On m’aurait menti

Tous les jours en médecine, des certitudes peuvent voler en éclat!

Des choses que l’on pensait connaitre sans même remettre en question, genre prescription systématique de zymaduo à tous les nourrissons alors que le fluor est inutile, des domaines que l’on pensait maitriser. Quand on connait mal un sujet, on apprend des choses continuellement et on en est satisfait ,mais quand c’est un sujet qu’on croit bien connaitre et qu’on apprend quelque chose, on est surpris!

S’il y a un sujet que je pensais bien maitriser, c’est celui de la contraception. J’ai toujours aimé la gynéco. J’ai eu, je le pensais en tout cas, une bonne formation à la fac, j’ai fait un DU (diplôme universitaire:une petite formation en plus) de gynéco, j’ai fait un stage d’interne aux urgences gynéco, bref, c’est quand-même un domaine que je connais mieux que beaucoup d’autres.

Par contre, je n’ai pas fait de stage au planning familial et récemment j’ai rencontré à la thèse sur l’excision à laquelle j’ai assisté,Dr P. un médecin qui travaille au planning dans le 93, qui connait bien ce sujet et qui est assez exceptionnelle avec un caractère bien trempé et je me suis dit, ma collègue ayant fait une partie de son SASPAS chez elle me l’ayant conseillé, que j’allais assisté à quelques consultations… Grand bien m’en a pris, car déjà en une après-midi, j’ai appris plein de choses, surtout au niveau de la relation avec les femmes car ce médecin a vraiment une grande expérience et une approche sans tabous.

Au niveau médical, je connaissais heureusement pas mal de choses mais tout d’un coup, une patiente d’une vingtaine d’années arrive et dit: « je viens pour la piqûre  »

Alors moi dans ma tête, là je cherche bêtement: Rophylac ? un vaccin ? mais de quoi  elle parle ?

Dr P. a l ‘air de trouver ça évident, se lève et prépare l’injection…et cette scène se reproduisant trois ou quatre fois dans l’après midi m’a beaucoup intrigué et plongé dans de grandes réflexions…

Il s’agit en fait d’une injection de Dépo-provera 150, acétate de médroxyprogestérone de son petit nom, injection intramusculaire  de progestérone, contraceptif très efficace, qui nécessite une injection tous les 3 mois …

Je sors de la fac, j’ai fait un DU de gynéco, je prétends maitriser le sujet de la contraception, je savais vaguement que ça existait mais je ne savais pas même pas comment ça s’appelait…je suis partie avec une boite vide pour m’en souvenir ….

Je croyais que c’était réservé à des cas exceptionnels, des femmes « handicapées mentales » comme on dit …

Or,il s’avère que ce n’est pas le cas… Au planning où j’étais, et dans beaucoup d’autres endroits, c’est une méthode contraceptive au même titre que les autres….avec ses avantages et ses inconvénients …

Toute l’après-midi et encore maintenant, j’étais sous le choc, je répétais : Pourquoi ?

Pourquoi je ne suis pas au courant? Pourquoi on n’en parle pas dans les cours à la fac, dans la formation médicale? Pourquoi? Quel est le piège? C’est peut-être Dr P. qui fait des trucs bizarres? Pourquoi, pourquoi?

Du coup, je me suis renseignée, Dr P. m’a éclairée de manière objective, m’a envoyé des documents, j’ai fait une petite recherche biblio, petite car je suis pas douée pour ça, j’ai séché les cours à la fac sur le sujet, et petite parce qu’il n’y a pas beaucoup de documents sur le sujet, j’ai même été sur les forums de patientes. Je mettrai à la fin pour ceux que ça intéresse deux liens dont une thèse sur le sujet .

En gros, sans prétendre donner une information exacte, voici ce que moi j’ai compris :

Il s’agit d’une contraception progestative de même nature que l’implant contraceptif avec à peu-près les même avantages et inconvénients.

Principaux avantages:

– pas de contre-indication en dehors d’une insuffisance hépatique sévère: donc on peut en donner à tout le monde.

