The new cab’s to do list: le logiciel

Cela fait 10 ans que je travaille avec Hello doc , c’est le seul que je connais et je l’aime bien. Et surtout je suis réticente au changement. Je le connais par coeur, je suis habituée à son confort d’utilisation, par exemple faire les arrêts de travail en ligne directement dedans. En plus j’ai le secrétariat téléphonique qui va avec .

Mais je me suis résolue à en changer quand même (ça me fend le coeur).

Parce que j’ai réfléchis longuement à la question, j’ai lu plein de discussions sur twitter ou sur des forums, j’ai demandé autour de moi et j’ai réfléchis par rapport à mes besoins et j’ai conclu que j’allais prendre WEDA.

Parce que premièrement je pense qu’il me faut un logiciel en ligne. Déjà parce que c’est hyper pratique. Et ensuite parce que pour l’instant je suis toute seule et que par la suite d’autres vont arriver et je n’ai pas envie de me prendre la tête avec une installation en réseau et la maintenance qui va avec. Là, ceux qui voudront n’auront qu’à tout simplement se rajouter.

La sage femme déjà présente utilise WEDA

Ensuite,il y a 3 ou 4 logiciels en ligne et c’est celui qui a l’air d’être le plus apprécié. Il y a des interfaces pour les sages femmes, les paramédicaux. Cela laisse plein de possibilités dans une configuration qui est pour l’instant très incertaine dans mon cas.

Et puis il est interfacé avec doctolib, non pas que j’apprécie doctolib , mais l’échographiste qui est déjà là l’utilise et c’est avec ça que travaille actuellement la secrétaire, donc…

Le choix me parait donc évident. J’ai été voir grâce à une amie qui bosse avec, c’est pas hello doc et j’aime pas le changement mais faut quand même avouer que c’est top .

Les gros inconvénients sont pour moi , le fait que l’on peut pas faire les arrêts en ligne dedans et qu’il faut aller sur espace pro , mais ils m’ont dit que cela allait venir dans les moins qui viennent (et oui moi je les crois , je suis naive) , le fait que cela fonctionne avec le vidal , et moi j’aime pas le vidal (j’utilise la BCB) et le prix. C’est 120 euros par mois ,et j’attend le devis mais j’ai lu sur le forum que le coût de départ était de l’ordre de 1200 euros.

Du coup je suis avide des avis sur WEDA.

Et quelqu’un a-t-il une expérience du secrétariat en ligne qui travaille avec WEDA?

Et je me demande aussi quel est le prix de départ des autres logiciels?

En ce qui concerne le matériel informatique. Je me suis posée la question d’un ordinateur portable pour prendre moins de place qu’une grosse unité centrale, et j’ai découvert qu’en 2017, il y avait des minuscules ordinateurs de quelques centimètres. Je pense donc que j’ vais prendre ça. Mon but étant de prendre le moins cher possible, si quelqu’un a des suggestions?  Il me faut une imprimante aussi . A tonner je pense. Pareil des suggestions? Faut que je me penche là dessus. Par contre j’ai déjà le scanner (scan scap). Et peut-être une web cam? j’ai vu qu on peut mettre directement des images dans WEDA à partir d’une web cam: y’en a qui font ça?

Voilà pour la partie informatique qui n’est pas du tout mon fort et que j’espère réduire au plus simple.

The new cab’s to do list: les aides à l’installation

Vénale comme je suis, la première chose que j’ai faite, c’est de rechercher les aides à l’installation évidemment.

Non en fait c’est pas vrai,j’ai essayé d’être vénale mais j’ai pas réussi.

Mon cabinet est situé à quelques mètres d’une Zone Franche Urbaine. (Les zones franches urbaines ce sont des zones qui n’ont rien à voir avec la démographie médicale. Ce sont des zones économiques qui confèrent de nombreux avantages notamment des exonérations d’impôts.) Cela fait 7 ans que je me dis tant pis, je suis bien où je suis et payer des impôts quand on gagne des sous, c’est bien . Mais bon,quand j’ai projeté de changer de cabinet, je me suis dit que tant qu’à faire, j’allais aller en zone franche. Et il se trouve que mon futur cabinet se trouve à quelques mètres de la zone franche …de l’autre côté.

Adieu veau, vache, cochon, couvée…

Je croise les doigts super fort pour que la nouvelle répartition des zones déficitaires médicales qui doit avoir lieu d’une minute à l’autre (était prévue pour juin…) fasse passer la ville de zone intermédiaire à zone déficitaire car ça, ça serait vraiment cool! Avec tous les départs à la retraite et l’état de la démographie médicale, je pense que y a peut-être moyen.

En tout cas pour l’instant aucune aide! en dehors des aides dans les cadres des MSP (NMR etc…). Soit on est en zone déficitaire et là c’est top, sinon à priori ,non. Je me plains pas, c’est juste un fait.

On peut retrouver toutes ses aides sur de nombreux sites, par exemple ici 

Pour les subventions dans le cadre d’une MSP, voici ce que j’ai compris (peut-être y’a -t-il des erreurs)

Pour faire une MSP, il faut au minimum 2 médecins et un paramédical
et plusieurs conditions:
>un aspect pluridisciplinaire et faire 6 réunions par an avec un compte rendu
->un logiciel commun mais pour les professionnels qui ne le souhaitent pas, il faut juste un accès minimum et chacun peut avoir son propre logiciel par ailleurs
->la continuité des soins: en fait ça s’est assoupli.
Pour les MG, pas d obligation de faire des gardes si il y a un système de garde sur le secteur
il faut en theorie un professionnel (ç peut être IDE ou autre ) minimum présent entre 8h et 20h mais en fait c’est pas obligé (sinon ça fait moins de points c’est tout)
-> faire une SISA
les financements sont de 2 types :
-financements à l’amorçage :pour des investissemrnts sur du mobilier commun:ex équipement informatique, ECG, appareil d’échographie mutualisé par plusieurs professionnels
-financements récurrents
Il y a plein de critères et chaque critère donne des points
1 point = 7 euros par an
pour ex:la continuité des soins =700 points
en moyenne cela peut faire une somme de 20 à 50 000 euros /an (?)
que l’on peut au choix utiliser pour les charges courantes (ex pour payer une secrétaire )
ou dans le cadre d’un projet commun , pour des actions non rémunérérées: ex :rémunérer les temps de staff, ou pour payer l’intervention d’une psychologue/diet/osteo pour certains patients

Voilà pour les histoires de sous.

En revanche, il faut saluer une aide humaine qui est mise à disposition: c’est le référent installation. J’ai vu ça sur le site « Portail d’aide aux professionnels de santé »

J’ai rempli un formulaire sur le site pour être contacté par mon « référent installation ». Je pensais me rendre à une permanence mais n’ayant pas pu m’y rendre, j’ai eu un entretien téléphonique avec lui d’environ une heure. Il a répondu à toutes les questions que je me posais (aides à l installation/statuts SCM-SISA/informations sur MSP-conditions et aides/contrats/loyers etc ) et cela a rendu les choses beaucoup plus claires dans ma tête. Je garde ses coordonnées. Pour le coup, je trouve ça vraiment chouette.

Dans les aides, il y a également de nombreux sites et documents (guides à l’installation) faits par diverses instances notamment les syndicats. La liste n’est pas exhaustive, je suis preneuse d’infos.

Guide de l’Installation – SNJMG

Guide de l’installation MG France

Guide de l’installation en libérale – ReAGJIR

Guide d’installation – Guide de l’installation libérale

Le processus d’installation en libéral | ameli.fr

The new cab’s to do list: les médecins

Première étape de la to do list pour le nouveau cabinet: les médecins qui en feront partis

Oui c’est la base…pourtant ça commence mal car pour l’instant y’en a pas trop

(comment ça il est foireux mon plan)

Donc je pars toute seule.

Avec mes deux anciennes internes/remplaçantes d’amour en soutien moral.

Au début j’ai un peu angoissée, j’ai eu une phase où j’accostais tout le monde dans la rue pour leur demander s’ils étaient médecins et voulaient s’installer avec moi , mais ça m’est passé (pas très productif) et puis bon,on verra bien .

Je m’installe dans le projet mené par une super échographiste (gynéco/obst) qui a l’air vraiment super, pour l’instant il y a une sage femme et une ostéo. Il y aura des infirmières et très hypothétiquement un pédiatre que je connais et que j’aime bien mais c’est pas sûr du tout. Et plein de bureaux de libres! Tout est tellement attractif que je suis sûre que bientôt les gens se battront pour venir et en attendant l’avantage d’être la première c’est que je peux choisir mon bureau.

