3 ans et 2 mois

On m’a plusieurs fois dit récemment qu’il ne fallait pas que je m’oblige à écrire ce billet du 17! Que surtout si j’en avais marre, je pouvais arrêter, que personne ne m’en voudrait hein!! Que quand on a rien à dire, ben faut pas se forcer, dès fois on peut se taire aussi !!

J’AI BIEN COMPRIS LE MESSAGE !!!!!

J’AI COMPRIS QUE CA DEVIENT RIDICULE CETTE HISTOIRE A LA FIN !!

ET BEN NON!!! J’AIME BIEN PARLER QUAND J’AI RIEN A DIRE !!!

VOILA !!!

Et puis comme ça quand j’ai quelque chose à dire ,je peux le faire!!

Donc, là j’ai effectivement pas grand chose à dire !

A part que je continuerai à ne parler pour ne rien dire !

Par contre, hier j’avais des choses à dire !!!

Et pour le coup, ça mferait bien plaisir que vous le lisiez!!

Parce qu’en plus, aujourd’hui, jsuis dépitée.

L’OGDPC a fait un communiqué de presse pour annoncer que les séminaires de formation  continue seraient (encore ) diminué à un par an. Je vous passe les détails mais l’évolution prise depuis deux ans me désespère.

Et pour info, il reste à ceux qui le souhaitent une heure (jusqu’au 17 à minuit) pour s’inscrire à un ou plusieurs DPC pour l’année 2014 (sauf ceux qui n’ont fait aucun DPC et qui ont jusque la fin de l’année)

Bon, ben au mois prochain donc !!!!

Une page qui s’ouvre

Ces derniers temps, j’ai eu plusieurs discussions sur l’intérêt de faire entrer le monde de la médecine 2.0 dans l’enseignement en médecine. Des discussions riches avec des personnes d’horizons différents.

Il y a eu  des discussions sur twitter, il y a eu des discussions avec des amis twittos notamment avec certains membres de DMG (département de médecine générale: enseignement de troisième cycle pour les internes en médecine générale) motivés et rêveurs comme moi. Il y a eu aussi des médecins pas du tout connectés et des membres de DMG . Il y a eu des étudiants. Et puis des non médecins aussi.

Il y a eu le #Mededfr sur ce sujet .

Capture d’écran 2014-10-15 à 11.40.36

Il y a la série d’articles de Farfadoc cette semaine disant que c’est dommage quand-même !!

Et effectivement c’est dommage!!

Riche de toutes ces discussions, je suis vraiment persuadée que la médecine 2.0 peut faire partie de la formation initiale (et continue évidemment) des médecins (et des autres professions de la même manière).

Il faut peut-être que je définisse la médecine 2.0.

J’aime beaucoup la définition de Farfadoc « le 2.0, c’est la collaboration, la connexion des gens entre eux, c’est la mise en pratique du « on est plus intelligent à plusieurs ». »

La médecine 2.0, pour moi, c’est le partage et l’émulation que je trouve en côtoyant des personnes (médecins ET non médecins) que je n’aurais jamais eu l’occasion de rencontrer, ce sont les informations qui viennent à moi et aussi des informations que je partage. C’est un échange. C’est une constante remise en question et volonté d’amélioration. Internet en est l’outil. Il permet une connexion, un partage d’informations. Mais la médecine 2.0, c’est une histoire de personnes avant tout.

Dans mes rêves, j’imagine une FUMG 2.0

La FUMG, c’est la filière universitaire de médecine générale. Je parle de ce domaine car c’est celui qui me concerne mais évidemment mes réflexions et mes rêves sont valables pour les autres domaines.

Je pense que les possibilités sont multiples.

Des portails (sites internet, twitter ou facebook) permettant de faire circuler l’information: les informations pratiques (les cours, les événements) ( cf farfadoc épisode 1) ,les informations pédagogiques (articles supports de cours) mais surtout les informations diverses et variées que l’on apprend pas forcément à la fac (cf farfadoc épisode 2): les actualités scientifiques, les dernières recommandations.