-discrétion: idéal pour toutes les jeunes filles qui ne veulent pas dire qu’elles prennent la pilule, qui ont peur que leurs parents fouillent dans leurs affaires,qui ne veulent pas que leurs parents tombent sur les rélevés de sécu, et en plus, même si c’est en ville et qu’elles doivent l’acheter (au planning c’est gratuit ) …

– …le coût!!!! c’est 2 euros et quelques l’injection , une fois tous les 3 mois ! Ceci explique peut-être cela, pas de marketing sur ce produit très ancien et qui ne vaut rien!

– observance: quand on pense à tous les oublis de pilule, à toutes les grossesses non désirées , à toutes nos patientes qui oublient la pilule, ne veulent pas de stérilet ou d’implants, quand je pense à tous les bébés microval en post-partum ( j’en ai un que j’adore et qui est trop beau mais quand-même) je me dis à nouveau : Pourquoi?

A cause des inconvénients?

Ils sont les mêmes que ceux de l’implant ou des micro-progestatifs ( microval et cérazette):

– des troubles du cycle: soit on n’a pas de règles, ce qui est en général le cas après plusieurs injection, soit on a des cycles à peu-près normaux , soit dans 1/3 des cas environ des saignements intempestifs appelés spotting. Ce qui est bien embêtant certes mais qui n’empêche pas que des milliers d’implants soient posés chaque année.

-il semblerait qu’il y puisse y avoir une prise de poids, un syndrôme dépressif

-contrairement à l’implant, spécifiquement pour la dépo-provera (dépo pour les intimes),une diminution de la densité minérale osseuse a été observée pour un usage supérieur à un an, dans une étude sans augmenter le risque d’ostéoporose  et de façon réversible.

– quand on arrête, l’effet est un peu prolongé et il peut y avoir un retour à la fécondité retardé, de quelques semaines à quelques mois.

– Et c’est une piqûre dans le cul tous les 3 mois !

voilà, voilà, et bien moi ça ne répond pas à ma question !!

Parce que si il y a des effets secondaires, ils ne semblent pas plus graves que pour les autres méthodes contraceptives voire moindres et ils ne semblent pas justifier qu’on élimine totalement ce moyen contraceptif des livres de médecine et des possibilités offertes aux femmes…

Alors pourquoi?

Je vais citer une thèse qui est en ligne. Je ne sais pas si cela se fait sans en demander l’autorisation à son auteure,si ce n’est pas le cas, je m’en excuse, mais comme je pense que le propos va dans son sens, elle ne pourrait pas en être contrariée (moi je donne autorisation à tout le monde de citer ma thèse!) . vous y retrouverez toutes les informations médicales détaillées .

http://www.bichat-larib.com/publications.documents/3431_100415-THESE-ANDLAUER.pdf

« C’est  l’image d’un contraceptif de masse, d’une méthode « coercitive », qui a été véhiculée en Europe dans les années 1990, du fait de son utilisation à grande échelle dans les pays en voie de développement, et certains praticiens y voient encore « un instrument idéal de contraception imposée. »

« Son utilisation en France est restée extrêmement péjorative, réservée pour beaucoup de praticiens à des patientes ayant des déficiences intellectuelles ou souffrant de pathologies psychiatriques, ou encore à une catégorie sociale et ethnique de femmes pour laquelle les médecins considèrent que la contraception relève de l’urgence. »

« En effet, lors de nos études médicales, les progestatifs injectables sont souvent oubliés de nos polycopiés, ou au mieux simplement cités sans détails. Il semble ainsi qu’une majorité demédecins généralistes ne connaisse pas le Depo-provera°, et qu’une petite minorité se sente assez à l’aise avec pour proposer sa prescription. »

« Pourtant aux Etats-Unis, suite à une grande campagne de lutte contre les grossesses non désirées chez les adolescentes, l’utilisation du Depo-provera° a été associée à un déclin significatif du nombre de ces grossesses. »