Et puis j’ai rencontré une  jeune médecin qui a l’air super et qui va très probablement venir, ça a l’air d’être en bonne voie. Peut être même deux. Mais pas tout de suite.

Le critère principal d’accueil de ma future collègue, c’est « des gens sympa » ! C’est pour ça que j’ai passé le casting, on peut dire ce qu’on veut mais jsuis sympa comme fille. Et moi, ça me va comme critère!

Je suis préparée psychologiquement à ce que cela ne soit pas un cabinet de bisounours comme dans mes rêves (je suis réaliste-une adulte j’ai dit que j’étais-ça n’est jamais sans heurts les cabinets de groupe) mais je ne peux m’empêcher d’en rêver secrètement.

Mais je me suis fait à l’idée de commencer toute seule et de me laisser porter par les évènements. Sans me faire trop d’illusions.

Par la suite, si les choses vont dans ce sens, on pourra faire avec ceux qui sont intéressés et qui ont la même vision, une MSP, un travail en groupe, avec des réunions etc (comme dans mes rêves de bisounours) ou pas…

J’ai des remplaçantes pour toutes les vacances scolaires de l’année prochaine et pour les jours fixes où je ne bosse pas. J’ai même trop de remplaçantes que j’aime d’amour et pas assez de vacances du coup.

J’ai un peu stressé pour trouver une remplaçante pour les jours fixes et un des mes anciennes internes m’a justement laissé un message à ce moment là « je prend une dispo, t’as pas besoin d’une remplaçante fixe en novembre par hasard » Des fois le destin va bien. Et puis après elle, j’ai une interne brillante repérée à la fac qui va prendre le relais. (Ai-je déjà dit que c’était bien d’être maitre de stage »?)

Donc voilà pour les médecins. J’ai arrêté de m’angoisser.

Mais bon si y a quelqu’un qui est intéressé hein…

(dans le merveilleux 93, 25 min de Paris,près de la gare,y’a des gens sympas qui mangent des glaces)

The big to do list

Alors du coup pour ceux qui suivent, je suis en train de faire THE to do liste de la mort qui tue

Pour ceux qui n’ont pas suivi: je change de cabinet et je dois faire plein de choses j’imagine, donc j’essaie de réfléchir à quoi!

Donc je me suis dit que de faire une to do liste participative pourrait être intéressante, pour profiter de l’expérience de tout le monde et pour que tout le monde puisse en profiter. Il y a déjà des choses qui ont été faites et écrites mais je n’ai pas trouvé d’infos exhaustives.

Donc il y a plusieurs catégories, pour lesquelles je vais faire des billets de blog à fur et à mesure ( je vais être limite saoulante après tant de silence, je me rassure en me disant que personne n’est obligée de me lire). Je modifie cette liste au fur et à mesure des remarques et idées.

  •  LES MEDECINS et autres membres du cabinet/leurs relations
  •  L ORGANISATION DE L EMPLOI DU TEMPS
  •   LES NORMES DES LOCAUX
  •   L’AMENAGEMENT DU BUREAU
  •   LA SALLE D ATTENTE
  •   LE MATERIEL MEDICAL
  •   LES SECRETAIRES
  •   LE LOGICIEL et le matériel informatique
  •   LES STATUTS
  •   LES AIDES A L’ INSTALLATION
  •   LES DEMARCHES ADMINISTRATIVES :CPAM etc
  •   LE FINANCEMENT
  •   LES ORDONNANCES
  •   LA GESTION DES DECHETS
  •   LA REORIENTATION DES PATIENTS et l’annonce du départ
  •   LA PLAQUE
  •   DIVERS: le suivi du courrier,l inscription sur les pages jaunes ou autre  ET TOUT CE QUE J’AURAI OUBLIE
  • LA MACHINE A CAFE ME DIT ON!!

Ca fait déjà beaucoup de choses (« Etre un adulte,c’est dur ») : qu’est ce que j’ai oublié??

 

Wind of change

Je suis réticente au changement. J’aime les choses comme elles sont, je n’aime pas les séparations, les étapes de la vie qui se terminent. Je peste devant une mise à jour d’un logiciel ou autre parce que j’aime pas quand ça change !!

J’admire les gens qui changent de vie, qui prennent des risques, des gens comme mon frère qui enfant changeait les meubles de sa chambre de place tout le temps pendant que moi je faisais la grasse mat et qui l’année dernière a tout plaqué pour faire le tour du monde en famille. Moi c’est tout le contraire, est ce parce que j’ai peur? parce que je n’ai même pas l’idée que les choses pourraient changer? ou est ce que c’est parce que je suis très bien comme je suis? Tout ça à la fois probablement.

Quoi qu’il en soit, je me pose et je ne bouge plus. Récemment pour la première fois, j’ai imaginé l’hypothèse de déménager en Province. C’est complètement fou. En tout cas, trop fou pour moi, j’ai refermé cette idée très vite.

Et pourtant, un grand changement m’attend (à mon niveau, tout changement est un grand changement): au niveau professionnel.

Je suis installée comme collaboratrice depuis 7ans maintenant, dans un cabinet où je travaille depuis presque 10 ans. J’en suis au stade où je vois des ados que j’ai vu à la maternelle. Et comme je l’écrivais ici : jusqu’ici tout allait bien !!

Cinq ans après avoir écrit cela, c’est toujours valable: j’adore toujours mon travail et mes conditions de travail. Encore plus même depuis que j’ai des internes: cela me plait tellement, les liens créés, la relation qui évolue, d’interne à remplaçante, à futur associée un jour qui sait? Bref je digresse sur comment je suis bien pour ne pas parler du fait que cela va changer probablement. Donc, en dépit du fait que j’étais parfaitement bien dans mon bureau à la déco petit prince, avec mes patients trop gentils et un confort extrême (j’occulte un peu les soucis existants et la patientèle qui déborde), j’ai pris la décision de changer de cabinet.

Pour plusieurs raisons, notamment le départ à la retraite proche de ma collègue et le fait qu’il faut un jour devenir un adulte. Je suis d’ailleurs fière de cette décision sage. Sitôt cette décision prise et annoncée, j’ai remis cette idée dans un coin de ma tête (coin appelé déni) et je me suis dit que j’étais large pour y penser. J’ai fait quelques projets vagues, où je m’imaginais accompagnée de mes anciennes internes/remplaçantes mais je me disais « mince y a pas d’adultes » avant de comprendre : en fait l’adulte c’est moi …

Et puis par hasard, j’ai rencontré une confrère spécialiste qui s’est installée dans un nouveau cabinet tout beau, tout neuf qu’elle rénove depuis un an. Un peu le truc improbable qui te tombe dessus, tout parfait « avec un frigo pour manger des glaces dans le jardin dans lequel on mettra des balançoires pour les enfants ». A 5 minutes en voiture de l’ancien cabinet hein, faudrait pas non plus être trop aventureuse (et surtout pas perdre mes patients-cela dit si j’en perd quelques uns en route …).

J’ai eu  comme un coup de foudre avec le coeur qui battait et tout et j’ai précipité mon départ. C’était trop beau pour être vrai. Et puis comme dans un coup de foudre, ensuite il y’a le moment où la réalité apparait telle qu’elle est, un peu moins idyllique. Par exemple, avoir des jolis bureaux c’est bien, mais avoir des médecins à mettre dedans ça serait bien aussi….

Quoi qu’il en soit, les dés sont jetés. Les patients commencent à se le dire entre eux: le 1er novembre,je change de cabinet…

Moi qui suis réticente au changement…

Et puis ça tombe bien, mon mari change de travail aussi , soyons fous.

Sans parler du changement d’internes.

Du coup, j’ai plein de choses à penser/prévoir . Etre un adulte c’est dur, dit Bénabar.

Et pour me sentir moins seule, je crois que ce blog va reprendre du service. Parce que j’ai plein de questions… Et je me suis aperçue qu’il n’y a pas tant de sources d’informations que ça .

Mais ce qui est chouette c’est que contre toute attente, l’enthousiasme est pour l’instant supérieur à l’angoisse !!

Donc TO BE CONTINUED

 

 

Le travail c’est la santé Le retour

Je vais faire comme si je n’avais pas remarqué que mon dernier article date d’il y a un an, que ce blog est moribond et n’a plus trop de raisons d’être,et je vais donc faire comme si de rien n’était (juste un petite pensée reconnaissante pour Jérôme,le seul à qui j’ai l’air de manquer )

Aujourd’hui, c’est à nouveau la fête des travailleurs.

Le travail notamment la santé au travail est toujours un sujet qui me tient beaucoup à coeur.

Il y a 3 ans j’écrivais  ça et ça (la paperasse pour les nuls).

