Concours de l’été: le retour

L’année dernière, à l’occasion de la sortie du film Hippocrate, j’avais lancé un Concours de l’été, pour gagner des places pour le film, il fallait raconter une anecdote de son premier jour de travail. (voir ici les résultats si ça vous intéresse.)

J’ai beaucoup aimé lire vos récits.

J’ai eu envie de refaire pareil cette année.

Il fait beau, c’est le 14 juillet, farfadoc a écrit aujourd’hui un joli billet qui rappelle qu’elle est quand-même un peu un bisounours et j’avais envie de bisounourserie.

Surtout, j’ai lu aujourd’hui et comme souvent des témoignages, notamment sur twitter de personnes,notamment des médecins installés, fatigués, démotivés, exaspérés. J’entends leurs plaintes et je les comprends mais je suis sûre qu’il y en a d’autres qui sont pleinement heureux, et que même ceux qui morflent ont par moment des instants où ils se disent que ça vaut la peine.

Je pense qu’un jour la  #TeamMédecinsHeureux devrait faire un mouvement (témoignages/billets de blog) pour mettre un peu de douceur dans ce monde de dur labeur (à bon entendeur:contactez moi) mais pour aujourd’hui je veux comme l’année dernière ne pas limiter ce concours aux médecins et j’invite tout le monde: médecins, étudiants, soignants mais également tout le monde, n’importe quelle profession ( mère au foyer en est une) à participer.

Il s’agit comme l’année dernière de faire un récit, qui peut être très court ou plus détaillé, comme vous le voulez ,le récit d’un moment au travail ou en stage où vous vous êtes dit « j’aime ce que je fais »: une anecdote, un événement, un moment de grâce, ou tout simplement une routine du quotidien qui vous a fait pensé « médecin généraliste est le plus beau métier du monde » pour ma part ou toute autre activité pour la votre.

Qu’est ce qu’on gagne?

Alors cette année, je n’ai pas de sponsor pour offrir un cadeau.

(si des sponsors veulent sponsoriser ce merveilleux concours je suis preneuse-labos exclus évidemment:-)

Alors, j’ai hésité entre « rien » et « des bisous » et puis du coup j’ai décidé que les gagnants auront un « cadeau surprise » (comprendre je sais pas encore quoi mais ça va déchirer..ou pas).

Je compte sur votre participation, sinon je comprendrais que la seule chose qui vous intéresse,ce sont des places de ciné! Dans ce cas, je vous offre une séance ciné avec moi!

Envoyez moi vos témoignages en commentaire de ce billet .

Avant la fin de l’été!

 

 

 

23 réflexions au sujet de « Concours de l’été: le retour »

  1. Salut Docteurmilie.

    En lisant ton message de ce mois, j’ai réalisé que pour une fois, j’avais l’occasion de pouvoir participer de manière sérieuse à ton blog. Voici donc ma contribution, dont je sais par avance que tu aimeras le sujet…

    Le moment professionnel qui m’a amené un jour à dire « J’aime ce que je fais » s’est fait déroulé sur une assez longue période avant de se concrétiser. Tout d’abord, pour « situer l’action », précisons que je travaille depuis 18 ans au rayon Langues Etrangères d’une grande librairie au sein de laquelle nous avons la liberté de faire des vitrines sur des sujets d’actualité et / ou sur des coups de coeur. Un jour (c’était à la mi-2010) je me suis mis en tête de préparer une vitrine ayant pour sujet Le Petit Prince…..dans le plus de traductions possibles. Mais à l’époque, nous ne disposions que des traductions « classiques » d’un rayon Langues (Anglais, Allemand, Espagnol et Italien), et il était de faire une vitrine avec si peu. Je me suis donc fixé comme objectif d’avoir le plus de traductions possibles pour faire une vitrine en MARS 2013 (Car la première édition publiée était en Anglais, le 6 Avril 1943 ; il sera publié en France en 1945). Je me suis donc lancé dans ces recherches, et après avoir d’abord réussi à le trouver en Latin et en Grec Moderne, j’avais finalement en Décembre 2011 environ 35 langues (38, je crois…) et plus de 45 versions différentes (En effet, il existe des versions bilingues, avec CD, etc). Je tiens à noter que je n’ai pas atteint ce nombre seul, puisque quelques nouvelles parutions (surtout en langues Asiatiques et en Créole) sont venues se joindre au fond. Mais j’en ai quand même trouvé pas mal moi-même.

    En Décembre 2011 donc, j’avais pas mal de matière, aussi ai-je décidé d’avancer ma vitrine pour Février 2012, un créneau de vitrine libre . Et j’ai commencé à travailler dessus…

    J’ai d’abord demandé aux autres départements de la librairie s’ils voulaient participer en me proposant des versions en Français : versions poches, grand format, versions pour enfants dont un magnifique « pop-up » du rayon Jeunesse, et même une étude sur l’oeuvre elle-même. Le projet était devenu une vitrine « multi-étages »!! . J’ai également relu le livre et choisi certaines phrases pour les incorporer à la vitrine.