Alors pourquoi l’HAS dans les reco HAS de 47 pages sur la contraception, sur la dépo-provera: ne dit que ça:

« Pareillement la contraception progestative injectable n’est à considérer qu’en cas de difficultés d’observance ou dans des contextes socioculturels particuliers. La recherche d’une contraception progestative de longue durée d’action fera plutôt envisager l’utilisation d’un implant sous-cutané ou d’un dipositif intra-utérin (DIU) au lévonorgestrel (LNG). »

http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/recommandations_contraception_vvd-2006.pdf

Pourquoi la dépo-provera ne pourrait-elle pas faire partie au même titre que les autres méthodes contraceptives des méthodes à envisager? Pourquoi ne pas le proposer de manière éclairée? Pourquoi ne la proposer que dans certains contextes sociaux particuliers?

Combien de femmes seraient-elles ravies d’avoir une piqûre tous les 3 mois et d’être tranquille le reste du temps ?

« Si l’on considère en dehors de tout préjugé médical, que la meilleure contraception est celle que la femme choisit, il paraît intéressant de proposer systématiquement cette méthode,au même titre que les autres, à toute femme consultant pour une contraception. »

Voici également un document canadien:

http://www.acsa-caah.ca/Portals/0/Member/PDF/fr/documents/depoprovera.pdf

Maintenant, s’il vous plait, ne me laissez pas seule avec mes pourquoi, donnez moi votre avis, vos remarques…

Et si personne ne me dit pourquoi ne pas prescrire de la dépo-provéra, en mon âme et conscience, je le proposerai à mes patientes: je commencerai avec Mme D. et ses multiples IVG, ses oublis de pilule et son refus du stérilet , et puis je le proposerai si besoin au même titre que les autres méthodes …

 

35 réflexions au sujet de « On m’aurait menti »

  1. 100% d’accord s’il s’avère qu’en effet il n’y a pas plus de contre indications que pour les autres moyens de contraception. C’est dingue cette habitude qu’on a en France d’avoir des à priori négatifs sur des tas de choses qui ne le méritent pas.

    Merci pour l’info en tous cas, maintenant il faudrait que tous les médecins puissent le proposer ou du moins en accepter l’idée…

  2. Super,
    De même que toi, j’ai été assez surprise du peu d’utilisation en France, à mon retour de Madagascar où c’est une méthode de contraception plus utilisée que la pilule…
    Mais comme on ne prescrit pas ce qu’on ne connait pas… je pensais également avoir une assez bonne connaissance de la gynéco, mais il faut que je potasse un peu le sujet pour le proposer 🙂 Merci !

  3. Je l’ai découverte en faisant les recherches pour ma thèse. En effet, il y avait peu de données sur les aménorrhées dues aux contraceptifs. Une grande partie de ce que j’ai trouvé concernait les aménorrhées sous depoprovera.
    Pour avoir beaucoup bossé le sujet, il faut vraiment prendre en compte le risque d’aménorrhée et surtout le risque qu’elle soit très mal vécue. Il faut prévenir les patientes.
    Je l’ai depuis proposé, aucun succès. L’injection semble moins pratique à mes patientes qu’une pilule. Mais dans ce que j’avais lu, l’avantage de la contraception « invisible » semblait être le gros avantage.
    Dans les études, cela dépendait de la population qu’on avait à suivre. Il semble qu’effectivement, culturellement ça joue.

  4. Waaaaaa, moi qui croyait être bien au courant et qui ait posé plein de questions partout je découvre ça…
    Génial surtout pour les jeunes filles !

    Bravo Mme DIU de Gynéco ;))

  5. Bonsoir, comme mon nom l indique:) je suis médecin de PMI et de centre de plannif. Je pense que les seuls freins a cette méthode sont nos propres préjuges et habitudes. Toujours TRES tenaces en France surtout en matière de contraception. Moi la première j oublie souvent de proposer la Depo, sûrement parceque je garde en tete les effets indésirables possibles (prise de poids, troubles du cycle) mais finalement peutetre pas plus important que l implan que je pose pourtant a gogo! Idées reçues?vieux préjuges . Cela dit qd j en parle c est la piqure, qui rebute les femmes plus que le reste…au passage j en profite pour faire un peu de pub pour les centres de plannifs qui sont des lieux ressources extra pour les jeunes et les moins jeunes. Les médecins, sagefemme,as, conseillères conjugales y sont beaux, gentils et TRES compétents;)) et c est gratuit!

