer en polaramine mais il se heurte encore à mes propres difficultés à prescrire un médicament non remboursé, le bi-profénid est talonné de très près par le diclofénac,le tétrazepam, faut que je me penche sur la question, l’ibuproféne et les sirops pour la toux ne sont plus là, sauf en cas de demande forte et le sterimar fait concurrence au pivalone, mais je suis toujours en deuil du rhinofluimucil.

Cela ne fait pas encore 10 ans que l’on m’a donné le pouvoir de prescrire, le  Permis de Tuer comme j’en parlais ici, mais déjà mes ordonnances ont évoluées…dans le bon sens j’espère…

Ce que j’écris sur mon ordonnance aujourdhui, comme ce que j’écrivais sur mon ordonnance il y a 10 ans est le résultats d’influences…

Influence de ma formation théorique mais surtout influence de ma formation sur le tas lors de mon internat. Cette formation initiale est elle-même fortement influencée par les laboratoires pharmaceutiques. J’ai subi l’influence de mes chefs à l’hôpital, des spécialistes qui donnaient des avis, des labos qui faisaient des pots et des visiteurs médicaux qui attendaient des heures dans le couloir pour me voir.J’ai subi l’influence de mes maîtres de stage, un stage de 6 mois qui a eu une énorme influence sur mes ordonnances de l’époque et d’aujourd’hui encore. Que ces maîtres de stage reçoivent ou non les labos et soient eux-même sous leur influence n’était pas à priori un critère de recrutement, qu’ils prescrivent du nexen ou des PSA non plus…J’ai eu la chance, la grande chance de remplacer deux médecins qui ne recevaient pas la visite médicale, qui lisaient Prescrire et Pratiques, je n’ai pas subi l’influence des labos depuis…J’ai eu la chance de sortir de l’obscurantisme, grâce à eux, grâce à twitter, grâce à tous ceux que j’ai rencontré, même si c’était bien plus simple avant….

Oui, je suis influençable et je le sais.Oui, je m’en rend compte maintenant, j’aurai dû mieux écouter à la fac les cours sur la lecture critique d’article et sur l’evidence base médecine. Je sais que j’ai toujours été fainéante et toujours préféré que quelqu’un en qui j’ai confiance me dise: « Ca, c’est bien, prescris ça ».

Mais, de toute façon, tout le monde est influencé par la visite médicale, qu’on se l’avoue ou non, les études le montrent.

Il ne faut pas se voiler la face et se dire « Moi, ça ne m’influence pas ». D’une part, c’est faux et d’autre part, dans ce cas là,à quoi bon les recevoir? Autant ne pas perdre son temps.

Le plus inquiétant, c’est vraiment que les labos sont omniprésents au moment où l’on débute, où tout se joue, où les automatismes se créent, où l’on est rendu vulnérable par la difficulté de ses années d’internat.

Cette influence au moment même où l’on est censé apprendre, se former ne peut pas être acceptable car c’est là on où apprend à devenir le médecin que l’on sera toute notre vie.

J’ai eu de la chance et dans mon cas, je pense que ce n’est qu’une question de chance que mes influences (Mon médecin ce héros, mes remplacés, O et B, et les médecins de twitter, Borée, Dominique Dupagne et Farfadoc mon ultime héroine) m’aient menée dans ce qui me semble être la bonne voie.

J’ai conscience que pour certains, cette influence est probablement la mauvaise et je suis peut-être une pimbêche de la secte Prescrire qui n’a aucune conscience des réalités.

Mais, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que l’influence des labos pharmaceutiques n’est pas une influence positive, quoi que l’on veuille en dire, leur but est commercial, un point c’est tout. Leur but est de faire vendre leurs produits, ni plus, ni moins, pas de soigner les gens avec la meilleure efficacité possible et le moins d’effets secondaires. Non, ce n’est qu’une histoire d’argent.

C’est bien embêtant parce que c’est un lobby puissant, qui emploie de nombreuses personnes et à un impact économique certain, je ne veux m’en prendre à personne mais ce que je ne veux pas, c’est que ce que j’écris dans mes ordonnances soit sous l’influence de publicités dont le but est purement de faire de l’argent.

Après le scandale du médiator, des glitazones, des pilules de 3ème génération et tant d’autres,on ne devrait pas tolérer que la formation des médecins que ce soit la formation initiale ou la formation continue soit de près ou de loin sous l’influence de firmes dont le seul but est de faire du profit.

Si vous avez du mal à le croire, je vous invite à regarder l’émission Les Infiltrés demain sur France 2 vendredi 22/02 à 22h35.