    Début Février, j’ai donc installé l’ensemble. Au sol, les versions en Français et en Langues Régionales, et les versions en langues étrangères qui occupaient le reste de la vitrine. Le tout accompagné de quelques photocopies des aquarelles du livre, des phrases relevées par mes soin et imprimées, de photos de Saint-Exupéry, etc…

    J’ai été bien sur très fier de voir ce projet réalisé, surtout que comme je voulais que le tout soit une vraie surprise, j’avais catégoriquement refusé de montrer à mes collègues (même ceux du rayon) ce que je photocopiais ou de dévoiler la façon dont je comptais agencer le tout en vitrine. Mais le meilleur était encore à venir, car j’ai eu la surprise de recevoir de nombreux compliments du personnel de la librairie, de la Direction et des clients. Un petit éditeur d’Esperanto a d’ailleurs pris des photos, ravi de voir son livre en vitrine.

    Voila. Un moment mémorable pour moi car mes collègues ont participé sans se poser de questions, et une reconnaissance unanime. En souhaitant que ce témoignage vous plaise. Et pour souligner aussi que même si je travaille dans un secteur de plus en plus en danger au fur et à mesure que le temps passe, j’ai quand même la chance de faire partie d’une enseigne qui laisse une grande liberté à ses employés pour ce qui est de l’animation. Tout n’y est pas parfait, et cela n’évolue pas que dans le bon sens, mais cela pourrait être bien pire. Travailler en librairie est certes ingrat pour ce qui est de la reconnaissance et du salaire par rapport au travail fourni. Mais c’est aussi un travail que l’on fait par passion, dans l’espoir d’offrir un petit truc en plus au public…

    J’aime ce que je fais.

    Dernière chose : si vous n’avez pas lu Le Petit Prince, lisez-le. Si vous l’avez lu, relisez-le. Si vous l’avez déjà relu, écoutez la version audio lue par Gérard Philippe. Et préparez-vous pour le film d’animation qui sortira le 29 Juillet : les images (et les voix, avec entre autre celle d’André Dussolier), promettent un beau spectacle. J’espère ne pas être déçu. Et ne pas vous avoir ennuyé avec ce long texte.

    Le Petit Prince existe actuellement dans plus de 270 langues et dialectes, avec dans les dernières parutions de Juillet 2015, une version en…alphabet Morse!
    (J’en ai commandé avant de partir en vacances…)

    • Joli récit d’un passionné :) Je me permets de répondre pour Le Petit Prince, que j’ai eu la chance de voir en avant-première en accompagnant une sortie scolaire . J’ai bcp aimé, les 10-11ans présents ds la salle, aussi, le film d’animation a réussi je trouve à faire une belle passerelle entre ce classique aux paroles si sages, et les goûts plus modernes des enfants, tout en restant fidèle à la grande poésie de l’oeuvre d’origine.

  2. Moi je recois un jour en consultation une famille avec leur fils adopte. Il a depuis 2-3 semaines un tic qui exaspere sa mere ( et moi aussi assez rapidement). J exclus assez vite le probleme organique et on commence a essayer tous ensemble de comprendre d ou ca peut bien venir. Finalement je lache  » il doit bien y avoir quelque chose qui t angoisse et que tu n arrives pas a exprimer avec les mots « . Et la il me regarde droit dans les yeux et dit  » j aimerais bien savoir si je vais avoir un frere ou une soeur… ». Les deux parents se mettent a pleurer et enlacent leur fils. Effectivement ils ont fait une demande pour une nouvelle adoption mais ne voulaient pas encore l annoncer ». J en ai aussi les larmes aux yeux de voir la tension s envoler. Tout le monde resssort avec le sourire et sans tic :-). Ca aussi c est de la medecine generale !

  3. Ce concours est une excellente idée car vous nous donnez de la lecture pour cet été ! J’ajoute cette page dans mes favoris pour ne rien perdre. Et j’ajouterai que j’ai été touché par cet enfant qui attend que ses parents lui annoncent l’arrivée d’un frère ou d’une soeur.

  4. Visite pour suivi de nourrisson en pleine forme, qui vient avec ses deux parents à chaque fois, qui sont mes patients aussi, depuis 5-6 ans. Et ce jour-là j’ai eu droit à un joli faire-part de naissance avec un petit mot en plus :
    « Farfa,
    Merci pour tout! Le suivi de grossesse, vos conseils, votre écoute. L’expression « médecin de famille » prend vraiment tout son sens avec vous. Ne changez rien! Amicalement, A. » (la maman, NDLR)

    Je kiffe mon job.