    • Tout à fait, je suis très enthousiaste par l’ambiance du planning que j’ai découvert et tout ce qui y est apporté aux femmes… et après réflexion, je pense que c’est vraiment une question de préjugés et d’habitudes…Là où je suis allé, les femmes n’ont pas l’air du tout rebutées par la piqûre qui parait-il n’est pas très douloureuse …et celles que j’ai vu avaient l’air satisfaites …

  6. Comme toi j’ai découvert ça en planning, mais proposé effectivement pour des jeunes femmes avec un handicap mental sévère. Ma chef gynéco m’avait surtout parlé de l’effet secondaire de retour plus lent à la fertilité.
    Pour la sous- (voire non-) utilisation sous nos latitudes, je penche pour l’irréversibilité relative sur 3 mois du produit. Tu peux faire enlever un DIU ou un implant, arrêter la pilule, enlever ton patch ou ton anneau, mais une fois la piqûre faite ben c’est fait pour 3 mois.
    Ensuite regarde comme déjà le fait de poser des DIU aux nullipares se traîne encore une image de contre-indication chez un grand nombre de nos confrères… On ne propose pas encore assez le DIU ou l’implant aux nullipares, ne les laissant qu’avec la pilule qui parait plus « safe » car plus connue mais qui a pourtant un moins bon indice de Pearls…. alors de là à intégrer les « injections contraceptives » dans le panel de contraceptions possible, il y a un océan…
    Merci en tout cas pour ton article, très intéressant!

    • Oui, c’est sur,mais pour des jeunes filles en premiere contraception et qui ne veulent pas d’enfants avant plusieurs années, le retour lent à la fertilité n’est pas un problème…
      Quoi qu’il en soit, je ne dis pas que c’est une méthode parfaite, loin de là, mais je ne comprends juste pas qu’on la passe sous silence!

  7. débat très intéressant…
    Il me semblait que dépo-povéra donnait effectivement des prises de poids importantes et systématiques.
    Il me semblait aussi qu’on le classait dans les macro-progestatifs et non les micro-progestatifs, et que loin de pouvoir le comparer à l’implant, il faudrait plutôt le comparer à Lutenyl, et ses effets métaboliques….
    Avez-vous des renseignements plus précis sur le sujet ?

  8. C’est nul comme moyen de contraception, l’excision! Ce qui marche mieux, c’est l’infibulation ;op
    Pour le Depo-provera, c’est un excellent moyen de faire grossir, d’avoir des retours de cycles aléatoires, des diabètes, des tumeurs mammaires… de quoi faire tourner la clinique.

  9. Je n’ai aucune connaissance de médecine, mais d’après ton post, un explication possible serais le coût du traitement. En effet il semble beaucoup moins rentable que la pilule pour les labos. En tout cas ça pourrais au moins être une explication de sa « discretion » dans vos manuel?
    D’ailleurs, une question de quelqu’un qui n’y connais rien: qui rédige ces dit manuel?

  10. Salut, je termine mes diapos de thèse sur l’observation d’un généraliste anglais…. et j’ai ressorti la doc anglaise au sujet de l’injection qui rajoute un element interessant : l’injection peut etre faite ds le post partum immédiat et ne contre indique pas l’allaitement, encore une indication intéressante à mon avis.
    Sinon j’avais appris un truc pas mal en angleterre, qd tu met un implant pour probleme d’observance et non pour contre indication au OP, si la femme est trop géné par les spotting (surtout présent les 3 premiers mois) tu l’a met sous pilule OP en même temps pdt 3 mois : ca évite pas mal de retrait précoce d’implant. Par contre pour les spotting qui arrive svt à 1 ou 2 ans, j’ai essayé mais des que t’arrete la pilule ils reviennent!!! si t’a une solution a part changer l’implant???