Quand je regarde en arrière , il y a énormément de choses qui ont changées dans ma pratique. En revanche, sur ce sujet j’ai peu évolué, j’ai juste enrichi mon expérience.

J’ai toujours les mêmes constats:  Le travail est omniprésent dans nos consultations de médecine générale. C’est toujours un domaine pour lequel nous manquons de ressources (du fait du manque de formations d’une part, et du fait du manque de solutions magiques d’autres part).

Il y a 2 jours, à nouveau beaucoup de consultations liées au travail (en même temps, le dernier jour du mois, je vois tous les patients que j’ai tous – c’est un peu bête -arrêtés jusqu’à la fin du mois ….)

J’ai vu Mme D. qui est en burn-out. J’insiste sur le fait qu’il est trop tôt pour reprendre. La première fois que je l’ai vu et arrêté il y a plusieurs mois, je l’avais vu transformée en 15 jours. Elle était venu adressée par sa soeur car son médecin refusait de l’arrêter. Il lui avait fait un arrêt de 3 jours en lui disant d’un ton ferme « mais après il faudra reprendre » .Elle s’était reposée, avait réfléchi aux problématiques de son travail et constaté qu’il lui fallait faire des changements. Elle avait fait les démarches pour faire un bilan de compétence et entamer une procédure de VAE:valorisation des acquis de l’expérience. J’avais été très impressionnée de constater un tel bénéfice de l’arrêt de travail. Pour moi, l’arrêt est vraiment thérapeutique dans des situations de burn-out et pour les patients c’est une démarche tellement difficile qu’il faut je pense leur proposer sans réserve, voire insister. Puis Mme D. a repris son travail avec son rythme effréné et à nouveau s’est retrouvée épuisée. Mais cette fois ci je constate qu’après un mois d’arrêt,elle ne va guère mieux et je pense déceler un syndrôme dépressif sous jacent. Je reconduis l’arrêt, lui conseille de reprendre RDV avec le médecin du travail, lui propose de voir un psychologue et l’encourage à reprendre ses démarches en vue d’un changement de travail, et surtout de prendre du temps pour elle et de se détendre.

Mme G. après un long arrêt suite à une fracture de hanche en courant après le bus n’est toujours pas apte à reprendre le travail. Cela dit cette patiente de 55 ans, qui aimait son travail de médiatrice dans une association et faisait énormément d’heures a dû mal à se projeter dans une reprise. La consultation tourne surtout autour de l’actualité, elle répond d’ailleurs « comme la conjoncture actuelle » quand je lui demande comment elle va. Je reconduis son arrêt d’un mois, comme beaucoup de patients…le 30 mai sera encore une journée bien chargée 🙂

Mr M. un jeune patient ne peut plus faire son travail de manutentionnaire suite à une rupture de ligament du poignet lors d’un accident de travail . Après des mois d’arrêt, les choses bougent un peu finalement. Après longue discussion, je l’ai adressé en visite de pré-reprise à son médecin du travail pour envisager un licenciement pour inaptitude. Ce n’est pas une décision prise à la légère par le médecin du travail et par le patient mais il est jeune et a d’autres projets professionnels, cela va lui permettre d’avancer.

Mme V. est fonctionnaire . A 45 ans elle m’a révélé l’année dernière des violences très graves dans sa jeunesse. Depuis elle se reconstruit en luttant de mille façon et est extrêmement courageuse. Des lombalgies et une anxiété réactionnelle ne lui permettent plus de faire son travail de cantinière pour le moment, toute son énergie je pense étant absorbée par sa reconstruction. Après un refus de congé longue maladie pour lombalgies, un congé longue maladie pour dépression vient d’être refusé. Je lui dis de ne pas prendre personnellement cette décision administrative. Mais c’est une difficulté en plus à affronter alors qu’un soutien de son travail l’aurait beaucoup aidé.

Arrêt pathologique pour une patiente en fin de grossesse qui a été jusqu’au bout mais commence à fatiguer. La grossesse n’est pas une maladie oui je sais . Tout va bien par ailleurs. Discussion joyeuse.

Discussion plus compliquée pour une patiente qui vient à la fin de son congé maternité pour son arrêt de « suites de couches pathologiques de 1 mois  » …Qui n’existe pas. Après m’être légèrement braquée devant cette patiente qui comptait sur cet arrêt et qui n’a pas de mode de garde, je me sens égoïstement soulagée de trouver en creusant un peu des vrais motifs d’arrêt de travail me permettant de faire un arrêt de travail justifé.

Mme M. est une patiente avec un fort caractère. Son côté joyeux et dynamique cache je pense toutes les souffrances que la vie lui a fait enduré. Aide soignante aux urgences, une énième agression a mis son épaule et son moral à l’épreuve. Le manque de soutien de sa hiérarchie et de ses collègues surtout l’ont mis KO. C’est souvent ça qui fait le plus de mal à ceux qui s’investissent à fond dans leur travail:le constat de l’absence de reconnaissance et de soutien des employeurs et des collègues dès que l’on est plus opérationnel.Le suivi psychologique lui a fait du bien mais dès que ça va mieux, elle reprend toutes ses habitudes, récupère ses mécanismes de défense et donc sa bonne humeur.

Mme K. a une arthrose très évoluée des genoux. Elle ne parvient plus à assurer son emploi de femme de ménage. Le médecin conseil de la sécu a jugé qu’elle pouvait reprendre le travail . Mme K. qui marche avec une canne pense que non. Moi je pense que si Mme K. qui a 50 ans, a élevé 8 enfants ,que je connais mal mais qui me semble être une femme courageuse, juge que en dépit de sa situation financière très précaire elle ne peut pas reprendre le travail,c’est qu’elle ne peut pas. Je fais donc une lettre au médecin du travail qui va la voir en visite de reprise en lui exposant la situation. Celui -ci juge Mme K. inapte à son poste et en l’absence de reclassement possible,Mme K va donc être licenciée pour inaptitude. Je suggère donc à Mme K. de demander à revoir le médecin conseil et fais une lettre à celui-ci pour demander d’envisager une mise en invalidité. Parallèlement, je demande à Mme K. d’aller chercher un dossier MDPH pour faire une demande de RQTH qui lui permettra peut-être d’accéder à des formations (il aurait fallu cependant remplir ce dossier il y a un an vu les délais de traitement).

Je vois Mr C. qui n’est pas mon patient mais qui avait vu mon interne pour un accident de travail avec rupture tendineuse de l’épaule et était en souffrance psychologique au travail. Il tenait à faire une déclaration de maladie professionnelle. Ses deux épaules sont abîmées. Je lui avais expliqué les avantages et inconvénients. Il me semblait que ce n’était pas bénéfique dans son cas. Je le revois pour reprise du travail. La déclaration de maladie professionnelle a été faite. Il en est content. La reconnaissance psychologique est très importante pour le patient. Et il faut en tenir compte.

Par rapport à mon billet d’il y a 3 ans, je constate que justement j’ai revu Mme P. qui était en grande souffrance au travail (dans une grande surface ).Une grossesse et un congé parental lui ont permis de réfléchir. Elle en train de faire grâce au FONGECIF une formation de secrétaire médicale et est ravie.

Et je me dis que tien,cela n’est pas bon signe, cela fait quelques semaines que je n’ai pas revu Mr B. qui reste toujours un patient qui m’est cher et qui a un problème d’addiction au travail. On essaie de travailler là dessus et sur plein d’autres choses mais le travail est long, et je ne pense pas que je sois capable de l’aider assez à moi toute seule, mais bon comme c’est moi qu’il vient voir…Une victoire, il n’a été travaillé qu’une seule journée lors du dernier arrêt de travail que je lui ai fait accepter .

Et Mr C. n’a toujours pas ses papiers et la vie est toujours aussi difficile pour lui.Il fait toujours des petits boulots au noir de temps en temps pour lesquels il est exploité.

Mme O. prend toujours le RER de 4h30 tous les matins …

Je constate donc que les problèmes sont toujours les mêmes et ne vont pas en s’arrangeant.

Ce que je constate, c’est qu’une prise en charge médicale adaptée, cela change tout pour les patients.

La première chose importante, c’est de consulter!!! Quand ça ne va pas et pourtant peu de patients y pensent.

Pour une rhino, ça oui ils y pensent. Et du coup il leur semble légitime de demander un arrêt de travail puisqu’ils ont un problème médical. Et que ça tombe bien puisque par ailleurs,ils n’en peuvent plus. Mais du coup ça donne des médecins (eux mêmes souvent épuisés voire burn-outés) qui ne comprennent pas cette demande. Le risque étant pour le médecin d’augmenter son risque de burn-out et pour le patient de se dire que la prochaine fois, même pour une rhino il ne consultera pas (chouette) mais du coup encore moins pour une souffrance au travail qu’il a lui même parfois du mal à identifier .