  5. j’arrive ici via Farfadoc…installée à la Réunion depuis 8 ans en LBM , j’adore quand les patients amènent des produits du jardin au labo pour remercier l’équipe: secrétaires, techniciens, la bio …alors on se régale avec les litchis par exemple: c’est toute la générosité créole; et ça va droit au coeur, car beaucoup de nos patients sont à la CMU…

  6. J’ouvre une ruche. Je ressens le poids du bois, la chaleur de la colonie, son odeur forte, citronnée, miellée, le parfum des abeilles qui battent le rappel devant l’entrée. La cire blanche fraîchement bâtie donne envie de croquer à même le rayon. Au fond des cellules scintille la gelée où flottent les petites larves. Dans le bourdonnement de la ruche, je perçois le vrombissement plus grave d’un mâle. C’est sensuel. J’aime mon métier.

    Je reviens fatiguée, épuisée, à la limite du coup de chaleur. Je bois des litres et des litres, je me verse de l’eau sur la tête. Mes pieds sont lourds. C’est divin de détendre mon dos fatigué dans un moelleux fauteuil avec une bière fraîche ou une boule de glace au citron. Même quand c’est physique, que je dois gérer l’effort pour ne pas tomber comme une mouche, j’aime ce que je fais. Mieux vaut l’épuisement physique que l’épuisement mental.

    Je prépare mon étal, je déplie le grand parasol orange. Ce soir je ne vendrai pas tant que ça de miel, mais je parlerai de mon métier, des abeilles, de mon miel, de la météo… J’aime parler de ce que je fais. Je crois que si je fais ce marché, c’est plus pour parler que pour vendre…

    J’aime quand on me demande mon métier et qu’on répète, admiratif: apicultrice? ça doit être chouette! Oui, ça l’est.
    Je fais un peu de tout. Entomologie, botanique, menuiserie, bricolages plus ou moins foireux, vente. Je me balade sur d’improbables chemins de campagne. Je m’en mets parfois plein les yeux. Ca compense le stress lié au compte en banque :-)
    Je ne travaille jamais dehors sous la pluie: les abeilles n’aimeraient pas ça. Ni quand il fait froid: jamais en dessous de 12°C.

    Parfois, je me lève très tôt pour transhumer des ruches. Le monde m’appartient, à moi toute seule. La brume du petit matin s’accroche à la cime des arbres. Les premiers rayons du soleil me voient déjà au travail. La journée sera longue mais un matin de transhumance est toujours particulier.

    Je fais du miel, et aussi du pollen. De l’élevage de reines et des essaims. De la propolis, du pain d’épice, et même du chocomiel. Tout ça, c’est aussi mon métier. Peut-être qu’un jour je m’essaierai au chouchenn…

    Je transmets, aussi. Moi qui adore parler, me voilà formatrice. J’initie à l’apiculture. Je raconte les mille et un petits détails qu’on ne trouve pas dans tous les livres, les trucs et astuces quand on ouvre une ruche. Je tends l’enfumoir et le lève-cadre à un élève, je lui montre le couvain, le pollen, un mâle, la reine. Je planifie des cours plus techniques, élevage de reines, sélection.

    Je suis apicultrice et j’aime ça.

  7. Ping : La 1ère consultation | DocPimprenelle

  8. Coucou Milie!
    Voici ce que mon métier de med Gé représente pour moi: une traque permanente et passionnante :)
    La bise!

    Enquête

    Comme un coupable tu fautes
    Comme un coupable tu blesses
    Comme un coupable tu laisses des indices.

    Je suis un enquêteur.

    Grâce à l’observation de ma victime et à son interrogatoire, je me rapproche de toi.
    Des rouages se font dans ma tête : je relie tel symptôme à tel date, à tel atcd, à tel facteur environnemental.
    A la fin de l’entrevue, j’ai déjà une idée de qui tu es et où tu te caches.

    Un examen clinique rapide , voire un examen paraclinique me permet de confirmer mes soupçons.

    Une fois attrapée, tu recevras le traitement que tu mérites.
    Selon ta gravité, tu peux être classée en contravention, délit ou crime.

    Parfois tu deviens meurtrière . Parfois, on t’attrape avant.
    Parfois, mettre la main sur toi prend des semaines, voire des mois.
    Parfois tu es si bruyante, si brutale, qu’il faut agir vite.
    Parfois, tu restes fugtive, jusqu’à la fin.

    J’aime jouer avec toi. Même si parfois je perds.
    Chère Maladie-Coupable, j’ai tout de même le rêve fou qu’un jour, on t’éradique, que les patients redeviennent gens, et n’aient plus jamais besoin de mes services.

  9. Participation de doc Pimprenelle publiée sur son blog
    https://pimprenellemg.wordpress.com/

    La 1ère consultation
    Publié le 22 juillet 2015 par DocPimprenelle

    Suite au billet de @docteurmillie ici , voici ma contribution pour le concours de l’été.