  11. Si tu veux j’ai une super brochure anglaise pour les patients a qui tu propose l’injection. Tu peux peut etre la trouver sur le site http://www.fpa.org.uk

    Bref sinon tu peux m’envoyer un mail a mon adresse mail perso et quand j’aurais un peu de temps je te la traduis et te l’envois a ton adresse mail.

    Sinon j’invite tout le monde a consulter les reco anglaises qui sont indépendantes et transparentes contrairement aux notres!!!

  12. En tant que patiente, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’a priori sur la contraception et que l’on force parfois les femmes.Je fais pas mal de kists donc j’ai une gyneco avec un echographe….mais je ne passe pas par elle pour la contraception, je l’en informe juste. Dans sa tete, je suis une nullipare et donc il n’y a que la pilule. J’ai essayé pendant 2 ans de la convaincre de ce que je souhaitais. Mais comme c’était la troisième gyneco j’en ai eu marre et j’ai conclu que les gyneco était payé par les labos aussi ( chacune des gynecos avait sa marque fétiche). Au final, ma contraception je la vois avec mon généraliste et au moins il m’a laissé le choix :).

  13. Je suis patiente et non medecin mais je suis une femme et j’aime comprendre et avoir toutes les données pour faire un vrai choix éclairé. Je découvre ce mode de contraception. J’en ai pourtant lu des pages et des pages sur le sujet. Je pense en effet que c’est un bon moyen pour une jeune fille pour un début de contraception (à part si en effet cela provoque des saignements trop fréquents et importants) L’idéal étant pour moi que le médecin généraliste puisse faire le rappel tous les 3 mois
    Je garde en tête pour le jour où ma fille (enfin si j’ai une fille un jour pour l’instant que je n’ai que des p’tits couillus) sera concernée! (ou pour moi pourquoi pas?)
    Merci pour ces billets qui nous font nous coucher moins bête!

  14. Aaargh.
    Moi, celui qui me propose ça, je sors du cabinet en courant et sans prendre le temps de me rhabiller.

    Motif : c’est ce que moi, je fais comme injection aux chiennes dont les maîtres sont gênés par les chaleurs. Avec comme préalable un examen clinique en vérifiant surtout : état des mamelles (risque de tumeurs augmentés, risque de galactorrhée chez certaines races), absence de signe de diabète ou d’infection de l’appareil génital…Tout en prévenant les maîtres des effets secondaires ! Et qu’à terme il est bon d’envisager autre chose.

    Que des femmes viennent se faire faire ça quasiment à la chaîne, ça me choque un peu…les stérilets, nom de nom, ça existe et ça dure des années…et on les retire quand on veut…

  15. Bonjour,

    Je découvre ce blo, j’aime bien le style et surtout cet article. Militante pendant des années sur un forum de contraception français très connue (le premier à sortir sur google…) je connais cette méthode.
    Il me semble que des médecins s’étaient inquiétés d’un risque de développement d’ostéoporose sur le long terme avec cette contraception mais je n’ai guère plus de sources à citer.

    Je pense qu’en France, on qualifie un peu hâtivement de « difficultés d’observance » une simple question de rythme de vie. Surtout chez les jeunes. Une jeune femme entre 18 et 25 ans souvent sort, boit, peut dormir chez son copain… autant de bonnes raisons de zapper un comprimé. Sans compter que parfois les médecins omettent de préciser qu’une notice doit se lire, et de mentionner qu’en cas de troubles digestifs, d’épilepsie, ou de prise de certains médicaments la pilule peut ne pas être absorbée. J’en ai vu plusieurs exemple autour de moi, des filles qui vomissent leur pilule sous l’effet de l’alcool (oui c’est sur c’est pas recommandé de boire jusqu’aux vomissements, mais c’est une réalité !) ou prennent leur pilule avec un verre de smecta parce qu’elles ont un début de gastro…
    Alors déjà en mettant en avant des méthodes moins contraignantes on pourrait limiter la casse !! Puis surtout, on dénigre les méthode peu chère, parce qu’elles ne rapportent rien aux gros labos. Cela dit, ce matin dans le 20 min il y avait un article qui tirait la sonnette d’alarme sur les pilules de 3ème génération présentant des risques plus élevés de thrombose ou embolies, espèrons qu’il y aura des réactions.