Du coup, il faudrait un slogan du style « les antibiotiques c’est pas automatique, mais si vous êtes au fond du trou, votre médecin généraliste est là pour vous » (bon OK jsuis nulle en slogan)

Ensuite, il faut l’avouer, il faut que la consultation soit bénéfique , avec un médecin bienveillant et compétent. Et la compétence il faut avouer que l’on ne nous l’apprend pas trop.

Je voulais donc vous faire partager (c’était le but initial de ce billet mais je me suis laissée emporter à bavarder)

-ce blog en BD et sa série « Le lundi c’est ravioli » sur ce sujet des consultations liées au travail en MG .

-Et également ce site fantastique et très riche en infos à l’intention des médecins généralistes fait par une interne en médecine du travail Patient travailleur.

De nombreuses informations pratiques, des algorithmes décisionnels etc

Avec une rubrique sur une question qu on se pose souvent :Faut-il déclarer une Maladie Professionnelle?

Voilà, à une semaine des élections, alors qu’on parle si peu d’eux finalement, j’avais envie de penser un peu aux travailleurs…

Et bien sûr, je sais qu’aujourd’hui c’est une journée qui va bien au delà que la fête du travail.

Je n’ai pas précisé que Mme D. est originaire d’Haiti, Mme M. de la Guadeloupe, Mme O. des Commores, Mr M. D’Algérie , Mme V du Maroc, Mme K. du Cameroun, Mr B. de Tunisie etc parce que pour moi, ce sont seulement Mme M. ou Mr B. ,ce sont mes patients, des travailleurs. Certains sont français, d’autres non, cela n’a aucune importance en ce qui me concerne.

Leur diversité m’enrichit, m’apporte énormément, elle rend mon travail plus beau, et elle fait de moi, je pense, une plus belle personne.

 

 

Welcome Pack

Changement de semestre, changement d’interne.

Je vais accueillir ma 6ème interne, ce qui ne me rajeunit pas.

J’ai déjà dit à quel point c’était une belle aventure à chaque fois, que c’était pas toujours facile, que le changement notamment n’était pas facile.

Ces six mois sont à chaque fois un partage, pas forcément médical,mais sur le plan humain, une tranche de vie vécue ensemble, qui nous enrichie toutes les deux (oui je n’ai eu que des filles).

Une pensée pour mon interne qui s’en va…je crois qu’elle gardera vraiment une place particulière.

Une autre revient lundi en SASPAS chez mon associée.

Une me remplace régulièrement et est en plus devenue une vraie twittos.

Trois sont mes thésardes et la première soutien sa thèse le mois prochain.

Bref, je ne coupe pas vraiment le cordon…

Le partage n’est pas que médical, mais il l’est aussi.

Je pense que chaque maitre de stage a des sujets de prédilection qu’il aime partager plus que d’autres . Moi j’essaye de ne pas parler que de ce que j’aime, de ne pas être obsessionnelle avec certains sujets (qui a dit les violences?:-)), je me freine souvent et j’essaie de plutôt répondre aux attentes de l’interne, mais c’est dur de ne pas y venir…

J’envoie des liens de lecture à mes internes (avec des liens de blog souvent évidemment ) et chaque semestre, je recherche laborieusement des anciens mails envoyés aux internes d’avant et je les inonde de mails qu’elle lisent probablement jamais.

Je me suis dit que j’allais organiser ce bazar, et j’ai essayé de mettre tout ça au propre pour ma nouvelle interne, qui en plus d’être la première à commencer un stage avec une machine à café aura un welcome pack!!!

Jvais peut être rajouter quelques bonbons pour que ça passe mieux:-)

Je l’ai mis là, si ça peut servir, comme quand j’avais mis la paperasse pour les nuls

Surtout j’attend de vous des critiques ou des conseils pour enrichir ce document

(que j’ai fait rapidement, je dois avoir oublié des choses essentielles)

POUR MON INTERNE:welcome pack ( document word)

Welcome,

quelques lectures?

-Sur le suivi de l’enfant :

 

C’est un sujet que j’aime bien et que j’aborde beaucoup lors du stage

Des liens intéressants :

 

Guide méthodologique: protocoles d’examens systématique ( URML Bretagne)

Examen du 9 ème mois

Examen du 24 ème mois

Examen des 36 mois

dépistage des troubles de l’audition (santé.gouv)

dépistage des troubles visuels (santé.gouv)

fiche pratique: dépistage visuel en médecine générale

dépistage visuel de l’enfant: CADET

Et le site pediadoc

 

 

sur la gynéco ,

 

des choses à lire

http://www.atoute.org/n/Pilules-de-3eme-generation-liste.htmlpour tout comprendre sur la polémique 3eme Génération et lien avec le tableau des pilules

le site internet choisirsacontraception.com pour montrer aux patients

le site martin winckler webzine  et tout son contenu sur la contraception

le lien avec la fiche pilule et en règle générale, tout ce site « antisèches de consultation en médecine générale »

 

sur la pose de DIU en torpille

 

Le mémoire: DIUposedirecte-mémoire

La brochure :

Brochure

Brochure (imprimable)

et la  vidéo  ici

 

Pour le retrait d’implant la technique de l’aiguille/de la tente/du pie vert

Des articles sur la bienveillance envers les femmes en général et la position en décubitus latéral

 

l’article de rue 89 sur l’examen à l’anglaise

-l’article de Borée sur l’examen à l’anglaise et la pose de DIU

– l’article de Martin Wincker « Contraception, IVG, ligature de trompes, accouchement, respect des patientes : en 2013, en France, il y a encore beaucoup à faire pour que les femmes soient bien soignées »

 

 

 

-En pneumo,qui n’est pas un sujet que je maitrise beaucoup : un article sur les EFR au cabinet de médecine générale

https://2garcons1fille.wordpress.com/2014/01/30/la-spirometrie-pour-tous-1-la-spirometrie-en-cabinet-de-medecine-generale/

 

et un lien pratique sur les dispositifs

http://www.tmes.fr/educlic/menupneumo.html

 

 

-Il faudra aborder le sujet du surdiagnostic, qui est un sujet que j’ai du mal à bien expliquer, c’est compliqué..

De la lecture sur le sujet pour commencer :

JADDO qui a parfaitement tout repris avec l’aide d’Hipparkos  <3

http://www.jaddo.fr/2016/06/19/et-mes-fesses-elles-sont-roses-mes-fesses/

http://www.atoute.org/n/Cancers-depistages-et-risques-de.html

 

http://cancer-rose.fr/surdiagnostic/balance-beneficesrisques/

 

http://30ansplustard.wordpress.com/2014/10/17/voila-ce-que-je-peux-te-dire/

 

http://www.atoute.org/n/Cancers-depistages-et-risques-de.html

 

http://www.formindep.org/Surdiagnostic-et-depistage-du.html

 

 

 

A ce moment là, puisqu’on parlera de remettre en question avec difficulté les choses bien établies, peut être on parlera des ADO,de l’HBA1C des statines et de tout ce qui n’est peut-être pas comme on nous l’avait dit !

Et de Rémy Boussageon…

 

 

videos de la pléniere du congrès du CNGE sur le patient diabétique

 

http://www.cnge.fr/congres/les_plenieres_clermont_2013/

 

 

et sur les statines

 

http://www.cnge.fr/congres/les_videos_des_plenieres_du_congres_cnge_lille_201/

 

 

communiqué du CNGE de mars 2016 http://www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/medicaments_du_diabete_de_type_2_le_traitement_cen/

 

BMJ

 

et d’autres articles si affinités (mais pas en libre accès, notamment ceux d’exercer)

 

 

On parlera beaucoup de la relation médecin patient

 

Notamment de

Savoir dire non

 

La méthode du disque rayé progressif – Atoute.org

 

Patient revendicatif.pdf

 

Mais plein d’autres choses, parce que c’est la partie la plus riche

A lire absolument sur l’alarme bidale EAU de Jaddo

 

 

Et puis forcement, assez rapidement je pense, viendra la question des violences…

 

notamment le site mémoire memoire traumatique.org 

 

Violences…

 

Ultra Violence »

 

mon prix du poster »

 

le site http://stop-violences-femmes.gouv.fr 

 

 

on sera confronté aux problématiques des patients migrants

 

avec le guide très complet du COMEDE

 

et notamment le bilan à réaliser

http://www.comede.org/IMG/pdf/Sous chapitres Guide 2008/Guide-Comede-2008_14_bilan-de-sante.pdf

 

 