    Moi ce que je préfère dans mes consults c’est la 1ère consultation du nourrisson, celle des 15 jours ; cette consultation si particulière où on fait connaissance avec ce nouveau né que l’on verra ensuite grandir.

    En général, je connais les parents. Je les ai connu parfois bien avant qu’ils soient ensembles… J’ai connu leurs peines, leurs joies,parfois leur rencontre… Souvent j’ai prescrit le bilan MST et la prescription de contraception pour madame après quelques mois de relation. J’ai suivi leurs doutes, leurs projets, leurs voyages… Et puis un jour le projet de grossesse.

    Ensuite je les ai vu lors de cette 1ère consultation de grossesse (celle là aussi je l’aime bien). Parfois madame toute seule, parfois en couple. Une grossesse parfois désirée, inespérée, imprévue… mais finalement toujours la bienvenue. Je les ai accompagnés pendant cette grossesse que celle ci soit paisible ou parfois plus compliquée.

    Et puis voilà, ça y est le bébé est né et voilà qu’ils viennent me le présenter lors de cette 1ère consultation. J’aime cette consultation parceque j’aime ce qu’il s’y passe. J’aime observer la complicité des parents, la tendresse qu’ils ont envers leur nouveau-né, les signes de fatigue, les signes de joie… J’aime observer leur maladresse quand il faut déshabiller le bébé (surtout pour les primi !). J’aime quand ils me regardent l’air inquiet de savoir si tout va bien et si l’examen est normal. J’aime me faire pisser dessus lors de la pesée (oui ça c’est un grand classique mais c’est pas grave !). J’aime quand les parents sont émerveillés quand j’annonce que le petit a grandi de 1 ou 2 cm !

    Et par dessus tout j’aime cette confiance que m’accordent mes patients. Parcequ’on à beau dire que « oui on fait aussi les enfants », à Paris, le culte du pédiâtre est encore bien ancré, et je suis toujours très touchée de la confiance que me témoigne mes patients en me donnant la possibilité de devenir LE médecin de famille 😉

  10. Hello millie! Je suis également libraire et je suis ton blog ainsi que celui de Jaddo après avoir reçu, mis en rayon et dévoré son livre.

    Voici mon humble témoignage, se passant sur une certaine période de temps.

    Je vois arriver une petite fille à mon rayon jeunesse. Tirée par sa maman, et une tronche de 6 pieds de long. La maman me dit :

    « Je viens chercher un livre pour ma fille, un de bien cette fois, les 7 derniers ne lui ont pas plus, elle ne les lis pas. Pourtant c’est important, je veux qu’elle lise! »

    (Certe madame, je suis tout à fait d’accord avec vous sur le principe… Reste l’application).

    Je demande donc à la petite ce qu’elle n’a pas aimé dans les 7 livres achetés par maman et ce qu’elle aurait préféré lire.
    Maman ne laisse pas sa fille répondre, et chouine à la place :

    « Mais je ne comprend pas ce qu’elle n’aime pas, je lui ai acheté des **** (série de livres plutôt typée « fille » parlant de chevaux). C’est très de son âge, et fait pour elle ».

    (Maman à quand même l’air un peu renseignée sur les lectures à donner ou pas aux enfants ça change de celles venant acheter sans sourciller des trucs ultra violent pour leurs mômes de 8 ans).

    Je commence à entrevoir un début de solution, la fille n’aimerait elle pas les chevaux?

    J’éloigne un peu la fille de la mère et lui pose la question. Réponse : »non pas trop ». Ahah.
    « Qu’est-ce que tu aime alors? »
    « Je sais pas, mais mon frère regarde un dessin animé d’agent secret et j’aime bien. Mais je dois voir en cachette, maman ne veux pas que je regarde aussi »

    Je vois donc mieux le tableau. Maman achète des livres de « fille » alors que la petite voudrait voir une série de « garçon » donc peut-être que les livres de « garçon » lui plairont plus que ceux de « fille »?

    Je propose donc **** (série de minis agents secrets, plutôt typée « garçon »).
    Hauts cris de la maman, offusquée.

    « Mais c’est une fille madame! UNE FILLE! Elle ne va pas lire ÇA (moue dédaigneuse, limite dégoûtée).

    « Écoutez madame, je pense que ça lui plaira, et son frère pourra les lire lui aussi » (Grand sourire).

    Maman repart, avec les deux premiers tomes et une bonne dose de scepticisme.

    Fin de l’acte I.

    Acte II.

    5 jours plus tard, je vois arriver la petite, accompagnée de son grand frère et de papa, tout sourire.

    Le papa me dit que sa fille à adoré, son fils aussi et sa femme est un peu moins butée et sexiste qu’avant, je lui ai ouvert les yeux sur le fait que les filles pouvaient aimer des trucs de « garçon » et vice-versa. 4 ans qu’il en pouvait plus, il voulait me remercier en personne.
    Ils m’ont pris les 12 volumes suivants (heureusement que je les avaient en stock :D)

    Fin de l’acte II.