    Par contre pour Aude : je ne comprend pas ton point de vue. La plupart des gynécos vont pour une simple prescription de pilule/anneau/patch/implant vérifier par palpation les seins, par frottis l’état des voies génitales, et par un bilan sanguin la santé hormonale d’une patiente. Et les effets secondaires type montée de lait, je les ai eu sous pilule !!! Alors non ce n’est pas pire qu’autre chose en terme de santé et tolérance.

    Ensuite, pour ce qui est du retour à la fertilité, entre les implants jamais retrouvé parce qu’ils ont migré, les délais de rdv pour un retrait de DIU (cuivre ou hormonal…) ou même un simple retour des cycles réguliers lors d’un arrêt de pilule je pense que là, idem on n’est pas forcément dans des délais extravagants.

    Merci pour cet article, merci de promouvoir une contraception intelligente, j’espère que vous tous médecins et futurs médecins qui lisez ce blog penserez à plus informer les patientes sur les réels effets d’une contraception !!

    PS : je ne suis qu’une humble thésarde de biologie en ce qui me concerne, pas médecin mais pas très loin !

  16. Je suis une « médecine » (comme m’a dit un jour un petit garçon) généraliste depuis 30 ans et je connais cette injection retard effectivement « réservée » à certaines situations bien décrites dans les commentaires ci-dessus. J’exerce en Seine-Saint-Denis et il y a quelques mois une femme m’a demandé cette injection que j’ai refusé car il me semblait que c’était un macroprogestatif avec les effets secondaires rappelés plus haut..J’avoue que dans certaines situations, cela nous rendrait la vie plus facile, car bien expliquer la prise efficace de la CO, ça prend du temps. Et pour éviter les oublis et autres erreurs, je prescris plus facilement des pilules en continu genre varnoline-continue ou ses génériques (pas maquée avec les labos). Tout compte fait, il n’est pas improbable que je tente la dépo un de ces jours. Je vais en parler avec des collègues de PMI . Un argument de « poids » pour les jeunes filles, c’est la discrétion et leur insouciance, mais gare à l’oubli…de revenir tous les mois !!!

    Merci pour ce sujet de réflexion

  17. Il faut croire que cette, vieille , efficace,économique,et peu dangereuse méthode contraceptive, est malheureusement aussi politiquement très incorrecte

  18. La médecine est un difficile équilibre entre les bénéfices (d’un traitement par exemple) et les risques encourus. Or, il me semble que une IM tous les 3 mois fait prendre des risques (notamment infectieux) plus importants que les autres méthodes contraceptives (notamment orales). C’est pour cette raison qu’elle est plutôt destinée à des cas particuliers même si elle est aussi efficace que les autres moyens de contraception dits de référence. Il existe quand même une argumentation scientifique à cette pratique!

  19. moi, les injections étaient dans mes polycop, dans la rubrique échecs des autres méthodes, mais pas forcement montrée du doigt, sauf pour la prise de poids. Ensuite j’ai fait un stage en gynécologie a la réunion ou c’était très prescrit mais avec très souvent une grosse prise de poids. D ou ma réticence à le proposer souvent . Par ailleurs rares sont celle enchantées par une piqure tous les 3 mois. Quelqu’un a une stat plus précise que mon impression clinique de faible ampleur et probablement biaisée (beaucoup de diabète dans les dom tom)?