Je pense que la blogosphère médicale est riche et que certains articles peuvent être intégrés dans certaines réflexions lors de cours aux étudiants. Il y a toute une dimension de la médecine générale dont l’apprentissage est difficile à appréhender. Des billets de blog pourraient enrichir cet apprentissage.

Les nouveaux paradigmes de l’enseignement allant dans le sens de l’auto-apprentissage (comme l’explique Fardadoc épisode 3, ce qu’on apprend est rapidement caduque et parfois même faux) il faut chercher les informations par soi-même, et il faut savoir les remettre en question. La médecine 2.0 est l’outil idéal pour cela.

Mais il s’agit surtout d’un échange. Dans mes rêves, il y aurait un dynamisme et un échange permanent. Les étudiants, les enseignants, les maitres de stage partageraient leurs réflexions et leurs connaissances. L’outil internet permet une interaction que les contraintes pratiques, géographiques et temporelles freinent souvent. (exemple à nouveau du groupe de pairs 2.0) et de nouvelles formes d’apprentissage (exemple des MOOC)  Et l’on pourrait développer l’interprofessionnalité et s’enrichir de l’expérience et du savoir faire d’autres professionnels de santé (Farfadoc épisode 5)

Bref, au delà du fait que je suis convaincue qu’un étudiant en médecine doit connaitre Jaddo (c’est la base!!), je pense que la médecine 2.0 est un formidable outil et en vrai je pense même qu’il est indispensable…

Et je ne parle même pas du rôle potentiel dans la représentation et l’image de la médecine générale et sa promotion. (Farfadoc épisode 4) 

Il n’est pas question de remettre en question l’enseignement tel qu’il existe mais d’apporter cet outil, cette dimension en plus.

Dans mes rêves ?

Je ne sais pas.

Comme je le disais récemment, tout s’emmêle…

Et lors de mes discussions récentes, j’y ai entendu des rêves, mais aussi du concret, des projets. J’ai vu des personnes motivées et dynamiques.

Je pense que des choses se construisent un peu partout.

Il y a dans le programme du congrès national du CNGE (collège national des généralistes enseignants) en novembre un atelier sur l’intérêt des médias sociaux dans l’enseignement en santé.

J’ai  vu que certains DMG avaient un compte twitter

@DMGStrasbourg
@DUMGRouen
@DUMGA80
Des collèges de médecine générale ont un compte twitter et j’en ai vu récemment se créer
@CGELAV (Nantes)
@CLGE_MG (Lyon)
@cgep7 (Paris Diderot)
@CEMGLille (Lille)
Le CGELAV a ouvert aujourd’hui un blog pour échanger autour de la formation en médecine générale. C’est une initiative locale qui témoigne du dynamisme et du potentiel de cette FUMG 2.0.
Aujourd’hui, aussi , le DMG de Paris Descartes a ouvert un compte twitter et une page Facebook
Je pense à titre personnel qu’il faut encourager ces initiatives. Ce n’est qu’un début. Je sais qu’il y a de ci de là des gens motivés ,des projets et des gens ouverts d’esprits à ces projets.
Mais il faut que l’outil soit utilisé et qu’il y ait un dynamisme derrière.
Le 2.0 n’est que ce que nous en faisons.
J’espère donc que c’est une page qui s’ouvre et que ça va être un peu, même un tout petit peu comme dans mes rêves (oui je sais je suis une rêveuse mais doublée d’une pessimiste/pragmatique qui au fond à bien conscience de la réalité des choses, bref je suis une fausse naïve)
Si y’a des étudiants qui me lisent et des enseignants: it’up to you!
 
Et sur le même sujet, aujourd’hui:

Emmêlage

Dans ma vie, il y a plusieurs domaines bien distincts.

Il y a ma vie personnelle, ma famille, mes amis. Parmi mes amis, il y a en a une partie qui sont des médecins avec qui j’ai fait mes études.

Il y a ma vie professionnelle. Celle ci est également multiple. Il y a la vie au cabinet, mon quotidien. Il y a les activités annexes comme par exemple les séminaires de formation médicale continue auxquels j’assistent et que j’anime parfois. Il y a la fac, dans laquelle je m’investie de plus en plus, ce qui me plait beaucoup.