    Acte III.

    Après avoir très régulièrement revu la famille pendant 1 an, la petite (devenue presque une grande) m’a amenée toute fière, une photocopie du prix de lecture qu’elle à gagné à son école.

    Je l’ai affiché au dessus de mon bureau.

    J’aime mon métier.

  11. En SASPAS depuis début Mai, je découvre ce qu’est réellement la médecine générale, ce n’est pas 3 ans d’externat sans un stage en cabinet, ou mes stages en dehors de mon stage de niveau 1 chez le praticien qui pouvait m’y préparer. Et même ce stage de niveau 1 qui était certes une découverte, une très agréable découverte, mais juste un aperçu de ce qu’était la médecine générale, ne pouvait me préparer à ça. Et encore, je sens bien que je suis épargné par ma prat de beaucoup de coté sombre de la médecine générale en cabinet. Malgré tout, ce stage est une telle claque, que je ne cesse de me remettre en question, sur ma pratique, sur ma vocation, sur mes choix. Je sais, vous devez vous dire que si je commence comme ça avant même de commencer ça s’annonce plutôt mal, et cette pensée m’effrait parfois quand l’inconnu de l’après pointe le bout de son nez. Les deux premiers mois ont été difficiles. Certes la motivation était là, mais le fait que même avec un patient par demi-heure j’avais l’impression de ne faire que survoler les problèmes des patients et leur prise en charge socio-médico-psychologique était très anxiogène. Et voilà que je me retrouve seul, en face à face, aucune supervision directe, juste un débriefing en fin de journée ou alors j’utilise le « coup de fil à un ami » en demandant l’aide de ma prat’, mais j’essaye de n’utiliser qu’en dernier recours ce joker parce qu’il faut aussi me préparer à l’après, mais bon dès fois je ne dirai pas non à un 50/50 ou un vote du public. Alors me voila à recevoir des patients pour des motifs qui n’ont aucun rapport avec ce qu’on voit à l’hopital, aucun rapport avec les items de l’ECN. Parce que l’ECN nous apprend à soigner Mr Tout le monde, mais ce monsieur ne vient JAMAIS à ma consultation ! Je surnage, je panique « à bas bruit » pour ne pas que le patient le ressente. Je n’avais plus connu ça depuis mes premiers mois d’interne. Et sans cesse me revient la claque de « en novembre c’est la même mais sans filet ».
    Puis arrive mardi dernier, cette patiente, anxieuse chronique, avec une colopathie fonctionnelle et une lombalgie toute aussi chronique que son anxiété. C’est la dernière patiente de ma journée, et même si je sais à quel point j’ai envie de rentrer chez moi, je m’implique, presque sans le réaliser vraiment, dans la consultation. Je ressens son handicap qui pourtant n’est du à rien de visible, il n’existe aucune reconnaissance de sa douleur et de son retentissement sur sa vie quotidienne. Je sais que son dossier est presque plus épais qu’elle mais peu importe, je veux m’y méler. Je reprends tout depuis le début, je l’examine comme toutes les fois précédentes où un médecin l’a examinée, je ne trouve rien de plus que les précédentes fois où elle a vu ma prat’. Je lui dis qu’on va tout reprendre à zéro, si elle est d’accord. Elle me regarde droit dans les yeux, approuve d’un haussement d’épaule tout en disant « si vous voulez ». Je vois tout ce qui a été fait, au fond je ne fais rien de nouveau, je ne vais pas révolutionner son dossier, je ne vais pas la guérir par imposition des mains ou en récitant une formule magique type « Expolsum colopathiae ! » tout en agitant mon marteau reflexe dans sa direction. Je sens bien qu’elle est curieuse de ma démarche. Je lui donne ses ordonnances, et je lui dit de prendre rendez-vous quand elle sent le besoin, que le traitement marche ou pas, juste pour faire le point, juste pour ne pas stagner, pour tenter de faire quelque chose, à deux, en équipe, dans un contrat thérapeutique implicite.
    Elle me sert la main, passe le seuil de mon bureau, se retourne vers moi et me demande « Pourquoi vous faites ça pour moi ? ». Sur le coup, prit au dépourvu, je n’ai pas répondu comme je l’aurai voulu, j’ai balbutié un ridicule « parce qu’il faut bien qu’on vous soigne ».
    Sur le coup, cette consultation ne m’a pas plus marquée que ça. Et en tombant sur votre billet c’est cette consultation qui m’est revenue à l’esprit. Parce que même si je ne sais pas si je vais réussir à la soigner, à améliorer sa qualité de vie, j’ai juste envie d’essayer, parce que c’est mon métier, notre métier. Parce que certes toutes les consultations ne sont pas magiques, et il est tout à fait humain de se souvenir plus facilement des situations qui nous ont posé problème. Peut être qu’on parle plus de nos consultations paniques que de nos consultations sourires, parce que, comme me l’a dit récemment quelqu’un que j’apprécie beaucoup « Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne ». Mais dans toutes ces consultations, banales, lambdas ou pénibles, il y en a certaines où sans savoir pourquoi on va plus s’impliquer, parce que c’est notre combat, notre métier. Le plus beau des métiers.