    • Bonjour
      Médecin à la Réunion et militant du Planning Familial je suis très intéressé par votre expérience. Tout ce que vous pourrez me dire sur l’utilisation du Dépoprovéra à l’époque est important : acceptation par la population, « ladilafé », effets secondaires, impressions personnelles…
      Merci

  20. Vieux généraliste, je l’avais oublié… C’est une jeune kenyane qui me l’a rappelé, en me demandant mystérieusement si j’accepterai de lui faire la piqure qu’elle avait ramené secrètement du pays et qu’aucun gyneco français ne semblait connaitre… ( elle en avait consulté trois pour métrorragies, intolérance aux OP, oubli de pilule, douleur sous stérilet… ) Après vérification je lui dis que cette injection existe même en France et depuis, elle s’en porte très bien… Comme quoi, le tiers-monde peut nous apprendre bien des choses, et même aux hyperspécialistes pondeurs de références, d’arbre décisionnels et de bonnes pratiques.

  21. Il y a 24 ans, alors jeune infirmière fraichement diplomée, j’ai découvert un autre
    usage du Dépo-provéra. A l’époque, l’ivg n’était pas encore dépénalisé en Belgique, une injection suivie d’un curetage pour fausse couche 48 heures plus tard permettait de contourner la législation et d’améliorer ainsi la prise en charge de femmes souhaitant avorter. A cette époque l’ivg était encore un délit passible de poursuites judiciaires tant pour la femme que pour le médecin. Heureusement, nos chers législateurs ont depuis pris la décision, non pas de le légaliser mais de le pénaliser; ce qui signifie que si ce n’est pas autorisé au moins ce n’est plus punissable d’une peine de prison!!!
    Il y a un peu d’amertume dans mon commentaire mais les droits des femmes est un sujet qui me tient à coeur.
    Je suis arrivée depuis peu sur votre blog, mais tous ce que je lis me plait beaucoup.

  22. Quelques remarques concernant les données de l’AMM : 1. l’indication est limitée aux cas où il n’est pas possible d’utiliser d’autres méthodes contracptives; 2.l’utilisation est déconseillée chez les adolescentes ; 3. l’allaitement est contre-indiqué en cas d’utilisation dans le post partum.

  23. En réponse à dr gre : RCP = allaitement envisageable (juste attendre 7 jours après accouchement).

    Sinon, arg moi aussi.
    Spécialiste en médecine générale, mais avec une étiquette de gynéco collée par les collègues car je fais des IVG médicamenteuses. Pas de DIU ou DU de gynéco, mais un stage pendant mon internat en gynéco et au Planning pour ma formation d’IVG.
    J’utilise comme support de discussion la doc « choisir sa contraception » et je parle de tout. Enfin, je croyais parler de tout.
    Pour la Dépo, j’éludais, « c’est une grosse dose d’hormone d’un coup tous les 3 mois. Ça peut être moins bien toléré que l’implant que ce soit au niveau des saignements, des douleurs. » Mais bordel, d’où je sortais ça ???!!!
    Merci pour ce coup de pied au c… (certitudes)

  24. 5 ans que j utilise depo provera,plus de règles,pas de prise de poids,plus de douleurs abdominales,bref aucun effets secondaires,et vu le prix…
    Maintenant comme pour n’importe quel moyen de contraception,ca ne convient pas à tout le monde.
    Pour moi c est largement adopté!

  25. Ce post est lointain mais intéressant.
    Après 2 stérilets que mon utérus a gentillement expulsé, l’utilisation de l’anneau Nuvaring pendant 5 ans, 1 bébé souhaité et bien arrivé, je me pose aujourd’hui la question de la contraception.
    Reprendre l’anneau ? Oui, mais 15 euros par mois, la gène de Monsieur lors de l’acte, et le fait de l’oublier car oui, il m’est arrivé de l’oublier !
    L’injection me parait sympa même si, de la part des médecins et du planning familial, on me l’a refusé soit disant trop jeune, pas encore d’enfant et surtout, contraception pour les déficiences mentales ….
    Alors que penser ? Et les effets secondaires ? j’aimerai avoir des informations (car on n’en trouve absolument pas ! )
    Merci !

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