Je vous invite très fortement à lire l’article de Farfadoc « Votre médecin, vous le voulez avec ou sans pub », et l’appel des 50 médecins généralistes en 2007

Je vous invite à lire le parcours de Matthieu Calafiore sur le sujet et l’article de Docgécé.

Et si vous voulez faire des mots croisés pour réflechir à la question, c’est ici chez euphorite.

Et surtout, je vous invite à lire les articles de Bruit des sabots (123) un interne bien plus éclairé que je ne l’étais et de signer sa pétition en ligne « Chut,pas de marques »

Oui, parce que je sais bien que ça changera pas le monde mais comme je l’ai déjà dit: les petits ruisseaux….

Petit ajout tardif:

Si vous avez loupé l’émission Les Infiltrés et c’est bien dommage, vous pouvez lire la retranscription de Dr Kalee dans son chouette blog tout neuf : 1ere partie 2eme partie

1 an et 6 mois

« On est le 17! » ai-je entendu plusieurs fois aujourd’hui,et ça m’a fait plaisir!

On est le 17 et je m’endors sur mon clavier parce que j’ai cru que 17 ans j’avais et la nuit à papoter j’ai passé

On est le 17 et j’attendais ce 17 février comme une belle journée qui s’annonçait et une belle journée ça a été

On est le 17 et je suis plus riche que le 17 dernier: riche de rencontres, riche de sourires, riche d’amitié

On est le 17 et ça fait 1 an et demi que tout a commencé, une belle aventure que pas une seconde je n’ai regretté

On est le 17 et un mois de plus dans ma vie s’est écoulé…

Ces médecins que l’on aime

Ah oui, là je sens que le titre vous intrigue…il y en a peu hein!

J’aurai pu continuer la série des patients que l’on aime, il y en a quand-même énormément mais j’ai voulu vous raconter ce médecin que j’aime.

Bon, d’abord, si vous m’avez suivi un peu, vous devez savoir que je n’aime pas énormément les médecins. N’y voyez pas de mal ou de condescendance, c’est juste que la vie a fait que j’en ai rencontré beaucoup et je n’en pas admiré tant que ça. Un jour peut-être je raconterai mon désarroi (faible mot) et ma solitude dans la maladie de ma mère face au corps médical.

Bref, et je pense que beaucoup seront d’accord avec moi, ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, et je ne prétends d’ailleurs aucunement en faire partie mais les médecins formidables ne se trouvent pas à tous les coins de rue. Et surtout, on a tous tendance à critiquer plutôt qu’à acclamer donc moi, je veux vous raconter que j’en ai rencontrer un, une d’ailleurs, formidable!

Et je suis sûre que beaucoup me diront que leur médecin aussi est formidable…et on pensera un peu moins à tous les autres pendant quelques instants…

Je vous avais déjà parlé de mon médecin ce héros, mon médecin traitant.

Cette fois ci, il ne s’agit pas d’un de mes médecins mais d’une amie qui m’a gentiment laissé plusieurs fois assisté à sa consultation pour que moi, généraliste, j’apprenne la science obscure qu’est la dermatologie…

Oui, elle est dermatologue…en dehors de ça, elle est parfaite!

Jaddo a parlé ici de la dermatologie vue par les généralistes

La dermatologie est pour moi une science obscure parce que c’est compliqué et surtout parce que je ne l’ai jamais appris sauf dans les cours théoriques, mais c’est une discipline qui nécessite de voir les choses et d’avoir de l’expérience.

Ma première lacune, c’est le vocabulaire, c’est presque comme une langue étrangère qu’il faut connaître et que j’avoue je ne connais pas bien. Pour écrire dans les dossiers, déjà c’est limite,mais quand je fais un courrier à un dermatologue, c’est carrément la honte: « je vous adresse Mme Machin qui a des boutons rouges qui la grattent … » Bon, en faisant des efforts, je peux écrire un truc du genre « qui présente des macules prurigineuses » ,je pourrais même me la jouer en rajoutant quelque chose pour montrer que je maîtrise grave genre  « qui disparaît à la vitropression » même si ça n’a aucun rapport, mais le problème, c’est que plus j’utilise de mots savants, plus j’ai de chances de les utiliser à mauvais escient et d’avoir l’air encore plus con.

Après la phase description, il faut savoir reconnaître les choses, rien ne ressemble plus à des « boutons rouges » que d’autres « boutons rouges ». Et là, ça devient vraiment du free style. Je ne panique plus parce que j’ai compris quelque chose de fondamental lors de mon stage en cabinet.