  12. Je suis en derniére année de médecine générale (7e), ce qu’on appel stage interné ici (Algérie). Je suis donc interne en chirurgie (neurochirurgie).

    2 frères se chamaillent assez violement pour en arriver aux mains. Le ton monte, une barre de fer à porté de main et ça fini en embarrure pour le petit frère!

    Il est évacué au CHU, il va pas trop mal mais c’est à opéree. Le grand frère est mort de trouille! On le rassure un peu et on entre au bloc (avec le neurochirurgien).

    L’intervention se passe bien. Moi?, l’interne je n’ai en gros que tenu les écarteurs!

    On sort si bloc, le neurochirurgien s’éclipse et retourne dormir, et moi je reprend ma garde aux urgences. Le frère me demande des nouvelles, je dis que c’est ok. Il se met à me remercier avec les larmes aux yeux! C’était la première fois pour moi! J’était aussi très ému car ce n’était que là que je me suis rendu compte de ce qu’on (euh enfin le chirurgien :p ) venait de faire!

    Sur le coup j’ai biensur garder la tête froide, mais j’y repense encore maintenant (2 ans après).

    Ce jour là je me suis dit que je ne ferais rien d’autre que chirurgie, et puis…

  13. C’est maintenant. C’est l’été.
    Je ne pars pas en vacances mais j’habite le sud de la France… ça aide !
    Médecin oncologie reconvertie en psychothérapie depuis 10 ans, je vois 5 à 6 patients par jour. Pas plus car je leur consacre du temps, c’est mon premier outil de travail (le deuxième c’est mon iphone pour être toujours joignable !).
    C’est l’été et mes rendez-vous se sont allégés… (Beaucoup de mes patients sont partis en vacances, eux !). Du coup j’essaie de regrouper mes rendez-vous et de m’accorder des jours de repos / mer / balades / ou juste transat et bullage intensif.
    Alors il s’est produit une bénéfique alchimie : les patients qui restent et préfèrent mon bureau climatisé à la plage surchauffée sont vraiment motivés par leur travail en thérapie… Quant à moi j’adore l’été, les cigales et mon boulot… Oui, je suis certainement plus disponible dans ma tête et donc plus efficace.
    Alors quasiment toutes les séances que je réalise depuis quelques semaines sont un pur bonheur… Mon écoute est totale, ma disponibilité offerte, mes lectures récentes très présentes à mon esprit, mon humeur légère et ma peau bronzée (bon, ça d’accord, je ne suis pas sûre que ça aide énormément mes patients mais moi ça me fait plaisir !). Alors je me régale.
    Consultation chargée jusqu’à 20h hier, des échanges très denses, mais que du bonheur !… Bonheur pointée par cette patiente qui termine la séance par cette remarque souriante :  » On a fait du bon boulot aujourd’hui n’est-ce pas ? »… Je lui ai rendu son sourire :  » Je trouve aussi… mais j’aime encore mieux quand c’est vous qui le dites ! »

  14. Participation de JB blanc sur son blog
    https://30ansplustard.wordpress.com/2015/07/23/une-cooperation-pluri-disciplinaire-de-reve/

    Une coopération pluri-disciplinaire de rêve
    Publié le 23 juillet 2015
    Mercredi 22 juillet, l’après midi

    Je reçois un coup de fil du médecin du grand CHU qui m’informe que Monsieur A. 89 ans, hospitalisé pour décompensation cardiaque et pneumopathie hypoxémiante sort de l’hôpital avec de l’O2 à 3l/mn. Il m’informe qu’au décours de l’hospitalisation une hémoglobinémie a été mesurée à 8g/l, n’a pas été investiguée et est remontée à 11 après transfusion. Il me signale également que Monsieur A. est sous Coumadine.

    Mercredi 22 juillet, le soir

    Je reçois un SMS de C., l’infirmière avec laquelle j’avais fait une tournée d’apprentissage il y a un mois et demi et dans le mobile de laquelle je suis resté enregistré sous le patronyme évocateur de « Stagiaire 3 juin » : Prévoir d’aller voir à domicile Mr A. suite à son retour à domicile suite longue hospitalisation. Sous O2, diabète, insuff. cardio… sous coumadine. Bref on se rappelle quand tu iras le voir…

    Jeudi 23 juillet, le matin

    J’arrive un peu à l’avance au cabinet et consulte le dossier de Monsieur A. Ses antécédents cardio-vasculaire ne tiendraient pas sur un manuel de cardiologie, il est insulino-dépendant, j’en passe. Je suis un peu inquiet à l’idée de la situation que je vais trouver en visite. Je la programme le jour même. J’imprime l’ancienne ordonnance avant de partir.