Et puis, à un moment donné, inévitablement, après m’être retenu le plus longtemps possible, je finirai par dire « Tu connais Jaddo ? »

 

 

Et je ferai plus ou moins tardivement mon coming out de twitter, des blogs toussa

 

Et puis ça sera compliqué de ne pas parler des heures

 

j’avais fait une sélection sur mon blog ici et ici mais c’est vieux

 

c est dur de faire une selection, par exemple

 

http://www.jaddo.fr/?s=toinette

http://www.jaddo.fr/2008/12/26/le-petit-prince-a-dit/

http://www.jaddo.fr/2007/10/10/tu-napprendras-jamais/

http://www.jaddo.fr/2014/02/08/e-a-u/ incontournable

 

Il y a Dominique Dupagne et ATOUTE

Mais je m’arrêterai là car je ne pourrais être exhaustive

 

Mais ensuite on parlera de tous les sites internet utiles en consultation et du bon résumé de Farfadoc dans son billet Boite à outils

 

 

Je conseillerai la page Facebook et/ou le compte twitter du DMG paris descartes avec chaque semaine le billet de blog de la semaine et des infos intéressantes

 

 

Avant la fin du stage, cela serait bien de parler de l’organisation libérale mais en niveau 1, c’est un peu tôt pour aborder les microBNC et autres 2035, en fin de stage je serai synthétique

-ouvre un compte bancaire à visée professionnel (compte normal si possible)

-appelle média santé

si tu veux savoir, je te dirai combien je gagne

 

 

et puis je recyclerai ce que j’avais écrit sur tout ce qui est administratif qui vend pas du rêve mais que j’aime bien

 

SANTE-ET-TRAVAIL-POUR-LES-NULS  (format word)

SANTE-ET-TRAVAIL-POUR-LES-NULS  (pdf)

 

 

 

SANTE ET TRAVAIL POUR LES NULS

 

Au niveau de l’assurance Maladie, ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a deux branches bien distinctes : la branche maladie et la branche risques professionnels.

Quand on est en accident de travail par exemple, on ne peut jamais passer en invalidité pour le même motif.

 

 

  • MALADIE

 

–       3 volets : 2 premiers volets pour la sécu, le 3ème pour l’employeur.

Si en ligne : imprimer le 3ème volet et le donner au patient.

–       Durée : Arrêt maladie : 3 ans maximum mais c’est rare que la sécu ne dise rien jusqu’à là.

–       Carence : 3 jours de carence sauf si en rapport avec ALD (ou sauf si reprise inférieure à 48h, dans ce cas faire une prolongation).

–       Indemnités : IJ = 50% du salaire (sous certaines conditions d’heures travaillées et avec un certain plafond ).

Si >3 enfants à charge : IJ 66.6% du salaire à partir du 31ème jour.

  • Reprise : Visite de reprise avec le médecin du travail obligatoire après 30 jours d’arrêt. Après un arrêt de 6 mois, il faut faire un protocole de soins (le même document que pour une demande d’ALD) : on peut y penser tous seuls mais sinon la sécu l’envoie). Si c’est quelqu’un qui ne travaille pas le week-end : arrêter jusqu’au vendredi. Si il reconsulte le lundi, on peut faire une prolongation (et il n’y a donc pas à nouveau 3 jours de carence).
  • -ALD : Quand les patients sont en arrêt de travail en rapport avec une pathologie déjà en ALD, il ne faut pas oublier de rattacher l’arrêt de travail en cochant la petite case « en rapport ».

2 avantages :

-Pour le médecin, on ne lui demandera pas de remplir à nouveau un protocole de soins une fois arrivé à 6 mois d’arrêt de travail.

  • Pour le patient : pas de jours de carence à partir du 2eme arrêt en rapport avec l’ALD dans l’année civile et IJ non imposables.
  • Invalidité : Lors d’un arrêt prolongé, on peut passer en invalidité:

o   Catégorie 1 : 30% du salaire

o   catégorie 2 : 50% du salaire

o   catégorie 3 : nécessité d’une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne : 50% du salaire + majoration tierce personne (de 1100 euros)

o   La sécu peut le demander ou le patient ou le médecin traitant : sur papier libre ou formulaire.

 

Concernant l’invalidité, il y a un certain nombre de conditions à remplir :

Condition médicale : il faut une diminution de la capacité de travail ou de gain des 2/3 soit 66% acquise depuis l’immatriculation (s’il existait une pathologie antérieure à l’immatriculation, on doit apporter la preuve que cette dernière s’est aggravée)

Condition administrative : obligation de 12 mois d’immatriculation, obligation d’un nombre minimum d’heures de travail effectif ou assimilé au cours d’une période de référence (800 heures au cours de l’année civile ou au cours des 4 trimestres précédents l’interruption de travail suivie d’invalidité dont 200 heures au cours du premier trimestre (le plus éloigné depuis la date d’interruption de travail))

 

  • ACCIDENT DE TRAVAIL

 

–       4 volets : 2 premiers volets pour la sécu, le 3ème pour la victime et le 4eme pour l’employeur

–       Quand ? Présomption d’imputabilité si sur le lieu de travail.

–       On peut être en arrêt dans le cadre d’un AT ou en soins tout en continuant à travailler

–       Carence : Pas de jours de carence

–       Indemnités : IJ 60% pendant 28 jours puis 80% après 28j

Prise en charge à 100% des soins médicaux

–       Reprise : Le certificat de reprise est obligatoire.

La visite de reprise est obligatoire après 30 jours également (depuis juillet 2012, ce n’est plus 8 jours)

Quand on fait la reprise, il faut mettre des soins. Quand les soins sont finis, il faut les prolonger ou faire un certificat final = de consolidation.

–       Consolidation : Quand l’état n’est plus évolutif (et non pas quand le patient est guéri : nuance importante dont la méconnaissance fait que les patients ressentent souvent une injustice), la sécu demande souvent la consolidation, c’est-à-dire la fin de l’AT.

A ce moment-là :

o   si séquelles : le patient peut avoir soit une rente soit un capital entre une rente et un capital. Ceux-ci ne sont pas bien élevés en général sauf grosses séquelles (voir ici et ici ).

o   si pas de séquelles : guérison.

Concernant les séquelles d’accident du travail  (précisions bienvenues d’une consoeur          médecin conseil que je remercie grandement)

En fait, les patients touchent une rente mensuelle à partir de 10% d’IPP .

Il faut savoir que ce barème d’indemnisation des AT en droit social est issu du barème destiné à l’indemnisation des soldats de la guerre de 14-18. Il n’a pas été revu depuis des années et n’est donc pas à jour au niveau des données récentes de la science.

Faits marquants : la douleur n’existe pas, la psychiatrie est à peine ébauchée.

Conclusion : les séquelles douloureuses ne sont pas indemnisables en assurance maladie.

Raison pour laquelle souvent, les patients se sentent lésés car il leur est notifié une consolidation avec « séquelles non indemnisables ».

Le barème des maladies professionnelles est un peu plus large puisqu’on doit tenir compte des « séquelles fonctionnelles liées à la douleur ».

 

– Une fois que l’arrêt est consolidé, on peut remplir un formulaire de PROTOCOLE DE     SOINS POST-CONSOLIDATION pour demander la poursuite de la prise en charge des soins médicaux à 100% pour une durée définie par la sécu (par exemple 6 mois)

–       ATTENTION : Le problème, c’est que, une fois l’arrêt consolidé, on ne peut plus arrêter le patient pour ce motif (ni en AT , ni en maladie), sauf en cas de rechute, mais pour cela il faut qu’il y ait un nouvel évènement.

Si le patient n’a toujours pas repris le travail et qu’il considère qu’il ne peut pas le reprendre, il peut faire une contestation dans un délai d’un mois sur papier libre , il y aura une expertise, dans ce cas en attendant, on continue à lui faire des AT mais si l’expertise ne va pas en son sens (ce qui est souvent le cas) , il ne sera pas payé pendant tout ce temps.

On ne peut pas l’arrêter en maladie pour ce même motif.

D’où l’intérêt d’avoir agit en amont pour anticiper le problème pour ne pas en arriver là.

Il y a également la notion «  d’état antérieur » en accident de travail :

Notion importante à comprendre car elle permet parfois de « rattraper » une situation sociale inextricable mais souvent mal comprise par les patients et les médecins.