Et parallèlement à tous ça, il y a ma vie 2.0, twitter, ce blog mais surtout tout ce que cela englobe. Cela fait désormais parti de ma vie à part entière. C’est là que j’apprends le plus au quotidien sur mon métier, c’est des amis précieux, c’est des rencontres d’une grande richesse, c’est ce qui fait que je suis la personne que je suis et surtout le médecin que je suis.

La médecine 2.0, c’est un partage , c’est incontournable, c’est pour moi indispensable.

Je le sais, j’en suis convaincue .Vous qui me lisez, pour beaucoup vous le savez aussi .

Mais c’est une vie parallèle.

J’ai envie de dire à tout le monde à quel point c’est formidable, je voudrais que tous les médecins puissent bénéficier de cette émulation qui me tire sans cesse vers le haut .

Je sens désormais ce décalage, par rapport à mes amis médecins, par rapport aux médecins que je cotoie dans les formations.

Et surtout c’est difficile d’en parler, parce qu’il y a l’anonymat d’abord (bien que ça ne m’ait jamais vraiment arrêté :-) et parce que c’est dur à expliquer aux gens, qui soit n’y portent pas d’interêt, soit nous prennent pour des fous ou des addicts de ce monde bizarre, nous prennent pour des fous de rencontrer des inconnus et d’échanger une maison avec, n’en parlons même pas.

Et puis, peu à peu , ces mondes parallèles se mélangent.

Grâce à gentil mari qui a initié la première rencontre et que j’ai le premier intégré dans ce monde parallèle. Des gens de ce monde initialement virtuel sont devenus des amis de la vraie vie. Ils assistent aux évènements de ma vie au milieu de ma famille et de mes amis. Des amis anciens rentrent dans ce monde nouveau. Mon groupe de pairs est constitué moitié moitié de twittos et de non twittos.

Ma vie professionnelle aussi est de plus en plus emmêlée. Au cabinet, à mes collègues, à mes internes, j’en parle librement et dans de plus en plus de situations ce n’est plus un secret , ni même un tabou. Certaines de mes remplaçantes sont des twittos.

Hier, j’ai fait une formation. Je fais désormais partie d’un organisme de formation médicale continue parce que deux twittos m’y ont accueilli. J’avais choisi le sujet des violences faites aux femmes parce qu’une twittos m’y avait sensibilisé et recommandé l’intervenante. Celle ci, j’en parlerai plus tard était effectivement formidable et nous avons discuté avec elle sur twitter car elle y est aussi. Et puis elle m’a repérée évidemment et on s’en fiche, on a discuté encore mieux !!.Tout s’emmêle…

Ces mondes s’entremêlent désormais et ce n’en est que plus enrichissant.

Je n’ai presque plus de réserves à en parler et même j’en suis presque fière désormais.

Pourtant je ne me voyais pas arriver à la fac, au DMG en disant « au fait, vous connaissez twitter et les blogs et tout ça, vous pensez pas que ça serait bien de le développer dans l’enseignement ? »

Quand je lis le dernier billet de Jaddo , je pense qu’il faudrait que tous les étudiants en médecine le lisent . Quand on débat autour des RSCA et autres traces d’apprentissages que les internes en médecine générale doivent fournir, je me dis que nous blogueurs, c’est un peu ce qu ‘on fait de manière non formalisée et spontanée et que peut-être si la formation initiale des médecins s’emmêlait avec la blogosphère, cela leur montrerait d’autres points de vue stimulants. Je me demande l’influence qu’aurait eu la médecine 2.0 si je l’avais connu lors de mes études. J’ai l’impression que j’aurai gagné tellement de temps dans ma maturation et mon cheminement.

Et quand je lis Farfadoc, je me dis que c’est dommage quand-même…

Du coup, au fond de moi, je pense que ces deux mondes aussi peuvent s’emmêler aussi, que finalement tout est possible…

Et plus tout ça s’emmêle, plus je trouve ça chouette…