Déjà, quand j’ai compris que même mon médecin ce héros, et la plupart des remplacés que j’ai croisés n’étaient pas beaucoup plus forts que moi, ça m’a fait du bien. J’ai surtout compris que l’important n’était pas de parfaitement bien décrire ou nommer la chose, l’important était d’avoir la conduite adaptée: reconnaître une éruption virale chez un enfant même si on ne sait pas la nommer, dire que ça va partir tout seul et c’est le cas (le cas échéant même, dire que c’est une roséole, même si c’est pas ça, mais ça sonne bien, ça fait plaisir à tout le monde de mettre un nom, même si il est faux, sur des boutons rouges), savoir reconnaître, ce qui est plutôt de la famille des champignons et donner la crème adaptée, penser à la gale tout le temps, même si souvent en excès , savoir orienter et adresser chez le dermato quand on ne sait pas en rougissant de honte à l’avance parce qu’on sait au fond de nous que même si parfois c’est justifié, on a écrit une grosse bêtise une fois sur deux .  « Je vous adresse Mr Kératose Actinique qui a un naevus que je trouve rassurant mais qui l’embête »

et puis à la fin, toute façon hein, ça va se finir par des dermocorticoïdes :-)

Donc, même si finalement, en bidouillant, je m’en sors à peu près, j’aspire quand-même à m’améliorer, juste pour pouvoir ressentir le confort de savoir de quoi on parle, de dire « il s’agit évidemment d’une … » pour autre chose qu’une varicelle…

Les FMC que j’ai fait, m’ont fait encore plus paniquer, sur les cancers de la peau et notamment les mélanomes. Déjà parce que je ne les dépiste pas assez, je devrais examiner les patients deshabillés entièrement une fois par an, mais je ne le fais pas, ce n’est pas bien , une des raisons principales étant que je pourrais avoir un mélanome devant les yeux, que je ne le verrais pas. C’est pour cette même raison que je ne fais pas d’ECG. Pourtant, j’ai essayé et je pense que je suis pas trop mauvaise mais il y a tellement d’exceptions, comme disait Jaddo, à la fin, tu as des mélanomes qui ressemble à autre chose, le pire c’est le mélanome nodulaire, et des autres choses qui ressemblent à des mélanomes.

J’ai essayé avec mon mari chez son dermato « Et celui-là, il,est irrégulier, ce n’est pas bien? » « Oui,mais,comme il est comme ci et comme ça en fait ça va! » « ..ah…ok »

Et puis, j’ai la chance d’assister aux consultation de ce médecin formidable dont je vous parle. Hospitalière, elle travaille également dans un centre de santé municipal.

« Je te préviens, me dit-elle,on va rien voir de très intéressant, c’est de la dermatologie de base.. »

Ah, ah ,ah…si elle savait…

Si elle savait à quel point je ne connais rien, à quel point c’est mon quotidien la dermatologie de base, à quel point je bois ses paroles, à quel point les notes que j’ai prise montrent que j’ai besoin de la dermatologie de base…

Si elle savait que j’espérais que l’on voit des verrues, des mycoses et autres cheveux qui tombent…

Donc, j’ai appris plein de choses, la plupart du temps, j’aurais fait le bon diagnostic et approximativement le bon traitement mais la différence, c’est le approximativement et surtout le discours qui va avec …

Entre « Ce sont des boutons rouges, je ne sais pas bien ce que c’est mais mettez cette pommade à base de cortisone et ça va surement passer » et toute une série d’explications et de conseils simples, clairs et pratiques sur la conduite à tenir et un diagnostic que l’on voit bien qu’il n’est même pas inventé, il y a tout un monde …

Entre: « Ce grain de beauté n’est pas méchant » et « Ce n’est pas un grain de beauté, c’est une kératose actinique », le résultat est le même certes ….

Entre « Les verrues, c’est un peu mystérieux, dès fois ça part tout seul, ma belle soeur elle trouve que le citron ça marche bien, moi je pense qu’on peut la traiter par le mépris » et une explication sur la physiopathologie virale de la verrue et des conseils compétents, ça fait pas le même effet je pense…

Bref, c’était trop bien, j’y retournerai!!