Un exemple concret :M. X 56 ans ressent une douleur vive lombaire lors d’un effort de soulèvement. Il fait une déclaration d’accident de travail. Les examens complémentaires révèlent des discopathies étagées et de l’arthrose sur tout le rachis lombaire. Au bout de 6 mois d’arrêt en accident de travail, il est toujours très douloureux et il est évident qu’il ne pourra pas reprendre son activité dans le bâtiment et que les espoirs de reconversion à son âge sont nuls.ll peut alors être plus judicieux de consolider l’accident de travail avec « séquelles non indemnisables compte tenu de l’état antérieur » et basculer en arrêt en maladie pour cet état antérieur. Ce qui permet ensuite de basculer en invalidité..Cette démarche est souvent mal comprise : « je n’avais pas mal avant », «  on ne reconnaît pas les séquelles de mon accident » alors qu’elle ne vise qu’à préserver l’intérêt du patient sur le long terme.

–       Cas particulier : la souffrance au travail

J’avais fait une formation où on m’avait dit qu’on peut faire un AT pour des problèmes de souffrance au travail s’il y a eu un évènement (discussion conflictuelle, altercation) significative sur le lieu de travail. Depuis 2012, il y aurait une jurisprudence (non retrouvée), cela peut-être une série d’évènements traumatisants ponctuels. On pourrait noter « stress post-traumatique en relation avec une dégradation des conditions de travail » ou « syndrome anxio-dépréssif réactionnel secondaire à une série d’évènements sur le lieu de travail ».

J’ai essayé plusieurs fois et cela n’est jamais passé en accident de travail. Je ne sais donc pas si c’est un bon conseil ou pas .

De manière générale, sur un arrêt de travail, on peut écrire stress post traumatique, dépression d’épuisement ou syndrôme d’épuisement professionnel, syndrôme anxio-dépressif ou anxiété réactionnelle mais il ne faut JAMAIS écrire harcèlement moral. C’est un terme juridique, un médecin peut être poursuivi pour écrire ça sur un arrêt.

(et ne pas écrire de lettre pour un avocat ou une procédure juridique, éventuellement on fait une lettre pour un spé ou médecin du travail que l’on remet au patient, il en fait ce qu’il en veut ).

En règle générale, il faut toujours écrire sur un arrêt ce que l’on constate et seulement ça et ne pas établir de relation de cause à effet.

 

  • MALADIE PROFESSIONNELLE

 

C’est compliqué, mais en 2 mots…

–       Une maladie professionnelle est la conséquence de l’exposition plus ou moins prolongée à un risque qui existe lors de l’exercice habituel de la profession.

–       Faire une demande en MP : La demande se fait sur le même formulaire qu’un Accident de travail+ un formulaire vert (que la Sécu envoie au patient) à remplir par le patient avec plein de renseignements

–       Quelles modalités ? Il y a des tableaux. Pour tout ce qui est TMS, c’est le tableau 57.

–       Mêmes règles que l’AT, même formulaire d’ailleurs.

–       ATTENTION : Il faut bien peser les avantages et les inconvénients :

 

o   Avantages :

  • prise en charge à 100% des frais médicaux (intérêt si pas de mutuelles) et pas d’avance de frais,
  • IJ un peu supérieures,
  • accès à un reclassement professionnel,
  • reconnaissance, ce qui a un intérêt psychologique pour le patient,
  • intérêt collectif de déclarer les MP pour faire bouger les choses dans les entreprises,

MAIS…

Bien réfléchir car comme on l’a vu avant, une fois que l’état n’est plus évolutif, consolidation pour la sécu  (plus ou moins rapide ) et après impossibilité de faire un arrêt pour ce motif, impossibilité de passer en invalidité, etc.

Hop ! on déclare une tendinite de l’épaule en MP, on l’arrête de temps en temps pour ce motif quand ça fait trop mal, hop ! un an plus tard la sécu consolide, on ne peut plus l’arrêter pour son épaule, jamais… ni passer en invalidité…

L’intérêt à court terme est des IJ un peu plus élevées, mais peut être délétère au patient à long terme. Notamment pour tout ce qui est TMS.

L’intérêt des MP est, selon moi, l’accès à un reclassement professionnel

 

 

NB : tout ça c’est pour le régime général, c’est pas du tout pareil pour les autres régimes, notamment pour les fonctionnaires. Là ça devient compliqué, en gros ça n’a rien à voir, on fait des demandes sur papier libre, de Congé Longue Durée ou Congé Longue Maladie. Y’a plein de subtilités bien compliquées (par exemple vaut mieux avoir la polio, et pas 2 cancers, mais bon…) Retenir que : 3 mois de salaire à taux plein, après faut passer devant le médecin expert.

Donc, le plus important c’est…

 

ANTICIPER !

 

Ce qui est donc primordial, c’est d’anticiper le retour au travail.

Pour pas arriver à des situations bloquées et parce qu’on sent bien que le patient va pas pouvoir reprendre.

Il faut aménager le poste en amont ou envisager un reclassement.

Pour ça, il faut faire appel à nos partenaires.

 

LE MEDECIN DU TRAVAIL

 

Et l’incontournable VISITE DE PRE-REPRISE

Quand un patient est en arrêt, on peut (on doit :-)) demander une visite de pré-reprise. Enfin c’est le patient qui le demande, et nous on fait une petite lettre qui explique tout bien, comment peut-on envisager une reprise, un aménagement de poste, un temps-partiel thérapeutique etc.

Quand on arrive à avoir les coordonnées du médecin du travail, et quand celui-ci est bien (c’est vrai que c’est médecin du travail dépendant mais moi pour l’instant je suis bien tombée), c’est vraiment une grande aide.

Il ne faut pas attendre la visite de reprise où le patient reprend sans que rien n’ait été préparé.

 

Le TEMPS PARTIEL THERAPEUTIQUE

 

Le temps-partiel thérapeutique : c’est un ARRET à temps partiel. Donc on fait un arrêt de la durée souhaitée du temps-partiel thérapeutique en notant arrêt à temps partiel.

Pour l’initier : il faut que le patient, la sécu (accord de principe pour 1 mois au moins par chez moi) , et l’employeur soient d’accord et que ce soit réalisable. L’employeur n’est  pas obligé d’accepter.

Le mieux est de prendre un RDV de pré-reprise avec le médecin du travail qui organise le temps partiel thérapeutique avec l’employeur.

Quand c’est organisé, on prévoit la date de reprise et on prolonge l’arrêt de travail du patient en cochant la case « reprise à temps partiel thérapeutique » sur l’arrêt de travail et la date de fin d’arrêt (1 à 3 mois plus tard).

Si on ré-arrête le patient à temps complet, je ne sais pas comment il faut faire officiellement, moi je mets dans le motif « était en temps partiel thérapeutique, arrêt à temps complet à partir de ce jour etc. »

On a l’habitude de parler de mi-temps thérapeutique mais il s’agit de temps partiel thérapeutique : on peut faire 30%, 50%, 80%, etc. par journées/demi-journées, etc. à voir avec l’employeur…

Le temps de travail peut être modifié au fil du temps à la hausse ou à la baisse. Le temps partiel thérapeutique ne se se prescrit plus obligatoirement à la suite d’ un arrêt de travail La dernière mouture du formulaire d’arrêt de travail permet maintenant de le prescrire d’emblée.

 

 

 

L’INAPTITUDE

 

Si on pense que le patient ne pourra pas reprendre à son poste, le médecin du travail peut, le cas échéant, si son état médical l’indique, lancer une procédure d’inaptitude définitive.

(NB : il existe aussi des inaptitudes temporaires, dans ce cas, le médecin du travail déclare le patient inapte temporaire et envoie le patient chez le médecin généraliste pour faire un arrêt de travail).

Concernant la procédure d’inaptitude définitive, elle se passe forcément une fois que la personne n’est plus en arrêt. Il doit y avoir 2 visites de reprise avec le médecin du travail (en gros inaptitude à son poste puis inaptitude à tout poste dans l’entreprise) avec 2 semaines d’intervalle. L’employeur a ensuite un mois pour procéder au licenciement.

 

Pendant ce mois là : soit le motif d’inaptitude est lié à un accident de travail ou MP, et le patient peut demander auprès de la CPAM une indemnité temporaire d’inaptitude, soit ben il a pas de sous pendant un mois…

L’employeur doit dans la mesure du possible proposer un reclassement professionnel/des formations mais cela dépend de l’entreprise et en pratique il y a peu de possibilités sauf dans les grosses entreprises.

 

Une inaptitude ne se fait pas comme ça : il faut un dossier médical solide. Dans le cas d’une pathologie psy, il faut souvent l’avis d’un psy (exemple d’inaptitude que j’ai eu : patiente, stress post traumatique suite à agression à mains armées dans son magasin, n’a jamais pu y retourner, voulait démissionner : inaptitude avec avis psy).