    Jeudi 23 juillet, début d’après-midi

    J’arrive chez M. A qui m’accueille gentiment. Nous évoquons ses soucis et je prends connaissance des ordonnances de sortie d’hôpital. Son carnet de suivi d’insulinothérapie à domicile ne me semble pas rempli régulièrement. Il m’explique qu’il a l’habitude de se piquer lui-même et de mesurer ses glycémies mais me semble un peu perdu. 3 grosses bonbonnes d’O2 trônent dans son salon, l’une fixée à l’autre extrémité d’un long tuyau qui chemine jusqu’à son nez. Plutôt présent et donnant l’imprrssion de bien comprendre ce qui se passe, se sentant bien avec les 4 l/mn d’O2, M. A répond à mes questions. Je me dis malgré tout qu’il serait mieux qu’au moins pour une semaine à 10 jours il soit pris en mains par une infirmière de manière à s’assurer que tout se recale bien.

    J’appelle C. qui me dit qu’elle arrive. On sonne à la porte : le technicien de la société de service s’occupant de l’O2 à domicile entre, suivi quelques instants plus tard par C. et deux autres de ses collègues. Une formation au maniement d’un nouveau système de distribution d’O2 était prévu avec notamment la technique de remplissage d’un container plus petit permettant à M. A de sortir voir ses copains. Nous nous retrouvons à 5 personnes discutant pour la meilleure organisation possible du quotidien de M. A. ce qui le réjouit manifestement. On convient que la bonbonne sac à dos n’est pas du plus pratique et le technicien organise la livraison pour le lendemain d’un genre de caddie permettant de tirer la bonbonne sans la porter. Les yeux de M. A brillent de plaisir anticipé. Le technicien indique un endroit où il faudra s’assurer quotidiennement qu’il y a assez d’eau. De l’eau du robinet précise-t-il. De l’eau bénite suggère M. A. avec un sourire espiègle.

    Je finalise avec les infirmières l’ordonnance de prise en charge à domicile pour les deux semaines à venir, les examens biologiques (INR, NFS…) à faire et programme une visite de réévaluation pour dans 10 jours. Et tout le monde de se saluer, de dire qui à ce soir qui à la semaine prochaine à M. A. et de s’éclipser dans un soleil frais d’été breton.

    Si c’est pas de la coopération pluri-disciplinaire ça !

  15. Voici ma participation !

    Au début je voulais faire pédiatrie. Bon, au tout tout début (du moins autant que je m’en souvienne), je voulais faire chirurgie (si si !). Mais deux concours de l’internat (ECN de l’époque) plus tard, je devais me rendre à l’évidence : je serai médecin généraliste. Je l’avoue, au départ ça a été une résignation. Aujourd’hui c’est devenu une évidence : c’est le seul métier que j’aurais pu faire.

    Après 4 ans de remplacements et 4 ans d’installation (création de cabinet), je commence à toucher du doigt ce qu’on appelle le médecin traitant, le médecin de famille.
    Celui qui connaît les parents, les enfants, les grands-parents, voire un peu du reste de la famille, et parfois même la gardienne de l’immeuble.
    Celui vers qui on se tourne quand on sort de l’hôpital, et qu’on n’a pas bien compris ce que l’externe/interne/chef de clinique/chef de service nous a expliqué (pourtant c’était clair, non ?) : « Eh bien docteur, je ne sais pas exactement ce que j’ai eu ni ce qu’on m’a fait. Ils m’ont donné des médicaments mais je ne sais pas lesquels, et là ils m’ont changé tout mon traitement, ça me fait un peu peur docteur, est-ce que je dois vraiment prendre ces nouveaux médicaments ? » (je ne caricature même pas).
    Celui qui fait la synthèse de tous les comptes-rendus hospitaliers, des consultations de spécialistes en ville et des résultats biologiques et radiologiques faits en ville.
    Celui qu’on va voir parce qu’on est enrhumé, mais aussi parce qu’on en peut plus docteur, au boulot ça ne va plus, ça ne peut plus continuer comme ça. Ou parce que d’habitude je ne vais jamais chez le docteur mais là j’ai quelque chose, je m’inquiète.

    Alors oui, il y a bien sûr les jours où on est démotivé(e), découragé(e), où on veut tout laisser tomber et aller élever des chèvres au fin fond de l’Himalaya/ouvrir un restaurant et se faire dorer la pilule à Tahiti. Les jours où les patients se sont donnés le mot, et viennent tous nous faire chier (pardon) le même jour.