J’y retournerai pour apprendre la dermato et j’y retournerai pour le plaisir de voir de mes yeux à nouveau que c’est possible…

que c’est possible d’être un médecin comme tous les patients en rêvent

que c’est  possible d’être d’une amabilité et d’une gentillesse sans faille avec ses patients, de prendre le temps d’expliquer de manière détaillée et concise les choses, que ce soit sur le diagnostic, les traitements, les conseils pratiques

que c’est possible d’expliquer les choses avec le même respect de la personne et la même considération que ce soit un enfant, un psychotique, un étranger ne parlant que peu français ou un membre du personnel

que c’est possible d’être brillantissime, de savoir tout sur tout, de soigner des maladies rares et compliquées et de prendre autant de temps pour parler d’une verrue ou d’un ongle incarné que pour prescrire des immunosuppresseurs

que c’est possible d’être sympathique et drôle par la dessus et d’utiliser des expressions comme « Elle est à la frontière du réel,votre plaque »

que c’est possible de dire « montrez-moi » quand à la fin de la consultation, un patient dit « Et aussi, j’ai un problème au pied!! »

voilà, donc des médecins formidables, il y en a, j’en ai rencontré une …

et en plus, elle est propre 😉

 

 

 

 

Ces patients que l’on aime

Aujourd’hui j’ai dit « je vous aime » à une patiente.

J’en ai déjà parlé une fois, un jour, je l’engagerai comme assistante (un jour,dans un monde idéal notamment quand la pauvre CARMF ne sera plus obligée de pratiquer le « massacre des innocents » pauvre choupinette, bref je m’égare).

Outre le fait que grâce à tous les problèmes de santé entre elle, son mari et leurs trois enfants, ils participent à une bonne partie de mon chiffre d affaire,qu’ils continuent à venir me voir alors qu’ils habitent loin, qu’une fois ils m’ont même offert des fleurs et que leurs enfants sont trop mignons, je rêve de l’avoir comme assistante, elle serait parfaite.

Pour exemple, la consultation d’aujourdhui:

Le rendez-vous est pour le papa et le plus petit des enfants qui a 2 ans.

D’abord, et c’est louable, elle ne me parle pas d’elle alors qu’elle a un gros souci de santé et que je l’ai envoyé voir un spécialiste il y a 3 jours , donc je prends des nouvelles bien sûr…

Ensuite et c’est très agréable également, elle est toujours de bonne humeur, en dépit de tous ses problèmes médicaux et personnels.

On commence par le papa: paperasse d’accident de travail: c’est elle qui gère…et rhinopharyngite bien cognée qui est ptêt bien une grippe même  vu la fièvre élevée et la sensation de mort imminente du patient mais s’agissant d’un homme, je trouve qu’il y a un biais et il s’agit peut-être d’un simple rhume.

À ce stade là, alors que  je me dis que ça va être dur d’expliquer à ce patient visiblement au comble de la souffrance et qui a déjà pris 2 cp d’antibiotiques que à part du doliprane, je ne peux rien faire pour lui (scène que j’ai vécu déjà dix fois au moins aujourd’hui et qui est vraiment épuisante), elle avait déjà mis le petit en couche et était en train de le mesurer.

« -Quoi, vous ne me donnez pas d’antibiotiques ? »

Et c’est parti…pff…

« – Mais je t’ai dit que c’était viral et que les antibiotiques n’agissaient pas sur les virus mais sur le bactéries …. »

Non je ne tutoie pas pas mes patients, ce n’est pas moi qui ait répondu, c’est ma patiente.. Ça a été une  bouffée d’oxygène.

Bref, elle lui a expliqué et en plus avec tendresse m’a expliqué qu’il avait pris les antibiotiques, à tort certes, mais parce qu’il a eu peur que ça fasse comme quand il a eu son angine et sa crise de tachycardie qui l’ont conduit aux urgences.

Je passe au petit, déjà prêt, en couche sur la table d’examen, je prends le carnet de santé.

– « 15kg, 92cm » me dit-elle…

Ah, ok merci

Rien que pour la façon dont elle tient les enfants pendant l’examen, parfaite pour les oreilles et je vous parle même pas des vaccins, je voudrais la garder avec moi pour toute la vie. J’adore quand j’ai un externe et qu’elle vient .

Je vous passe la discussion sur l’éruption (varicelle? Pas varicelle?) ou elle assure complètement et je conclue par « pas d’advil surtout » « Ben oui, bien sûr, jamais sans avis médical … »

Pour finir, je leur ai quémandé un doliprane car j’avais oublié ma trousse à pharmacie spéciale rhume et dent de sagesse qui fait mal mais que j’ignore parce que je suis dans le déni  (oui c’est la honte de piquer des dolipranes à ses patients surtout en plus quand ça fait les 5èmes avec lesquels je tente ma chance, mais vous connaissez le rhume, c’est atroce hein (citation de gentil mari le jour de mon accouchement)).

Ils n’en avaient pas. (Mais comment se fait-il qu’aucun de mes patients, des malades quoi, n’aient de dolipranes sur eux! J’ai mal aux dents!!!)

Quelques minutes plus tard, ça sonne à la porte, elle était allée m’acheter du doliprane <3