 

Quand les patients se sentent incapable de retourner au travail dans le cadre d’une souffrance au travail, de conflits ou d’un évènement traumatisant et qu’ils disent qu’ils vont démissionner, et quand on pense que c’est justifié et que leur état médical ne leur permet pas de retourner sur leur lieu de travail (il ne s’agit pas évidemment d’encourager quelqu’un qui n’a juste plus envie de faire le travail qu’il fait), il faut les dissuader de démissionner (perte des indemnités de licenciements et ne touchent pas le chômage ), et les adresser au médecin du travail pour évoquer un aménagement de poste ou envisager un licenciement pour inaptitude ou qu’ils demandent à leur employeur une rupture conventionnelle du contrat de travail (touche les indemnités chômage). L’employeur n’est cependant pas obligé.

Le cas échéant, selon les circonstances, conseiller au patient de prendre contact avec les syndicats ou l’inspection du travail ( coordonnées IDF).

Dans les grandes entreprises, il y a aussi parfois des assistantes sociales ou un service juridique qui peut aider et conseiller les patients.

 

SERVICE SOCIAL DE LA SECU

 

Il faut également toujours penser au service social de la sécu qui peut orienter/aider le patient dans ses démarches et peut être un partenaire très important. Les patients sont informés par des informations collectives et ils voient les patients entre 4 et 6 mois d’arrêt.

On peut les contacter au 3646.

 

LA MDPH

 

Et the last but notre least, la MDPH !! (Maison Départementale des Personnes Handicapées)

Le dossier MDPH qui fait si peur quand tu es interne ou remplaçant.

En fait la MDPH est ton amie.

Le truc c’est de savoir ce qu’on demande  En tant que médecin, on remplit le certificat médical mais cela n’a pas de sens si on ne sait pas ce que l’on veut obtenir avec.

Dans le dossier que le patient rempli, il y a plusieurs choses à demander, je vérifie toujours avec eux et leur explique bien ce qu’ils doivent remplir.

 

Avec un dossier MDPH, on peut demander:

–       des aides financières, humaines (AVS) et d’établissements spécialisés pour les enfants handicapés,

–       des cartes d’invalidité ou priorité (pour la caisse du supermarché par exemple) ou des cartes de stationnement (le taux de handicap nécessaire est plus élevé, >80% je crois),

–       un statut de travailleur handicapé (RQTH),

–       +/- demande de reclassement professionnel, de formation ou de travail en ESAT,

–       l’Allocation Adulte Handicapé (AAH),

–       la Prestation Compensatrice de Handicap (PCH ).

 

Du coup, c’est pas du tout la même chose de remplir un dossier pour demande de carte de priorité que pour une RQTH ou une PCH ! Il faut savoir ce qu’on demande.

 

La rédaction du dossier médical doit être soignée et détaillée.

Si on ne connait pas le patient, en tant qu’interne ou remplaçant, il est tout à fait légitime d’attendre le médecin traitant.

Si c’est un renouvellement ou une carte, pas exemple, avec les infos nécessaires, on peut tenter

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la branche MDPH est tout à fait indépendante à la branche sécu. Elles sont parallèles et peuvent être complémentaires.

Pour exemples :

Pour un patient qui ne peut plus travailler, on peut demander une invalidité et/ou l’ AAH.

Pour un patient qui ne peut plus rester seul, on peut demander l’invalidité 3ème catégorie avec majoration tierce personne et/ou la PCH.

Par contre, elles ne sont pas cumulatives, et la branche « invalidité » prime sur la branche MDPH.

Des exemples avec des chiffres au hasard :

Un patient peut bénéficier de l’invalidité catégorie 2 et de l’ AAH : la 1ère est de 500€, la 2ème de 600€ : il touchera 500€ de pension d’invalidité et 100€ d’AAH. Ou par exemple : 1800€ de catégorie 3 + MTP et 3000€ de PCH = 1800€ d’invalidité + 1200€ de PCH …

 

En gros, quelque soit le pb, on peut toujours demander des 2 cotés, ça ne coûte rien.

 

La PCH est complètement méconnue pourtant cela peut être magique.

Quelqu’un (de moins de moins de 65 ans bien sûr, tout cela étant pour des personnes en âge de travailler) qui a une perte d’autonomie et a besoin d’aide pour les actes de la vie quotidienne (ex: paraplégie suite à un AVP, maladie neurodégénérative…), la MDPH vient et évalue les besoins humains et techniques et ensuite finance ce qu’il faut. Une fois que la MDPH a accordé la PCH, elle finance tout ce qu’il faut, même si c’est une présence humaine 24/24 et que ça coûte 5000€ !

 

La RQTH enfin qui est ce qui nous intéresse ici

Ce statut permet d’avoir des emplois « handicapés » qui sont obligatoires dans chaque entreprise (genre 5% ou un truc comme ça) mais il n’est pas obligé de le mentionner, si le patient ne veut pas le dire à un employeur, il n’est absolument pas obligé.

Cela permet en outre d’accéder à des formations !! Prise en charge financière de bilans de compétences et de formation rémunérée afin de permettre un reclassement professionnel. Ceci est très important et il faut penser à le proposer à des patients qu’on ne considèrent pas comme « handicapés » mais dont le maintien dans leur poste à moyen terme semble compliqué.

Il ne faut pas hésiter à le demander très précocement, cela peut toujours être utile, car les délais sont longs. Dans le 93, la moyenne de traitement d’un dossier est de 6 mois.

A noter que les décisions de la MDPH sont rétrospectives ( y compris financières).

Pour la RQTH, si le maintien au poste est en jeu il existe une procédure accélérée demandée par le médecin du travail. D’où l’intérêt de la visite de pré-reprise

 

Le dossier MDPH concerne effectivement majoritairement le handicap mais peut concerner aussi la maladie lorsqu’on se doute qu’elle va durer plusieurs mois, notamment dans le cas de l’AAH, si une personne n’a pas de droits aux IJ ou a des IJ très faibles, et dans le cas de la RQTH, car elle est toujours attribuée pour une durée limitée dans le temps (comprise entre 1 et 5 ans en général) et réévaluée.

Ce qu’il faut retenir c’est que la RQTH est à envisager dès que le problème de santé a une conséquence sur l’emploi.

 

Et que la notion de handicap telle qu’elle doit être comprise lors de la rédaction de ce dossier (par les médecins comme par les patients) n’est pas une liste de pathologies, ce n’est pas être en fauteuil roulant non plus, c’est un retentissement fonctionnel . « toute personne qui a du mal à conserver un emploi du fait de problème de santé »

80% des personnes RQTH en France sont atteintes de handicap dit invisible.

 

 

Et puis pour l’instant, je m’arrêterai là…car l’interne sera déjà en arrêt pour burn out …

Burn out: moi jamais

Je me considère comme la championne de l’anti burn out.

Je donne des leçons (oui j’aime bien donner des leçons) aux autres sur comme lutter contre le burn out, à mes proches, mes patients, mes collègues, mes internes.Je leur conseille du repos et du plaisir. Je repère d’ailleurs bien ceux qui vont droit dans le mur et en général l’avenir me donne raison.

J’ai fait tous les bons choix , et j’ai aménagé ma vie professionnelle et personnelle de façon à ce que la médecine reste un plaisir et jusqu’ici tout allait bien. Je m’épanouis vraiment dans mon métier, d’autant plus depuis que je suis maitre de stage et que je donne des cours à la fac et dans les autres activités que je fais en parallèle et je m’auto-félicite de comment je suis contente de moi.

Et du coup,ça m’a pris par surprise quand mon mini burn out est venu. Je dis mini parce que c’est pas un vrai, et que c’était très circonstanciel, mais pleurer dans la voiture tous les soirs en rentrant, compter les jours, compter les patients qu’il reste à voir…

C’est à cause de mes patients, ils ont eu des maladies, salauds de malades…

Jusqu’à maintenant, j’avais été préservée, ils étaient sympa mes patients, très peu malades finalement et surtout ils avaient la décence de pas mourir. En cinq ans d’installation,pas un seul décès. Et là, en peu de temps, pas mal de maladies graves, et dans la même semaine, plusieurs choses compliquées à gérér, deux fin de vies dont une patiente du même âge que moi, une patiente que j’aime beaucoup qui fait une bouffée délirante aiguë, une petite de 3ans qui a une grave maladie, gérer un patient qui est un proche . Et l’absence de mon interne qui vit des moments très difficiles.

Heureusement, les vacances sont arrivées, bien à propos, dur de lâcher le cabinet (c’est propre au burn out, de se sentir indispensable) mais cela m’a fait du bien. J’ai retrouvé mon frère et sa famille, mes neveux et mes nièces, partis faire le tour du monde, j’ai visité les temples d’Angkor, j’ai nagé au milieu du plancton phosphorescent. Le Cambodge est un pays dont on ne revient pas indemne.