    Mais les jours où tout roule, où on arrive à joindre un médecin hospitalier du 1er coup de fil (miracle !), où on arrive à faire rire cet ado avec troubles autistiques majeurs, où les patients nous disent « merci » (tout simplement), où on fait la connaissance du premier enfant de cette patiente qui a été enceinte en même temps que nous (enfin moi), où cette patiente qui élève seule ses deux enfants et qui n’a pas un rond nous offre une boîte de chocolats, où on arrive à poser un diagnostic difficile, où le patient nous annonce qu’il s’est enfin décidé à perdre du poids/arrêter de fumer/faire du sport, je me sens utile, je me dis que toutes ces années (11 au total pour moi) d’études/stages/gardes ont finalement servi à quelque chose, et je ne regrette pas d’être allée jusqu’au bout (j’ai failli tout lâcher après le concours de l’internat et avant de passer ma thèse !).

    Je ne kiffe pas mon métier, je le surkiffe !

  16. Ping : #JeKiffeMonJob | Le blog du Dr Hope

  17. C’est une super idée ce concours! Bon, en fait, j’avais blogué à ce sujet en juillet, mais sans le hashtag 😉 Le lien est ici : http://www.aidersoigner.com/2015/07/aujourdhui.html
    Le billet en question, c’est ça :
    Aujourd’hui…
    Aujourd’hui, j’étais officiellement en vacances, mais j’ai remplacé une collègue malade.
    Et je ne regrette pas ma journée, parce que…
    Aujourd’hui, après l’atelier d’art floral, j’ai mis des fleurs dans mes cheveux, j’ai trouvé ça joli, et puis ça faisait sourire les résidents, alors je les ai gardées toute la journée.
    Aujourd’hui, j’ai massé les mains d’une personne très âgée et très crispée, et elle s’est détendue, puis endormie.
    Aujourd’hui, j’ai partagé un café avec un monsieur qui venait de perdre sa femme dans des conditions assez difficiles, et il est reparti avec une belle photo d’elle riant aux éclats.
    Aujourd’hui, j’ai dégusté un gâteau maison absolument fabuleux.
    Aujourd’hui, j’ai fait une partie de pétanque au soleil.
    Aujourd’hui, j’ai croisé une dame qui en a assez qu’on l’appelle Madame et qu’on lui demande comment elle va. Alors je lui ai dit « Bonjour Suzanne, je ne vous demande pas comment ça va! », elle a souri, moi aussi, c’est notre petit jeu à toutes deux.
    Aujourd’hui, un charmant monsieur de quatre-vingt-dix ans m’a demandé ma main, mais elle était déjà prise.
    Aujourd’hui, j’ai vu des sourires et des larmes, touché des mains et reçu des émotions.
    Aujourd’hui était une belle journée.
    #JeKiffeMonJob

  18. C’est un moment triste mais en même temps si vrai qu’il me fait oublier toute la fatigue, les rancœurs que je peux parfois avoir envers mon métier d’IDE.
    Je suis IDE de suivi dans un service d’oncologie. Toutes les semaines, j’appelle les patients que nous traitons pour faire le point et prendre des nouvelles. Nous ne traitons plus Mme X depuis plusieurs semaines. Elle a 84 ans. Elle est atteinte d’une pathologie hémato pour laquelle le traitement est devenu plus toxique que bénéfique. Depuis, le traitement est symptomatique et par un soutien transfusionnel en globules et plaquettes. Et puis les complications majeures sont apparues, les transfusions ne suffisent plus. Il y a toujours plusieurs manières de mourir, pour elle ce sera la version lente qui se voit partir et c’est encore plus poignant. Coïncidence de l’organisation des soins au moment de son entrée en urgences, elle n’est pas hospitalisée dans un service proche. Je fais régulièrement le point avec la famille par téléphone. Ce jour là, on m’invite à l’appeler elle directement sur son portable, qu’elle est consciente, qu’elle sera contente. Je le fais. Le temps s’arrête l’espace de quelques minutes. Ce sera probablement une des seules fois de ma carrière où je ressentirai une telle intensité d’émotion. Nous faisons le point sur son état et les symptômes, elle me demande des explications sur les soins qui lui sont prodigués, elle me dit sa tristesse de mourir mais pas la peur, elle nous remercie, nous embrasse, on se dit au revoir… un instant suspendu, une parenthèse, une vérité nue si rare.
    Je ne retiens pas ce moment pour sa tristesse mais bien pour sa sincérité. Qu’y a t’il de plus important et sincère que de vivre discrètement et humblement auprès de quelqu’un l’un des moments les plus importants de sa vie; évidemment que mourir est l’un de ces moments. Mon métier est difficile, fatiguant, mal payé etc… mais qu’il est beau!!

  19. Ping : Page blanche | Journal de bord d'une jeune médecin généraliste de Seine-Saint-Denis

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