Et demain, il faut reprendre et pour la première fois, je ne reprends pas le travail avec plaisir mais avec appréhension. Je n’ai pas spécialement envie d’y retourner mais surtout j’ai peur, peur de ne pas retrouver le plaisir de mon métier que j’adore, peur de compter les jours avant le week end (où je suis de garde d’ailleurs ce qui me désespère à l’avance), peur de compter les patients avant la fin de la journée, peur de ne plus aimer les gens .

Parce que vraiment, c’est pas dieu possible que moi je fasse un burn out. Bon si ça va pas demain, on dira que c’est le jet lag et après demain tout ira bien !!

Parce que jusqu’ici tout allait bien alors pourvu que ça dure …

 

Le disque rayé

Ce mois ci le Mededfr a invité à bloguer sur le sujet « Savoir dire non »

Je pourrais écrire sur tout le chemin parcouru pour apprendre à dire non, ce que j’arrive à peu près aujourd’hui mais encore faut-il savoir comment le faire!

Ce que je voulais juste faire c’est partager ce que j’ai découvert et qui m’a beaucoup aidé: la technique du disque rayé progressif expliquée ici par Dominique Dupagne.

Il s’agit de répéter à plusieurs reprises une phrase constituée de deux parties

-Une première partie empatique « Je comprends bien ce que vous me dites »

MAIS

-Une deuxième partie qui indique le refus « je ne peux pas »

et ça monte crescendo

C’est juste brillant!

A lire absolument!

Cela a changé ma vie, en tant que médecin généraliste mais dans tous les domaines.

L’autre chose qui a changé ma vie,c’est de comprendre que dès fois au lieu de dire non, il suffit parfois simplement de comprendre ce qu’il y a derrière la demande et de recentrer le problème mais bon,c’est une autre histoire.

Vous pouvez lire les récits de médecins et de patients qui ont blogués sur ce sujet

Armance Ni oui ni non bien au contraire

Bruits des sabots Dire non

Patiente impatiente Dire non. Etre entendu. Ou pas 

Ninoche Say What

Je suis aidant Le pouvoir de dire NON. Que la force soit avec nous

Les chroniques d’Hortensie Le jour où j’ai dit non

Hermine  Mon mot à dire

Lama Rtine Pouvoir dire non

Shayalone Dire non-Aux nombrils des mondes 

 

50 nuances de MSU

Cela va faire 4 ans maintenant que je suis MSU c’est à dire Maitre de Stage des universités, c’est à dire que je reçois des étudiants en stage dans mon cabinet.

D’abord, des externes, qui font des stages de 3 mois, j’en ai eu 4.

Ensuite des internes, de niveau 1, c’est à dire des médecins qui ont choisi la spécialité de médecine générale et qui effectuent un stage de 6 mois dans un cabinet pour la première fois.

J’en suis à ma cinquième interne.

Cela prend de l’énergie, du temps, il y a parfois des difficultés, mais c’est vraiment fantastique! Je m’épanouis vraiment à être maître de stage. Cela fait assurément de moi un meilleur médecin et je pourrais parler des heures de toutes les raisons qui font que c’est trop bien mais comme j’ai une réputation de bisounours, je pourrais manquer de crédibilité! Alors j’ai demandé sur twitter pour qu’à plusieurs on puisse convaincre ceux qui en doutent que vraiment c’est top d’étre MSU!

Parce qu’évidemment, il en manque et il en faut! Alors si vous y pensez depuis un moment sans franchir le pas, n’hésitez pas, si vous vous posez la question, c’est que vous serez à la hauteur! Contactez la fac la plus proche de chez vous! et puis il y a des formations.

Si vous avez des questions pratiques, n’hésitez pas à ma les poser!

En tout cas, à chaque fin de semestre,c’est un déchirement mélangé à un sentiment de fierté, un peu comme quand les enfants deviennent adultes et quittent la maison j’imagine!

Donc si vous en doutiez, voilà

50 bonnes raisons de d’être MSU 

1-on mesure ce qu’on a appris en 20 ans (ou X ans) de médecine générale, on se sent intelligent

2-on sait qu’au moins 7 D4 de sa fac par an entendront parler de conflits d’intérêts,de décision partagée, d’asthme de l’enfant, d’éducation thérapeutique,de médecine 2.0, de certifalacons et de Jaddo

3-on transmet la médecine que l’on aime, à la fois exigeante sur le plan scientifique et proche des personnes.

4-les jeunes sont savants, dynamiques, respectueux, ça donne envie de faire de la médecine avec eux

5-cela permet aux externes de découvrir tôt notre belle spécialité

6- les patients en ont deux pour le prix d’un 

7-cela participe à la reconnaissance de la médecine générale à part entière

8-celà a un effet anti burn-out démontré

9-cela permet aux patients de voir de temps en temps une autre tête que la notre

10-regarder ce qu’on fait est enrichissant et transmettre est satisfaisant

11-on enseigne ET on apprend plein de trucs

12-on peut informer sur les violences 

13-on se doit de travailler du mieux possible

14-c’est la meilleure réponse à nos déceptions pédagogiques pendant nos études 

15-on peut se servir des internes/externes pour examiner les pieds des patients 

16-ou pour prendre la tension aussi 

17-parce qu’entre les internes, les externes et ceux des collègues, y’a souvent du dessert ou des goûters

18-cela oblige à être meilleur, plus rigoureux,à se tenir au courant, histoire de pas passer pour un has been rétrograde 

19-parce que parfois il y a des familles vraiment nombreuses en consultation #JeTiensLePetitTuAuscultesLaMère

20-ça donne l’impression de pouvoir construire la relation ville/hôpital de demain

21-cela permet un double regard sur les patients ou une double oreille #MerciPourLeSouffleCarotidienDeMonPatientDiabétique

22-les journées passent super vite avec un étudiant motivé

23-cela oblige à bien remplir ses dossiers pour que le pauvre interne ne soit pas noyé

24-ou le cas échéant, cela aide à avoir des dossiers bien remplis par l’interne

25-on se souvient de nos angoisses et on essaie de faire en sorte que notre étudiant ne traverse pas les mêmes 

26-on passe d’un exercice solitaire à un exercice en équipe 

27-cela brise les automatismes inconscients, cela oblige à argumenter et à documenter notre pratique 

28-la joie de partager, partager les connaissances, partager les pratiques 

29-cela oblige à parler à l’étudiant devant le patient avec des mots compréhensibles par celui ci 

30-enseigner c’est le kif!

31-on reçoit l’énergie de la jeunesse de nos étudiants

32-on voit un jeune médecin prendre confiance en lui, s’autonomiser

33-on échange dans le respect et la complémentarité 

34-l’interne a des connaissances via les ECN et le prat l’expérience, le bon sens et la sérénité

35-nos erreurs nous servent de réflexions pédagogiques, on ouvre nos boites noires 

36-on se fait des petites bouffes ensemble

37-et même ça oblige à faire une vraie pause déjeuner!! (voire de se faire un jap)             (bon ça c’est mon ancienne interne <3 <3 <3)

38-la transmission du savoir faire et du savoir être 

39-l’émerveillement de les voir évoluer en 6 mois

40-on montre le côté positif de la médecine générale qui est souvent méconnu 

41-on reste jeune

42-on partage des valeurs

43-il n’y en a pas assez et beaucoup d’internes ne peuvent pas faire de SASPAS et 6 mois ce n’est pas assez!

44-pour éviter le kislapétisme (ne faites pas comme moi qui ait googleisé,ça n’est pas un vrai mot)

45-on peut proposer des RDV à nos patients avec les internes lorsqu’on est complet

46-cela peut être une (plutôt faible) source de revenus complémentaire non négligeable

47-on améliore le confort du cabinet et on finit même par acheter une machine  à café

48-on peut leur parler de la marguerite des compétences #Troll

49- on peut pécho! (bon là je dénonce Christian Lehmann) 

Et the last but not least !!!!!

50 -il nous remplace ou s’associe avec nous !!!!!!!

Bref, pour citer Farfadoc: MSU c’est bon mangez-en!!!

Vous aurez probablement reconnu certaines de mes participations. Quant au reste, merci à Brigitte Tregouet, Dr Boucle d’Or, Dr A Capella, Canevet Jean Paul,Jean Claude Soulary, Doc TacTac, Opale, Doc du 59, Med student, Doc Arnica,Petit Doc en herbe, Aton aha, Kikia, Doc Shadok, Bruits des Sabots, Mandine, Christian Lehmann, Delamare 

Et merci à Koibo pour le hashtag #50NuancesDeMSU